13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 13:55

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Scipion, mon arrière grand-père, croqué par son fils.

 

Extrait brut des mémoires de mon père, sur lesquelles j'avance petit à petit :

 

"Nous passions toutes les vacances à Orvilliers. Mes grands-parents (Scipion et Angèle) y venaient souvent. Ils avaient un génie particulier pour se pointer à l’improviste. Le dimanche vers 10 heures du matin, s’annonçant par un long coup de klaxon, ce qui ne mettait pas ma mère spécialement de bonne humeur.


Tante Blanchette était le plus souvent avec eux dans les périodes où elle n’avait pas de copains – encore qu’elle les amenât assez souvent, des garçons bien élevés, sympathiques, et non dénués de ressources ni de qualités.


L’affaire n’était pas simple. Il fallait acheter des provisions. Or : a) mon grand-père considérait qu’en dehors de Dreux, on ne trouvait rien de bon (50 km aller-retour), b) Blanchette tenait absolument à faire un plat marseillais, appelé Gimbalaya. Il s’agissait de simples spaghettis mais enrobés d’une complexe et copieuse sauce nécessitant des tomates, de la tomate concentrée, des courgettes, du piment, des poivrons, du basilic, des feuilles de laurier, des oignons blancs, de la bonne huile d’olive… vous voyez la liste d’achats. Nous ajouterons que chacun de ces légumes devait être cuits dans des casseroles séparées. Ah j’oubliais : de l’ail, des fines herbes, pour élaborer un aïoli.


En général, la surprise passée, tout se déroulait dans la bonne humeur, sauf une fois.

C’était d’après mes calculs dans les années 1935, j’avais 9 ans. La cuisine était installée dans le couloir du cellier, avec comme pièce maîtresse une cuisinière à charbon surmontée d’un tuyau de cheminée. Nous étions dans l’actuelle salle de télévision. Mon père nous quitte d’un pas décidé : « je vais allumer le feu ». Quelques minutes se passent, et successivement, un juron de mon père et une intense fumée : impossible d’allumer. Tuyau bouché, démontage, une chouette morte dans le tuyau. Réallumage. Blanchette a pu faire sa gimbalaya – 5 casseroles – Repas à 15 heures… mon père noirâtre et ma mère un peu crispée…"

 

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L’éditrice salive à la lecture de ce chapitre, et va tester la recette dans les meilleurs délais. Après vérification sur Internet, il s’agit en fait des spaghettis « Jambalaya », et il y a encore beaucoup d’autres ingrédients que ceux utilisés par Blanchette.

 

Post-scriptum à l'intention de ceux qui voudraient préparer des spaghettis Gimbalaya de tante Blanchette : une chouette morte n'est pas absolument nécessaire pour réussir la recette.

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