24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 10:07

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C'est-à-dire à l'instant même.

 

Enfin, quelques nuages accrochent la Soufrière, c'est pas trop tôt.

 

L'affaire avait commencé dimanche matin. J'avais refusé une invitation à faire la trace Merwaert, qui emprunte les crêtes du massif montagneux, pensant que le temps serait mitigé. Horreur, pas la plus petite nébulosité, l'air d'une pureté insolente, et en corollaire les montagnes dévoilant tout de leur nudité violette : une succession de vallées, de mornes, de monts. Sans oublier le petit panache blanc, non pas d'Henri IV, mais de la Soufrière.

Et moi je n'étais pas dans ce paysage, ayant pris d'autres engagements. De quoi déprimer gravement, ce que je fis pendant une quinzaine de minutes.

 

Le lundi matin, même scénario, et frustration encore plus intense, puisqu'il fallait cette fois rejoindre les bancs de l'école. Ou plutôt la chaise de mon bureau, depuis lequel le paysage me nargue dans toute sa splendeur : au dernier plan, toute la montagne du nord au sud. Plan intermédiaire, une crête forestière avec la silhouette d'un arbre plus grand que les autres. Premier plan, les parcelles de culture. Bruit de fond à l'ouverture de la fenêtre, le léger grondement de la Grande Rivière à Goyaves qui fait son boulot un peu plus loin. Lorsque le temps est dégagé comme ça, la température chute la nuit, et nous atteignons des températures pôlaires au lever du jour, 20° ou parfois 17 ou 18. Je vous entends déjà ricaner, mais dans ce contexte, il faut mettre un pull et des chaussettes au lever.

 

Mardi rebelote. Mercredi dix de der.

 

Ouf, ce matin il fait beau mais de façon normale, et la mélancolie me quitte.

 

Curieusement, la beauté en général me donne un sentiment de regret, comme s'il était impossible d'en profiter en profondeur. Ca rejoint cette histoire de paysage, qui par définition nous est étranger : c'est ce que l'on voit, donc on n'y est pas.

 

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