23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 17:07

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Isaac acte 1.

 

Je reprends le boulot mardi (légère gueule de bois liée aux 19 ans du grand), et dès mercredi après-midi, mon employeur me demande de regagner mes pénates, pour me protéger et protéger mes biens (sic). Que se passe-t-il donc ? Une invasion tardives des Huns pilotée par un descendant d'Attila égaré en Caraïbe ? Pas du tout. Une éruption volcanique imminente ? Que nenni. Plus banalement, une alerte cyclonique. Le petit Isaac est attendu à l'accueil, ou plutôt en Guadeloupe. On prévoit des vents à 120 km/heure et des seaux d'eau comme s'il en pleuvait.

Bon ben d'accord, j'avais pourtant presque envie de travailler, je rentre à la maison.

 

Isaac acte 2.

 

Comme nous ne sommes guère sérieux, il faut quand même aller faire un peu de ravitaillement, il y a pas mal de bouches à nourrir à la maison. Les boutiques ferment mais nous trouvons quand même quelques victuailles. Je profite ensuite de la situation pour faire une énorme sieste au frais dans le hamac, puis par attraper un bouquin qui traînait par là. Les enfants ont pris l'excellente initiative de préparer des tomates farcies, et la nuit de tomber. Ce qui nous donne une ambiance sympathique et un peu en dehors du temps. Pas un bruit dans la rue, la circulation est maintenant interdite. Le vent commence à monter, quelques portes claquent. 

 

Isaac acte 3.

 

Les tomates étaient délicieuses, et la vitesse du vent est maintenant proche de zéro. Les prévisionnistes se seraient-ils gourrés un brin sur la trajectoirede la tempête ? C'est qu'avec ces phénomènes de faible puissance, les calculs sont paraît-il bien plus incertains qu'avec les brons gros cyclones maousse costauds. Quoi qu'il en soit, le galant de nuit (genre de jasmin) embaume, c'est toujours ça que les allemands n'auront pas. Allusion aux allemands sans doute parce que le livre dans lequel je suis tombée (Le cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates) fait état de correspondances juste après guerre entre une chroniqueuse londonienne et rigolote, et diverses personnes, dont son éditeur, son amoureux, et des habitants de Guernesey qui lui racontent ce qui s'est passé pendant l'occupation allemande dans leur petite île anglo-normande. Je me replonge dans le bouquin jusque tard dans la nuit.

 

Isaac acte 4.

 

Petit matin, la pluie tombe mais sans plus. Pleine d'une énergie (moi, pas la pluie) inexpliquée, je sors en tenue d'Eve, éponge la terrasse trempée, me prends des embruns délicieux qui finissent de me réveiller. Retour à un quotidien plus ordinaire. Les bruits du matin apparaissent et les grenouilles ont presque cessé de chanter.

 

La vie sous les tropiques est pleine de surprises, je ne vous dis que ça.

 

PS : l'aquarelle de la terrasse est de ma soeur Michèle. Lé belle non ?

 

 

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