19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 16:33

weber.jpg

Qui est donc cet homme ?

Le général Dourakine ? 
Le cousin de José Bové ?
Le fantôme du professeur Choron ?

Que nenni.

C'est un homme attachant que j'ai rencontré cette semaine à l'occasion d'une journée de travail sur la relation entre la biodiversité et l'humanité. Ce qui m'a troublée dans un premier temps, ce sont les similitudes avec Romain Gary (sur lequel je fais un peu une fixette, mais ça va passer). En effet, fils d'un médecin russe, son père a quitté le pays pendant la 2ème guerre mondiale, et a rejoint l'Angleterre. Mais là n'est pas la question.

Un peu comme Al Gore, Jacques Weber (car c'est son nom) a entrepris un cycle de conférences et d'échanges avec des scientifiques, des gestionnaires, le grand public. Comme Al Gore, il a un Macintosh qui semble le suivre partout. Comme Al Gore, il a des messages forts à faire passer sur l'avenir de la vie sur la planète, et a fortiori de la survie des humains à court terme.
'Il ne s'agit pas de savoir ce que nous allons laisser à nos descendants, mais si nous allons laisser des descendants'. Le ton est donné.
Mais Jacques Weber n'est pas un politique, c'est un scientifique (un philosophe ?), un vrai, qui réfléchit tout seul comme un grand mais aussi avec les copains.

Economiste, il est entré dans les mondes des écologues, des agronomes, des sociologues, j'en oublie sans doute. Il nous a fait faire un long voyage en moins de deux heures de temps, avec je crois le souhait de nous confronter à une brutale certitude : nous devons très vite changer radicalement notre façon d'appréhender le monde, ou tout le système vivant de la Terre risque de s'effondrer
J'ai trouvé cette façon de voir pessimiste. De mon point de vue de petite scientifique qui ne réfléchit pas depuis si longtemps en dehors des clous, je pense que d'énormes problèmes écologiques vont nous tomber dessus assez rapidement, provoquant une diminution du nombre d'espèces, une dégradation générale des milieux et une forme de chaos qui risque de rendre la vie sur terre un peu moins agréable à certains humains qu'elle ne l'est pour le moment. Certes. Mais dans ce chaos, dans ce monde apauvri et brutal, un bon nombre d'espèces, dont la nôtre, devraient se débrouiller pour durer.
J'ai dans le même temps trouvé son discours merveilleusement optimiste. Un peu comme dans la chanson d'Albin de la Simone, un homme alcoolique aimant mais battant sa femme : 'Ne t'inquiète pas, je vais changer, je peux changer'.

Une partie du propos portait sur ce qui différencie les humains des autres animaux. Contre exemples en cascade (l'intelligence, la capacité à fabriquer des outils, la conscience de soi, la morale... finalement partagées avec d'autres espèces même si à un degré moindre). Dans la salle, beaucoup de collègues antillais, souvent croyants. Difficile pour certains d'envisager que nous ne sommes pas au sommet de la pyramide vivante, tout au plus un des éléments de ce grand écosystème qu'est la terre, une émergence parmi d'autres... Des avatars disséminant des gènes autour de la terre. Mais je deviens grossière.

Pour ne pas lasser mon immense lectorat, je m'arrête pour le moment, Un petit livre (pas cher) va sortir, issu de ces conférences biodiversité et humanité, je vous donnerai les références et on pourra peut-être en recauser.

commentaires