11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 00:18

14046607_BG1.jpg

*

Ce matin, je monte dans mon petit avion de banlieue qui m'emmène à Fort-de-France pour une réunion. 

 

Après la Martinique, il y a une escale à Port-au-Prince.

 

Un peu étourdie par le temps lourd et le manque de sommeil, je m'affale dans mon siège côté hublôt.

Une dame d'un certain âge me tend sans rien dire un formulaire, et sa carte de séjour. Je comprends que je dois remplir le formulaire pour elle.

 

Ce dont je m'acquitte avec plaisir. Elle se prénomme Elda. Les traductions en créole haïtien des informations à renseigner sont très imagées. Elda doit signer à quatre endroits différents, ce qu'elle fait en s'appliquant, c'est difficile pour elle d'écrire son nom.

 

"Signature" est traduit par "Ekri non w o sinon paraf". Ecris ton nom, ou bien fais une croix. Sur un document administratif c'est étonnant non ?

 

* chipé sur http://haitiinfos.blogspot.fr

10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 00:35

Peut-être vaut-il mieux que je batte le fer (qui  n'a rien demandé) tant qu'il est chaud. Bien qu'il ne risque guère de refroidir par les temps estivaux qui courent. 

 

Il s'est donc encore passé des choses ces jours-ci.

 

 

img291.jpg

 

Programmée depuis quelques semaines, une sortie associative (le bon prétexte pour aller se ballader à la recherche de chimères) à Terre-de-Bas, la moins peuplée des deux plus grandes îles des Saintes. Les minuscules et désertes îles étant par ordre alphabétique : les Augustins, Cabri (un habitant quand même), la Coche, Grand ilet, le Pâté, la Rotonde, ... en oublié-je ?

 

Alsophis

 

Au soit-disant programme naturaliste : les couleuvres du genre Alsophis (also spracht Zarathustra ?), les Pélicans nicheurs, les perdrix-croissant, la forêt de Bois d'Inde. 

 

 

P1100507.JPG

 

Tout. J'ai vu vu tout ça. En prime : une étape du tour de la Guadeloupe à la voile traditionnelle, un gîte scandaleux nommé "Rêve de Robinson", un vieil illuminé dans la forêt (le cousin de Panoramix ?) qui faisait du charbon de bois et avait les chocottes à cause des esprits.

 

 

img292.jpg

 

Mais cette forêt avait de quoi frapper l'imaginaire. Une mare hébergeant des libellules roses, des tortues, des poissons introduits des genres Tilapia et Guppy, des fougères dorées.

 

De vieux tas de pierres témoignant d'anciens murets. Que délimitaient-ils ? 

 

P1100528.JPG

 

Pour survivre dans ce milieu hostile, nous avons mangé des mangues, dégommées à coup de pierres, et je vous le donne en mille : de l'étoupe du fruit du courbaril (koubari dans le texte). Le koubari est un arbre, dont le bois est si dur que les termites et les scies s'y cassent les dents (si si ?). Son fruit ressemble à un gros haricot épais, large et brun. Très dur aussi, on peut le fracasser à l'aide d'une pierre. De la famille des Légumineuses, il est plein de protéines. Si on arrive à surmonter le dégoût provoqué par l'odeur forte et désagréable de l'intérieur du fruit, et que l'on consent à absorber un genre d'étoupe cotonneuse, on découvre avec surprise un goût situé entre celui du tamarin et de la banane séchée. Il faut évidemment boire de l'eau rapidement pour éviter une mort rapide par étouffement. Ce qui a pour corollaire de faire gonfler le mets dans l'estomac. Ah mais c'est peut-être pour ça que je me suis chopé une petite courante en fin de séjour.

 

Je m'égare dans des considérations anatomo-pathologiques déplacées, pardonnez-moi.

 

 

P1100587.JPG

 

Je saute du coq à l'âne. Cette île est bizarre, les gens sont de toutes les couleurs et les arbres ont une forme de bateau (vous devez me croire sur parole, cette photo-là est encore dans l'appareil).

 

Vous allez rire, j'ai failli renoncer à cette sortie à cause du retard accumulé ici et là. J'aidonc évité de justesse de faire une bêtise, une fois n'est pas coutume !

