8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 22:20
Prendre de la hauteur

16 mars - J2

 

Peu de visibilité pour le proche avenir, mais très belle visibilité depuis mon morne.

A 5 minutes à pied de ma case, je domine le Petit Cul-de-sac Marin, et aujourd'hui Désirade et Petite Terre sont nettement là (réflexion faite, ce n'est pas Petite Terre mais la Pointe des Châteaux.

 

J'essaie d'éteindre le petit feu d'anxiété qui démarre en moi : faut-il ou pas faire revenir Swan au pays

Et sera-ce possible ?

 

8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 22:09
Soleil d'huile et mer de plomb

15 mars 2020 - J1

 

J'ai décidé d'aller en plein air, sur mon anse préférée - Colas.

 

Je pensais être seule, mais les gars sont à la cabane de pêche, reggae à fond c'est plutôt sympa. Un couple arrive avec un kayak. Je barbouille un peu sous le soleil de plomb.

 

L'îlet Pigeon n'a pas bougé.

9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 23:59
Parlons retraites, parlons chiffons

Parlons retraites, parlons chiffons

Je ne suis pas sexiste, d'ailleurs je connais quelques femmes.

Rendez-vous était pris de bon matin, place de l'Hôtel de Ville. Temps radieux. Syndicalistes arborant de belles couleurs. Après les discours d'usage, il est temps de défiler !

Es ou paré ?

Es ou paré ?

Un petit faible pour Force Ouvrière, je squatte leur formation :-)

Un petit faible pour Force Ouvrière, je squatte leur formation :-)

Des tee-shirts aux couleurs syndicales, soit, mais chacun peut y mettre sa touche. Pour mon plus grand bonheur, le wax est là.

Sur la tête

Sur la tête

Rien à envier à Néfertiti

Rien à envier à Néfertiti

Tra-va-yé, an-lari la
Les oreilles aussi envoient des messages

Les oreilles aussi envoient des messages

J'essaie de me recentrer sur le sujet du jour, les retraites et tout le reste. Tout a été dit ou presque. Attendons que le gouvernement expose son plan innacceptable, puis manifestons à nouveau.

Premier prix du slogan à double tranchant

Premier prix du slogan à double tranchant

En allant faire un tour sur wikipedia, je suis tombée sur la liste des grandes manifs depuis la Révolution française (elle était maousse celle-là). Avec nombres de participants et résultats obtenus. En moyenne, ça peut marcher de descendre dans la rue.

Premier prix du slogan pétillant

Premier prix du slogan pétillant

Tra-va-yé, an-lari la

Nous (1 000 ? 2 000 ? personnes) avançons sous le soleil exactement, et dans la plus grande décontraction. 

C'est pas nous m'sieur l'agent !

C'est pas nous m'sieur l'agent !

C'est qu'il a du spectacle

C'est qu'il a du spectacle

Le défilé passe rue Frébault, une des rues les plus commerçantes. Alors je me suis un peu déconcentrée.

Du wax

Du wax

Mais pas seulement

Mais pas seulement

Jusqu'où va-t-il se nicher ?

Jusqu'où va-t-il se nicher ?

Là où on est contents de ne pas être dans une grande ville, c'est que la présence policière est, comment dire, réduite. Mes deux sbirettes ont tant bien que mal réussi à dénombrer 6 représentants de la force de l'ordre. 

C'est nous les sbirettes, et on veut nos retraites !

C'est nous les sbirettes, et on veut nos retraites !

12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 21:01
Mimizanzibar

Copyright Monsieur Paul qui m'a soufflé ce raccourci entre Mimizan et Zanzibar.

 

Zanzibar évoque pour moi une contrée lointaine et insulaire, où il fait peut-être mieux vivre que sur le continent.

 

Mimizan où je passai (simple) un week-end avec veau vache cochon et couvée. Où plutôt Ludo, Elsa, Clio et Loïc, ces trois derniers étant un peu comme une nouvelle famille. 

Mimizanzibar

Une fois n'est pas coutume, je vous montre leurs mignons minois.

Mimizanzibar

Ces deux jours furent pour moi comme un voyage vers la nouveauté de Zanzibar. Vivre dans une caravane en bordure de forêt. Allez (essayer) de se baigner dans les énormes vagues de l'atlantique. Boire des canons et rigoler comme si on se connaissait depuis toujours. Prendre un cours de boxe anglaise dans la pinède ensoleillée. Barboter dans le lac de Léon en regardant un cheval se rouler dans l'eau.

