7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 01:57

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Un dimanche sur le caillou long. Avec Paul, mon nouveau neveu, et Emilie jolie.

 

Nous montons sur le plateau, et tentons de trouver l'accès d'une belle ravine, qui donne sur la côte nord de la Désirade, battue par la mer, probablement parce qu'elle l'a bien mérité.

 

La ravine se mérite également, nous déambulons un certain temps dans le zaïon, écorchons nos mollets dans les broussailles, tentons de nous orienter grâce au bruit des éoliennes, ou à la topographie : il faut descendre.

 

L'intérêt de galérer à trois, c'est qu'il y en a toujours au moins un qui ne perd pas espoir.

 

Aaahh, je reconnais vaguement les lieux. Un semblant de sentier, un creux, le tout début de la ravine !

 

Ensuite, c'est du gâteau, il n'y a qu'à suivre la voûte ombragée (il était temps, nous commencions à ressembler à 3 vieux toasts grillés). La ravine est sèche, mais on comprend que lorsqu'il pleut fort, ça doit débarouler. Plein de minuscules lézards noirâtres et frétillants, des gymnophtalmes. 

 

Et voilà, terminus. Tout le monde ne descend pas, sous peine de faire le grand saut. Cette ravine ne débouche pas à la mer, mais sur un cirque constitué d'une falaise de 100 ou 200 mètres de haut. Nous contemplons le V Vert tendre de la Vallée, barré par un horizon marin bleu, mauve et turquoise. Sans oublier les roches sombres et l'écume éclatante. La cagnard fait son boulot. Sur la droite une rûche naturelle avec ses rayons de cire qui pendent dans un recoin de la falaise. La lumière accroche les abeilles qui rentrent au bercail.

 

C'est les pieds dans le vide ou presque que je tire le portrait du paysage. A toute allure parce que mes deux compagnons ont chaud très chaud. Et aussi parce qu'avant de reprendre la bateau, il nous fait encore aller à la pointe Est de l'île pour tenter de voir les baleines à bosse depuis la station météo. Alors vous pardonnerez l'aspect brouillon de l'aquarelle, mais le coeur y était.

 

Nous remontons notre ravine au galop, et repérons bien l'accès pour la prochaine fois. Descendons de la montagne, prenons le chemin du phare (ah, le phare) et posons nos fesses sur la terrase de la météo. Tous les bois du deck ont été chapardés, ne restent que les poutrelles. 

 

Le regard rivé vers les 7 000 kilomètres d'Atlantique, nous cherchons les souffles. Rien. Les baleines ont boudé, et dans une ou deux semaines repartiront migrer dieu sait où. Elles nous font cependant signe sur le bateau du retour.

 

Bon signe ? Qui peut le dire.

 

 

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