24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 21:24
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Cette année, on a beaucoup parlé de sans-papiers, d'expulsions, du droit au logement, et on ne peut pas dire que le gouvernement ait été des plus tendres (mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas foldingue au point de parler politique sur mon blog).

Mais quand même, notre ami Fillon (pour qui j'ai une certaine sympathie, compte tenu de la quantité de chapeaux et autres couleuvres qu'il doit ingurgiter quotidiennement) a encore fait fort. Il vient d'être responsable (indirectement il est vrai), de l'expulsion d'une famille complète (assez basanée me direz-vous). Tous les membres de la famille logeaient dans un squat aux Antilles, alors ça ne va pas faire pleurer les foules ni s'agiter les journalistes, puisque le mercure est largement au-dessus du fatidique degré zéro (soit dit en passant, ça fait belle lurette que le mercure a été abandonné, au profit (hips) du bon vieil alcool, beaucoup moins dangereux que le mercure - encore un coup du lobby des marchands de vins et spiriteux ?).
Or donc essayais-je d'expliquer en cette pré-soirée de Noël (si vous pouviez arrêter de me couper la parole, j'en viendrais un peu plus directement aux faits, au lieu d'emprunter des chemins tortueux, mais néanmoins pleins de charme...), une expulsion à laquelle j'ai personnellement assisté.

Mais revenons quelques jours en arrière.

On nous annonce que le Premier Ministre actuel (François Fillon à ce qu'il paraît), accompagné par quelques autres de ses collègues de l'Outre-Mer, du Tourisme, des Sports et de la Santé (avec des majuscules svp), nous fait l'honneur d'une visite sur notre beau Centre (majuscule aussi pour nous, y'a pas de raison). Là où c'est moins rigolo, c'est que c'est le 4 janvier, merci bien mes vacances en prennent un coup. Passons, raison d'Etat (majus...), je suis quand même payée par tout un chacun, et je dois faire un effort, malgré mon sentiment intime d'usurpatrice, pour faire bonne impression à ce troupeau de ministres.

Bonne impression, mais qu'est-ce que je vais leur raconter ? Ca je ne sais pas encore exactement. Par contre, je dois faire en sorte que les abords des lieux qui vont être foulés aux pieds ressemblent plus à un jardin d'Eden (maj...) qu'à une décharge sauvage. Entre autres, il faut régler le problème des grands palmiers, qui portent de jolies graines rouges, elles-mêmes consommés par les guimbos (chauve-souris en créole dans le texte). Et ces volatiles par ailleurs intégralement protégés par la réglementation française, font caca comme vous et moi. Elles défèquent donc copieusement et quotidiennement dans le hall d'entrée du bâtiment, alors ça n'ira pas pas pour une délégation ministérielle (enfin je crois, mais sait-on vraiment ce qui va ou ne va pas ?).

Nous avions donc deux possibilités : abattre les palmiers (ce à quoi me poussent mes collègues depuis des années) ou élaguer, en coupant les infrutescences (c'est les grappes de fruits, bande d'ignares), ainsi nous mettrons les guimbos à la diète, et éviterons la souillure fatale. Vous imaginez bien l'option que j'ai prise.
Les employés de l'entreprise d'espaces verts se sont donc attelés à l'élagage, et,  alors que je passais par là, m'ont appelée pour me montrer quelque chose.

Toute une portée de petits rats noirs gisait là sur le gazon, expulsée par les jardiniers zélés. Ils n'ont pas sauté par la fenêtre mais un coup de sabre malencontreux les a délogés de leur abri végétal. 

Et voilà, merci Fillon !

Et surtout joyeux Noël à vous qui lisez ces lignes...

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