15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 16:21



Ce monsieur c'était mon grand-père.
Plus ça va, plus j'en suis fière.

Nous vivions avec lui (3 générations à la maison, et une seule salle de bains). Sur la photo, il dessine, ou il peint. Il y passait beaucoup de temps, c'était son métier. Quand nous revenions de l'école avec ma soeur, nous nous installions sur cette même table avec lui, et il nous faisait dessiner, clope au bec (Gitanes maïs).
Par chance, nous avons conservé beaucoup de ses oeuvres. Des dessins, des aquarelles, des eaux-fortes, des peintures à l'huile. C'est sûr que je vous allez en entendre parler dans de prochains articles.


Mais pour l'heure, je vais vous montrer une lettre que Mistinguett lui avait envoyée en 1916.
Mistinguett la chanteuse de cabaret ? Oui.
Mon grand-père, que nous appelions Père Georges, avait été blessé méchamment pendant la guerre de 14. Un éclat d'obus dans le fémur, 12 cm de nonos en moins, et convalescence de plusieurs années. Il nous racontait que peu après avoir reçu les premiers soins, il s'était réveillé dans une grange et voyait le clair de lune.
Heureux d'être en vie.
Et alors, il semblerait que Père Georges avait été en contact avec Mistinguett avant la guerre, pour lui dessiner l'affiche de son spectacle. Je vous restranscris ce qu'elle lui écrit, lorsqu'il était encore à l'hôpital ou quelque chose comme ça :

"Mon Cher et brave camarade,

J'ai été très impressionnée par votre charmante lettre, d'apprendre que vous aviez été sérieusement blessé à Verdun et j'espère bien sincèrement que l'état de votre blessure n'est pas aussi grave que vous me le depeignez.
Je souhaite que votre rétablissement soit rapide et me procure bientôt le plaisir de vous revoir, d'évoquer de vive voix les souvenirs de notre bonne camaraderie de l'avant-guerre et de causer d'une promesse d'affiche que je n'ai pas oubliée, et que j'espère pouvoir réaliser à la première occasion.
Pour les affiches actuelles, dont vous me parlez, c'est la production des Folies-Bergère qui s'en est occupée.
Bon courage, à bientôt, et croyez a ma bien vive sympathie.

Mistinguett

Paris.
19. mai. 1916"


Je ne suis toujours pas revenue de cette découverte. Sacré Père Georges.
Ci-dessous, le fac similé.

 


commentaires

fanorise 19/10/2009 13:38


les grands-parents un sujet de tant de souvenirs dont on ne connait pas la moitié parfois . Vous avez eu de la chance de vivre auprès de lui et d'avoir ainsi pu l'écouter plus souvent vous parler .