 

Merci la famille

Mimizanzibar
5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 22:51
Ne vous embranchez pas dans le doctorat, m'a un jour dit Madame Irma

Magie du rangement. J'exhume une copie double petit format, perforée, à grands carreaux, d'un joli jaune pisseux. Une rédaction de classe de 5ème, datée du 8 mars (par déduction, 8 mars 1971).

Ecrite de ma main, surement encore potelée à 12 ans !

----------------

"Un jeudi soir, ma soeur se déguisa en Gitane. Elle se farda et s'enrubana le visage d'un foulard rouge sang. Elle me tira les cartes, lut les liges de ma main et observa sa boule de cristal qui n'était autre qu'un ballon posé sur un petit support de bois.

 

Elle avait confectionné un petit panneau de carton où étaient rédigés les mots : Irma Fatima, la voyante qui vous prédit l'avenir pour pas cher (le prix n'était pas mentionné).

 

J'arrivai, m'installai, et lui demandai quel métier , à son avis, je devrais pratiquer "quand je serai grande". Elle me répondit d'un ton solennel :

 

"Tendez votre main gauche. Je vois... une petite lige qui montre que vous n'aimez pas voir souffrir les personnes qui vous entourent [là la prof devait commencer à se lasser : Tout ce passage est amusant. Mais trop long]. Vous vous efforcez de soulager votre entourage par des paroles réconfortantes et par des petits soins. J'en déduis que votre vocation est la médecine. C'est un métier honorable, bien payé mais les études sont longues : sept ou huit ans si vous ne redoublez pas de classe. Mais la pensée de soigner et... qui sait de sauver des personnes ne vous emplit pas d'une intense satisfaction ? "[Quelle fayote je faisais].

 

"Ce métier vous prendra beaucoup de temps et vous devrez vous lever tôt (chose abominable pour moi). Vous serez peut-être appelée pour une urgence au beau milieu d'un repas, de la nuit, ou d'une soirée tranquille...!!!"

 

"Si vous êtes impressionnable, ne vous embranchez pas dans le doctorat [lol + !]. Je lui réponds que je n'aime pas spécialement me trouver en face de sang, mais, de là à me trouver mal à sa vue..."

 

Elle reprit : J"e vois dans ma boule que vous êtes persévérante et vous ne vous découragez jamais (ou presque). Ce don vous sera utile dans vos études... La visite est terminée, vous me devez cent francs."

 

C'est difficile de s'orienter dans un métier sur un simple conseil de sa soeur.

 

C'est notre avenir qui est décidé quand on commence ses études et il faut bien réfléchir [Quelque peu excessif écrit la dame]. Et... réflexion faite, j'ai encore le temps."

 

Résultat : 11/20. Vous avez présenté ce devoir d'une manière originale. Il y a de bonnes idées. Quelques exagérations. La conclusion est hâtive et manque un peu de clarté.

----------------

Damned, j'ai été démasquée.

1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 00:12
Sans sachet SVP

Je ne sais pas pourquoi, les vendeuses de pain (et gâteaux) de Baguet Shop à Colin ne sont en moyenne pas très sympas. Moi j'aurais voulu le sourire de la boulangère, à défaut de celui de la crémière !

 

Là où ça devient vraiment rigolo, c'est quand je leur demande de me servir le pain comme ça. Depuis peu, j'ai décidé de refuser que mon bâtard multi-céréales soit glissé dans un sac papier, voire même (bon dyé sénièr) un sac en plastique. Donc siouplé, vous me le remettez en mains propres, même si je ne me les suis pas lavées.

 

La première fois, ce fut l'incompréhension. il n'était pas envisageable dans les circonvolutions cérébrales de Géraldine (admettons que la boulangère s'appelle Géraldine, ça humanisera le propos), qu'un pain fût servi en tenue d'Adam.

 

La seconde fois, Géraldine ne demanda pas d'explications, mais ses yeux manquèrent de rouler hors de leurs orbites, ce qui aurait fait désordre dans l'étal de gâteaux.

 

La troisième fois, ce n'était pas Géraldine à Colin, mais Marie-Séraphine à Rivière-Sens, pas plus tard que tout-à-l'heure. Il faut dire qu'en sortant d'une réunion à Basse-Terre, j'ai pris le chemin des écoliers, et j'ai fait un crochet par la marina de Rivière-Sens, pour deux raisons : j'avais envie de boire un café au lait face à la mer, et on m'y avait indiqué une bonne boulangerie. Vous voyez où je veux en venir.

