1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 23:46

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Tel était, plus ou moins, après avoir débarqué sur un caillou nommé les Saintes, le but d'une promenade en fin d'après-midi.

 

L'objectif prioritaire et assumé du débarquement, effectué en bonne compagnie (Jeanne dite Nounou, Edouard dit Doudou, et Laurette) était de rapporter au bateau du papier toilette et du liquide vaisselle, oubliés sur la liste des courses. Tâche compliquée un Vendredi Saint aux Antilles.

 

Vous aurez remarqué que j'ai mis des majuscules à 'Vendredi Saint' malgré un athéisme qui s'est déclenché brutalement chez moi à l'êge de 12 ans (ceci est une autre histoire, que je raconterai peut-être si dieu me prête vie). Donc des majuscules car les gens d'ici sont très croyants, et le Vendredi Saint ça ne rigole pas. Donc tout est fermé, surtout l'après-midi après 15 heures, heure à laquelle le grand Jésus (33 ans tout de même) s'était fait clouer fort incivilement par la bande à Pilate.

 

Par chance, celle qui sourit plus souvent qu'on ne veut bien le dire, le bistrot des gens du coin, un peu à l'écart, était ouvert. Une jeune femme nous a aimablement servi pécu et Mir vaisselle, avec un pot de moutarde en prime. Devant notre étonnement à la trouver en service, elle nous avoua qu'elle était en effet un peu contrariée d'avoir loupé la messe de l'après-midi. Mais que bon, la veille, elle avait pu aller voir la reconstitution du lavage de pieds de Jésus par Marie-Madeleine. Et de nous expliquer très gentiment toutes les coutumes pascales de Terre-de-Haut des Saintes.

 

Tous guillerets d'être un peu moins ignorants, nous poursuivîmes notre déambulation hasardeuse, au lieu de retourner au bateau. Entretemps, je m'étais mis en tête de montrer des iguanes à Nounou, ma nièce chérie. Dans mon souvenir, il fallait aller vers la gendarmerie pour en voir. Le petit loueur de scooter nous indiqua le chemin. Un escalier, un gros gommier rouge à flanc de côteau, le stade... pas du tout la route de la gendarmerie, mais celle de Pompierre.

 

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Iguane s'aprêtant à dévorer des feuilles de calebassier (spectacle insoutenable).

 

Puisque le destin (ou le bon dieu, ou plutôt le loueur de scooter) nous avait envoyés sur ce chemin, eh bien nous l'emprunterions jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la mer.

 

Une distance considérable d'environ 200 mètres nous séparait encore de la plage. La jeunesse fila droit au but. Laurette et moi mîmes (2ème personne du pluriel du passé simple) un certain temps, le bord du chemin étant parsemé de choses intéressantes qui nous ralentirent quelque peu.

 

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Des morceaux de poèmes écrits dans les arbres (écrits par Raymond Joyeux). 

 

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De drôles de statuettes en bois disposées comme des stèles mortuaires.

 

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Une improbable effigie de Rimbaud.

 

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Une magnifique brochette de canettes.

 

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Et une petite fille qui parlait aux esprits.

commentaires

zabou 02/05/2011 23:09


lecture de ce moment de vie trés agréable.


Nounou 02/05/2011 18:20


Très bel article qui me fait revivre cette journée et qui a m'a mis le sourire aux lèvres :)