23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 14:06
La madeleine de Proust vous dit surement quelque chose, mais qu'évoque pour vous la pastèque de Gary ?

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Je suis plongée dans Les promesses de l'aube de Romain Gary (mon nouveau chouchou, vous l'aurez compris), où il est largement question de la petite enfance, et du rôle déterminant d'un amour maternel extrême sur le sentiment de vide, de frustration, qui survient lorsqu'on réalise que ce temps est fini. Cette idée m'a parfois effleurée, ayant souvent des réminiscences d'une l'enfance qui fut TRES heureuse. Curieusement, ces remontées engendrent chez moi un sentiment proche de la tristesse, comme si plus rien n'aurait désormais aussi bon goût que ce temps d'enfance. Pour être un adulte heureux, faut-il avoir eu une enfance, sinon malheureuse, tout au moins relativement terne et neutre ?
Gary est donc en proie à des crises fréquentes de désespoir profond, tant sa mère l'a aimé et construit (le papa n'étant pas là, elle a lutté pour subvenir aux besoins de son fils, et  en faire ce dont elle rêvait pour lui).

Mais à l'opposé, l'auteur évoque l'épisode de la pastèque. Il vit dans le midi, et un de ses copains se gave tout le temps de bonnes tranches de pastèque. Ce fruit lui est interdit pour d'obscures raisons sanitaires, et pendant des années, il en est privé. Arrivé à l'âge adulte, Gary prend sa revanche et fait une consommation sans limite du fruit autrefois défendu. Mais ça ne fait pas son bonheur, et il ne trouvera jamais le goût de ces pastèques dont il fut privé.
L'idée est donc inverse dans ce cas : j'ai été privé de quelques chose étant petit, je n'en trouverai donc jamais le goût dans mon âge mûr.

Je ne sais pas pourquoi Romain Gary s'est suicidé, peut-être le problème de la 7ème balle ? (lisez le bouquin).

commentaires

catherine 28/11/2007 12:21

ça y est, je viens d'acheter le livre. je ne vais pas pouvoir le lire tout de suite (j'en ai déjà 3 en cours) mais de toutes façons, j'aime bien empiler les livres à côté de moi pendant quelques temps.