 

Marie-Séraphine quand je lui demandai de renoncer à l'idée du sachet, eut l'air bien embêtée. "Mais si le patron voit que je fais ça, il ne sera pas content".

 

A quoi ça tient le désastre écologique auquel nous sommes confrontés !

2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 21:02
Conjonction de coordination

Ce matin c'était samedi.

Le jour de l'espoir. Qu'il se passe des évènements extraordinaires. Qu'il soit possible de descendre du train un peu fou. Pour juste sentir l'herbe sèche qui gratte un peu.

 

Conjonction de coordination

Hé bien ce samedi avait bien commencé. Je buvais mon thé vert au jasmin, en ne pensant presque qu'au parfum du thé au jasmin. En sentant quand même le vent frais de l'hiver tropical. 

Un homme de Roswell en miniature passa alors dans mon champ de vision. Vraiment petit, guère plus de 3 millimètres de haut. Haut comme trois pommes d'un millimètre chacune.

Il sautillait très vivement, j'eus du mal à ne pas le perdre de vue. Un mauvais réflexe, plutôt que de garder l'image en moi, toute pour moi, rien que pour moi, j'allus quérir à toute allure mon téléphone. Pas pour appeler au secours, mais pour garder un souvenir de cette apparition.

Conjonction de coordination

J'avais su au premier regard que ce n'était pas un petit homme vert, mais une araignée sauteuse, genre thomise ou mygale. Je compte sur mes amis entomologistes pour éclairer notre lanterne à tous.

Ce qui était merveilleux, c'est que cette petite bête, qui d'ailleurs batifolait dangereusement sur le rebord de ma tasse, avait des points phosphorescents verts sur les chélicères (les crocs en quelque sorte) et sur le dos. On ne dit pas le dos pour une araignée, mais le céphalothorax. Mais c'est snob alors je dis le dos. Chance, je pus faire deux ou trois photos, et floup ! Elle disparut comme elle était venue. Comme par enchantement.

Conjonction de coordination

J'aurais pu en rester là, j'aurais déjà dit merci pour un tel samedi.

Le plan de la matinée était d'aller trainer à la Pointe, mon amie Maroon voulant trouver une jolie robe pour le mariage de ses parents. Normalement on va au mariage de ses enfants, mais là, non.

Conjonction de coordination

Pointe-à-Pitre j'y suis peut-être allée 100 fois. Jamais deux fois pareil. Comme nous papotions en marchant (ou marchions en papotant ?), seul le hasard de nos connexions neuronales guida nos pas. Et d'un coup, le musée Saint-John Perse était là devant nous. Le frère jumeau de la maison Zévallos, mais en moins hanté, et en plus mieux conservé. La tentation fut trop forte, nous investîmes les lieux (vais-je arriver à me dépatouiller de ce passé simple, et pourtant si complexe, rien n'est moins sûr).

Une galerie au charme suranné. Les costumes d'époques, les meubles, le tableau de la rade de Pointe-à-Pitre. A l'étage, l'exposition de dessins, façades de cases créoles, morceaux de persiennes et de tôles antiques, brunes comme du chocolat caramélisé.

Et sur la table de la sous-pente, une dizaine de livre de Saint-John Perse (bon sang mais c'est bien sûr, nous sommes dans le musée du même nom - éponyme - snob aussi).

C'est touchant (j'adopte le présent vous avez remarqué), des fils très fins de nylon tentent de dissuader le visiteur de chaparder les livres. Je pense que ça fonctionne. Et puis le vol de livres est malheureusement quelque chose de très rare.

Encore un petit mystère : mon amie Maroon, qui a pourtant fait des études littéraires, ne connaissait pas l'existence de Saint-John Perse. Moi oui mais je n'ai jamais rien lu de lui.

Conjonction de coordination

A la redescente, Maroon est frappée par un texte dudit Saint-John. Elle pense que ce texte est écrit pour moi. Et je lui raconte alors l'histoire de l'araignée du matin, sans aucun chagrin. Ou alors de folie.

18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 23:05
Bougies overblog

Mon gestionnaire de blog m'informe qu'aujourd'hui ça fait onze ans que l'Ordinaire existe.

Drôle de moyen d'expression qu'un blog. Comme un journal intime, mais qu'on ouvrirait à qui veut bien rendre visite.

Exercice intéressant que celui de dire sans s'exposer ni exposer ses proches, parents, amis, alliés, ennemis, que sais-je ? Je sais de plus en plus (sauf si j'oublie, ce qui est loin d'être exclu), et je sais si peu. Mais en grandissant il m'importe de moins en moins de savoir. 

