21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 20:20
Un de ces week-ends où rien ne va vraiment, à part le temps qui s'est remis au beau après trois semaines d'intense saison des pluies. Je décide donc de sortir de ma tanière (les peintures s'écaillent, ça sent la pisse de chat), et je me dirige d'un pas alerte vers un coin de la Lézarde que je n'ai pas arpenté depuis des années.



Entre septembre et octobre, les bambous poussent, d'où ces grandes tiges pas encore alourdies par les feuilles, qui ponctuent le paysage. Dans quelques semaines, le poids du feuillage fera se recourber les tiges. Derrière cette touffeur, si vous tendez l'oreille, vous allez entendre le petit grondement de la Lézarde. Depuis des semaines, ce sont crues sur crues, qui ont modifié les berges et charrié vieilles branches et terre brune.

Pour arriver jusque là, je suis passée dans un vallon détrempé, fréquenté par quelques peaux de vaches (au sens propre). Bêtement, j'ai apporté mon petit boîtier à ultra-sons, car depuis quelque temps, j'ai peur des chiens. Pas des chiens créoles, mais de ces clébards idiots à gueule large qui font régulièrement la une des journaux. La dernière fois que je montais en vélo sur la route au-dessus de chez moi (j'avais mon boîtier), je lève le nez et aperçois un molosse qui m'attend de pied ferme sur le trottoir. N'écoutant que mon courage, j'effectue un demi-tour sur place sans oser imaginer une seconde me servir des ultra-sons. Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas très à l'aise dans mon vallon détrempé et néanmoins baigné de soleil. La solitude du lieu m'angoisse, une grande fille comme moi.

Les sens en éveil et les pieds dans la gadoue, j'arrive au bord de l'eau, qui sinue entre l'ombre et la lumière. Je pose mes fesses sur une pierre, et je finis par me laisser rassurer par la nature. Si les oiseaux sont tranquilles, il ne devrait pas y avoir de méchant chien ni de méchant homme. Je crois que je me sens un peu comme le petit chaperon rouge.



Quelques dessins plus tard, je reprends mon chemin, je quitte le cours d'eau dérangeant pour retrouver le cours des choses. 
Sinon, c'est quand même vachement difficile de représenter les herbes vertes avec un crayon noir. 

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