15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 14:56
Les fourmis n'aiment pas le beurre

Contemplation matinale d'une saloperie de fourmi-manioc. Mi-rêveuse, mi-migraineuse, je machouille ma tartine pain-beurre-confiture (de goyave). Mon oeil suit distraitement les déambulations d'une de ces fourmis qui réduisent à néant mes moindres tentatives de jardinage.

 

La rousse à huit pointes (octospinosus c'est son petit nom latin) inspecte méthodiquement la planche à pain, palpant tout ce qui passe à sa portée à l'aide de ses trous de nez. De ses antennes si vous préférez, chacun sachant chasser que les insectes sentent avec leurs antennes.

 

Les morceaux qu'elle rencontre la laissent indifférente. Sans doute que ça ne vaut pas le coup de rapporter de si petites miettes dans le nid souterrain. Lequel abrite une énorme meule de champignons filamenteux, qu'elle et ses copines cultivent pour nourrir la colonie.

 

Ma fourmi du dimanche s'approche alors du couteau à beurre, et hop un petit palper d'antenne. Que ne fit-elle pas là !!! Comme si elle avait vu le diable en personne, ou pris une bonne chataigne de 220 volts. Sa réaction au contact du Paysan Breton avec cristaux de sel de Guérande fut de faire un bon de cabri à rendre pâle de jalousie Gertrude Kéops-Mouton (tenante du titre de championne du monde de saut en auteur de contes pour grandes personnes).

 

Scandalisée (enfin c'est ce que j'aurais ressenti à sa place), ma fourmi s'engage alors dans la procédure de nettoyage P-Fourmi-Prop V01. C'est que ses petites papilles olfactives, et peut-être gustatives, se trouvent noyées dans le gras. Pas facile de respirer avec une motte de beurre dans le nez, vous en conviendrez. La technique adoptée dans cette situation n'est pas sans rappeler la P-Chat-Prop V02, elle-même pratiquée par mon chat Ghana (qui vient de revenir après 3 semaines d'absence, mais là n'est pas le sujet) : la fourmi comme le chat passe sa patte de façon gracieuse et répétée sur l'organe à nettoyer, en inclinant doucement la tête sur le côté. La posésie de la toilette des animaux n'a pas fini de m'en boucher un coin.

 

Après une vingtaine de secondes, tout était rentré dans l'ordre. La fière ouvrière pouvait repartir toute guillerettte à l'assaut de mes bacs de thym-pays, agrumes et autres plantes à rhum à tiques.

 

A la Lézarde, l'autonomie alimentaire n'est pas pour demain.

 

 

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