Ce soir je suis seule dans ma case au bout des bois et de la route. La fraîcheur est là puisque c'est décembre. Les Beatles jouent dans le poste. Je prépare un cadeau de Noël pour Swan, et c'était d'ailleurs lui qui illustrait mon premier post il y a 4 018 jours, avec comme légende "Pris dans le tourbillon de la vie".

Je lui dédie cet article, le tourbillon n'a cessé depuis !

11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 22:14
Il n'y a pas si longtemps

Encore un peu de tri dans l'appartement où j'ai grandi avec

mon père,

ma mère,

mon frère-eu et ma soeur

oh oh, et c'était le bonheur

Et -il y avait aussi Père-Georges et Lala (les parents de mon père).

Petite digression pour saluer la mémoire de ma petite Maman, qui a dû supporter sans broncher (à l'époque, on bronchait peu) sa belle-mère. Cette dernière avait des côtés attachants, mais - excusez l'expression - quelle peau de vache avec ma mère. C'est dit !

Alors comme maintenant mes parents ne sont plus de ce monde - ni d'aucun, excepté celui de mon coeur - nous allons vendre cet appartement. Le plus gros de son contenu est vidé, vendu, trié. Mais il reste encore toutes les photos. Dont certaines très anciennes, dans des albums de cuir magnifiques.

 

Par chance, mon grand-père a écrit sur certaines photos qui elles représentaient. Voilà c'est donc pour ça que je peux vous présenter cette femmes ravissante (ha, c'est pour ça que je suis belle comme le jour !), il s'agit de mon arrière grand-mère.

 

J'essaierai de retrouver dans l'arbre généalogique (une autre histoire que je dois vous raconter) quel était son prénom. 

2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 21:43
Gigantesque orgie la nuit dernière

Mes amis, je suis épuisée.

 

Je sais pouvoir compter sur votre discrétion sur ce qui s'est produit la nuit dernière. Nous étions 16 en tout. Des hommes et des femmes âgés de 24 à 59 ans, tous magnifiques et pleins d'entrain.

 

Le dress-code était latex noir, et masque.

 

Après plus d'une heure de préliminaires, les éjaculations se sont produites à un rythme tout bonnement incroyable. Nous nagions littéralement dans les spermatozoïdes. A la belle étoile en plus, c'était merveilleux. Même la voie était lactée, et nous étions presque sans voix devant une telle communion sexuelle.

Gigantesque orgie la nuit dernière

En plus de la combinaison noire et du masque, nous avions chacun dans la bouche un tuba, afin de pouvoir respirer sous la mer. Le trajet depuis l'Anse Caraïbe jusqu'aux îlets Pigeon se fit comme dans un rêve. Zodiac silencieux et stable, mer d'huile, nous filions à toute berzingue dans la nuit noire.

 

Immersion dans deux ou trois mètres d'eau, plus tiède tu bous (29 degrés au doigt mouillé). Lueur bleutée et rassurante de la lampe de notre groupe de 4. Nous nageons dans le noir sans peur aucune. Nous savons que ce soir c'est le jour de ponte, synchronisée, d'une certaine espèce de coraux. Petites apnées tranquilles, les poissons et drôles d'animalcules nous font risette. Pas de pontes de coraux mais quelle importance ?

Une partie de la team glou-glou

Une partie de la team glou-glou

Une heure et sa moitié sont passées sans qu'on s'en rende vraiment compte. Et une voix nous appelle alors "Venez vite, ils pondent !".

 

Quelques coups de palmes pour rejoindre l'autre groupe. Tout le monde frétille dans une eau saturée de millions de petites particules sphériques, blanches, de 2 ou 3 millimètres de diamètre. Avec aussi d'autres particules très énervées, plus allongées, sans doute du zooplanctoon venu faire un festin de ces petits oeufs de corail.

 

Enfin pas encore des oeufs. Pour le moment, des gamètes mâles et femelles, tous largués en même temps à la surface du corail. Nous fantasmons et imaginons qu'au bout de quelques minutes, des milliers de fécondations se seront produites, et que les bébés vont doucement retomber sur le corail ou ailleurs, pour augmenter la colonie.

© Disneynature (pfff)

© Disneynature (pfff)

Ce qui est fou, c'est que les savants arrivent à connaître quel jour de l'année et à quelle heure chaque espèce de corail va pondre.

 

La lune et la marée expliquent une part du mystère.

 

J'avoue, j'en ai avalé.