8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 00:49

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Où comment j'ai planté un couteau dans le pied de mon mari.

 

En général quand je commence à préparer un repas, je n'ai pas une idée très claire du menu. Alors je sors à tout hasard une planche à découper, un couteau et quelques légumes, en espérant que l'inspiration viendra.

 

J'en étais à ce stade, ayant jeté mon dévolu sur un avocat onctueux offert par dame Josette, une sympthique collègue qui s'est mis en tête de m'engraisser un peu. Il faut dire que les avocats de Guadeloupe n'ont rien à voir avec leurs fades congénères israéliens (ceci dit sans antisémitisme aucun) : ils (des dizaines de variétés) sont le plus souvent goûteux et très gras.

 

J'avais donc les mains un peu glissantes à découper cet avocat.

 

J'avais également mis de l'eau à chauffer, une bonne plâtrée de pâtes ne pouvant faire de mal à personne. Quand mon népou, plein d'attentions, me fit remarquer que le gaz était bien faiblard. Et derechef de virer ma casserole et commencer à bricoler dans mes pattes.

 

Très légèrement agacée, je poursuivis mes travaux de découpe. Quatre secondes plus tard, une partie du brûleur, constituée d'une rondelle métallique, aterrit sans les formalités d'usage sur ma planche à découper. Sans lâcher mon Opinel (je développe une certaine addiction pour les Opinels : j'en ai de toutes formes et toutes couleurs, y compris un rose à bout rond pour le beurre). Donc disais-je, je voulus saisir ce foutu brûleur pour continuer mon ouvrage. Sans avoir pensé au fait que quelques secondes auparavant, il faisait son office, c'est-à-dire qu'il brulait du gaz, et devait être à une température avoisinant les 100 ° plantigrades.

 

Grâce à cette merveille qu'est le corps humain (à quelques détails près), un arc réflexe me décocha une flèche. Je mis donc à couiner et sauter en l'air en attendant des jours meilleurs. L'Opinel, du fait de mes mains poisseuses, se trouva projeté, et après avoir suivi une trajectoire probablement parabollique, vint se planter la pointe en bas dans le gros orteil de ma moitié.

 

Qui se mit se son côté à beugler, et à partir en courant vers la salle de bains pour tenter d'endiguer le flôt de sang. Après quelques borborygmes que la décence m'interdit de rapporter ici, il conclut sur ces mots : "Heureusement que l'os a arrêté le couteau".

 

Et comme je suis une peste, je lui ai répondu "C'est malin, maintenant la pointe du couteau est tordue".

 

La prochaine fois on ira au restaurant.

 

 

* Chipé sur le site "Sortir du nucléaire" :  Tir nucléaire en 1968 en Polynésie. Un jeune militaire photographié devant un champignon atomique. Photo F.Paillaer

commentaires

Jacques Fournet 09/10/2012 00:06

" Et comme je suis une peste, je lui ai répondu "C'est malin, maintenant la pointe du couteau est tordue".
La prochaine fois on ira au restaurant."

Eh bien, à propos de restaurant, le 5 juillet, en allant au restaurant (justement) avec mes enfants, j'ai eu un accident de voiture (celle-ci réformée et remplacée de puis par une toute neuve). Ma
première réflexion, après m'être extirpé de l'ère-bague, fut : "Zut, on va être au retard au restaurant"....

Claudie 10/10/2012 01:13



Tu ne m'avais pas dit que tu avais un accident, pas de bobo ? Et alors vous n'avez pas mangé au resto ?