1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 00:02
Relativement peu de sargasses à la Désirade en octobre dernier

Relativement peu de sargasses à la Désirade en octobre dernier

Rendons à Jacques ce qui est à Jacques.

 

C'est Jacques mon ami qui a eu ce mot pour désigner le truc dont tout le monde parle dans la petite sphère guadeloupéenne : les sargasses.

 

Enfin surtout ceux qui sont les plus près de la mer, ce qui n'est pas mon cas.

 

Catastrophe nationale, aussi pire que le tremblement de terre au Népal et le scandale des militaires français violeurs d'enfants africains.

 

Depuis quelques années, nous avions eu quelques épisodes sargasses. Qui ne sont rien d'autre que des algues, qui ont une phase libre dans leur cycle biologique. Qui dit libre dit vogue au gré des courants. Donc parfois quelques amas de ces algues vinrent s'échouer sur quelques jolies plages de par chez nous.

 

S'échouer, puis fermenter. Donc sentir très mauvais. Pas beau, et puants les épisodes sargasses.

 

Mais ça ne durait pas trop.

 

Depuis moins d'un mois, il semble que la donne aie changé.

 

Sur l'origine de ces algues déjà. Elles ne viennent pas de la mer des Sargasses comme nous le pensions, c'est un comble. Mais plutôt du Brésil, et de quelques fleuves qui produiraient davantage de matières organiques, favorables au développement des sargasses. Tout comme les nuages radioactifs, les courants n'ont pas de frontières.

 

Et sur l'ampleur du phénomène. En Grande-Terre, les sargasses sont arrivées en masse. Sur les plages. Dans les marinas. Alors forcément, les riverains et les plaisanciers sont tout tourneboulés. "Ouh la la c'est affreux, ça sent mauvais, c'est terrible pour le tourisme, que font les pouvoirs publics ? Il faut déclarer l'état de catastrophe naturelle. Les tortues marines ne vont plus pouvoir pondre et les bébés tortues ne pourront plus émerger".

 

Ils n'ont pas tort, et notre ami Facebook rapporte que des centaines de diodons sont le ventre en l'air dans la marina de Saint-François. Bin diodon ! 

 

Tout ça me fait dire que les problèmes arrivent rarement du côté qu'on imaginait. Personne n'avait prévu les sargasses comme espèce envahissante. Ceci dit, peut-être qu'elles vont limiter l'impact des poissons-lion, autre espèce envahissante ? La vie est compliquée, ne trouvez-vous pas ?

 

Mais bon, par ci par là on réfléchit. Peut-on pêcher (pécho ?) les sargasses avec des filets ? Peut-on les utiliser comme compost ? Peut-on les manger ? Peut-ont les utiliser pour lutter contre les fourmis manioc ? Est-ce que ça va durer encore longtemps ? Est-ce que c'est le changement climatique qui est à l'origine de ça ? Est-ce qu'il m'aime encore ?

 

Beaucoup de questions et pas trop de réponses.

 

Une chose est sure. Tout comme les requins, les sargasses ne nous mangeront pas.

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