1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:32

q5h7nk2r.jpg

 

Pas mal cette émission de Serge Le Vaillant sur France Inter. Evidemment assez tardive pour nos amis de l'hexagone.

Je ne voulais pas du tout vous parler de cette émission, mais plutôt d'un scoop.

 

Est-ce que vous vous rendez compte que nous (ainsi que ce qui nous entoure, par exemple l'écran que vous êtes en train de regarder) sommes fait de cendres d'étoiles ? C'est pas la Star'Ac mais la Star'Ash. Et que si un fonctionnaire zélé (ou un malpoli) vous demande votre âge, vous pouvez légitimement lui répondre "entre 5 et 12 milliards d'années". Ben oui, la matière qui nous constitue (si douce au toucher n'est-ce pas ?) a été fabriquée par les étoiles à ce moment-là, et projetée dans l'espace lors de leur explosion ! Le Mohamar Khadafi ratatiné, à côté de cette info, c'est quand même de la gnognote.

 

Et là où la réalité dépasse toutes les fictions réunies, c'est quand on apprend que :

 

- Juste avant la formation de notre univers, la densité d'énergie était si grande que la matière ne pouvait pas exister et était immédiatement détruite par le rayonnement.

- Puis, l'ère hadronique survint. Elle dura en tout et pour tout un cent millième de seconde, c'est-à-dire vachement moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Et que s'est-il passé pendant l'ère hadronique ? A ce (petit) moment, l'univers était assez dense : cent milliards de kilos par centimètre cube, et chaud : mille milliards de mille sabords, euh non de dégrés. A ce moment donc, je cite, "L'énergie thermique devient inférieure à la masse du plus petit des mésons, le méson pi". Vous vous en seriez doutés, la matière s'est alors séparée de l'anti-matière, et des protons ont été formés, dont certains ont survécu à cet enfer.

- Après cet épisode fulgurant (c'est quand même le big bang que je viens de vous raconter, bande d'ignares), vint une période beaucoup plus longue (10 secondes) poétiquement appelée ère leptonique. A ne pas confondre avec l'ère Liptonic, survenue beaucoup plus tard. Je vous passe les détails, retenez simplement qu'on commence à se cailler : seulement 5 milliards de degrés à la fin des 10 secondes.

- Next slide please : l'ère radiative. Dure quelques centaines de milliers d'années. On dirait que ça se ralentit non ? On tombe dans les froids pôlaires, avec guère plus de 3 ou 4 000 degrés. Les photons existent maintenant, et sont majoritaires (comme l'UMP mais plus pour longtemps). Mais toute cette soupe reste opaque à la lumière, parce que les photons sont tout le temps embêtés par des collisions avec les électrons libres (encore un titre d'émission de France Inter). Alors le temps de faire les constats amiables, les photons ils peuvent pas jouer leur rôle lumineux.

- Dernier épisode en date : l'ère stellaire (du latin stella, étoile, à l'attention des pauvres bougres qui n'auraient pas fait de latin). Elle dure depuis quelques milliards d'années : par chance, la température tombe en dessous de 4 000 degrés, ce qui permet la libre circulation de la lumière (plus tard, nous sommes retournés en arièrre, la libre circulation des citoyens étant devenue une douce utopie), puisque les électrons daignent rester en orbite autour des protons au lieu de leur faire du rentre dedans. Cette première lumière émise il y a grosso modo 12 milliards d'années nous parvient encore sous forme fossile, par le biais d'ondes radio. J'y crois pô.

 

Depuis ce temps, ça refroidit, ça s'expanse, et ça finira par s'effronder sous son poids dans un petit moment.

 

La fin du monde !!!

 

Enfin, de cet univers là en attendant le suivant ou le précédent (qu'a-t-elle voulu dire par là ?).

 

Bien. N'allez quand même pas croire que ma culture générale me permet de vous raconter cette merveilleuse histoire. Je suis plus prosaïquement en train de lire Enfants du Soleil, d'André Brahic, à qui j'ai emprunté de nombreuses phrases. J'ai entendu ce bonhomme à plusieurs reprises sur France Inter (encore !), il parle à la vitesse de la lumière et connaît tout ça par coeur. Plus passionné que lui tumeur maligne.

 

Enfin depuis que je sais que suis une poussière d'étoile, je me sens bien plus proche de Marylin Monroe.

commentaires

Gaël 16/11/2011 11:43


Chère Claudie,

J'aime bien te lire et surtout lire ce que tu écrits sur ce que tu as lu qui a été écrit par un autre lui-même sans doute lecteur. C'est l'histoire de lulu en somme...

Qui aime bien relit bien donc et je relève ceci : « Depuis ce temps, ça refroidit, ça s'expanse, et ça finira par s'effondrer sous son poids dans un petit moment. ». Eh bien non ! Si localement ce
phénomène peut se produire (et j’en suis la preuve encore vivant puisque je m’expanse et finirai par m’effondrer sous mon propre poids) la preuve a été apportée d’une expansion accélérée de notre
univers. Ca t’en bouche un coin (de plus en plus grand donc), non ?

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1837.htm

http://www.fr.euhou.net/index.php?option=com_content&task=view&id=104&Itemid=13


Claudie 16/11/2011 17:06



Mince c'est donc comme l'histoire des trous du Gruyère ? Merci cher lecteur d'avoir relevé ce point. J'aurais dû être plus attentive, la parution du livre datant de quelques années, et les infos
nationales ayant relayé cette expansion accélérée. Je trouve ça d'ailleurs incroyable qu'on (vulgaires agrégats de poussières) arrive à prouver des choses comme ça avec nos moyens d'investigation
ridicules en regard de l'immensité qu'on scrute. Je ne ferai aucun commentaire sur nos masses corporelles qui font bien ce qu'elles peuvent, et qui nous permettent malgré tout de découvrir
l'univers, à commencer par nos voisins de palier du web. Signé Lulue.