4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 00:50

img271.jpg

Over-blog commence à ne plus me plaire : il vient de me signifier qu'ayant été inactive pendant plus de 45 jours (tout ça ?) et conformément aux conditions générales d'utilisation (bande de rats), des contenus publicitaires avaient pu être affichés sur mon espace.

 

Ca va pas la tête ? On n'a même pas le droit de se mettre en hibernation ? D'être tant submergé d'émotions diverses que la connexion ne suit pas ? D'avoir vécu tellement de petites aventures géniales ou moins géniales qu'on ne sait pas par quel bout les prendre ?

 

Je relativise : il va suffire d'un petit article tel que celui-là pour désactiver les horribles pubs, dont je m'excuse platement auprès de mes milliers de lecteurs assidus. Je déteste la pub, qui nous fait envie de choses idiotes et inutiles. Alors qu'en faisant un tout petit effort, on arrive en moyenne et globalement à ne pas être trop bêtes, et à comprendre ce qui a un minimum d'importance.

 

J'ai fait de merveilleux voyages ces dernières semaines, pas toujours loin de chez moi. Je vous les raconterai un peu plus tard (de mémoire et dans le désordre : Petite-Terre, Désirade, Guyane, Les Saintes). Et vendredi je pars à Terre-de-Bas, l'ile sous le vent des Saintes.

 

Juste deux mots sur une aventure entomologique. Ayant débarqué sur l'îlet Cabri, une tête d'épingle probablement invisible sur Google map ou autre truc qui casse quand même pas mal la poésie du voyage, je suis tombée sur des nuées de papillons noirs. Celui ci-dessus  est posé sur une feuiile de mancenillier, un arbre plein d'une sève très acide, toxique et mortelle pour qui mange les petites pommes vertes (version tropicalisée de Blanche-Neige ?). Mais les chenilles mangent un arbuste nommé "savonnette". Alors les savonnettes de Cabri sont un peu déplumées ces temps-ci. Mais quelle beauté de voir ces dizaines de papillons  voleter dans le sous-bois.

13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 13:55

DSCN0616.JPG

Scipion, mon arrière grand-père, croqué par son fils.

 

Extrait brut des mémoires de mon père, sur lesquelles j'avance petit à petit :

 

"Nous passions toutes les vacances à Orvilliers. Mes grands-parents (Scipion et Angèle) y venaient souvent. Ils avaient un génie particulier pour se pointer à l’improviste. Le dimanche vers 10 heures du matin, s’annonçant par un long coup de klaxon, ce qui ne mettait pas ma mère spécialement de bonne humeur.


Tante Blanchette était le plus souvent avec eux dans les périodes où elle n’avait pas de copains – encore qu’elle les amenât assez souvent, des garçons bien élevés, sympathiques, et non dénués de ressources ni de qualités.


L’affaire n’était pas simple. Il fallait acheter des provisions. Or : a) mon grand-père considérait qu’en dehors de Dreux, on ne trouvait rien de bon (50 km aller-retour), b) Blanchette tenait absolument à faire un plat marseillais, appelé Gimbalaya. Il s’agissait de simples spaghettis mais enrobés d’une complexe et copieuse sauce nécessitant des tomates, de la tomate concentrée, des courgettes, du piment, des poivrons, du basilic, des feuilles de laurier, des oignons blancs, de la bonne huile d’olive… vous voyez la liste d’achats. Nous ajouterons que chacun de ces légumes devait être cuits dans des casseroles séparées. Ah j’oubliais : de l’ail, des fines herbes, pour élaborer un aïoli.


En général, la surprise passée, tout se déroulait dans la bonne humeur, sauf une fois.

C’était d’après mes calculs dans les années 1935, j’avais 9 ans. La cuisine était installée dans le couloir du cellier, avec comme pièce maîtresse une cuisinière à charbon surmontée d’un tuyau de cheminée. Nous étions dans l’actuelle salle de télévision. Mon père nous quitte d’un pas décidé : « je vais allumer le feu ». Quelques minutes se passent, et successivement, un juron de mon père et une intense fumée : impossible d’allumer. Tuyau bouché, démontage, une chouette morte dans le tuyau. Réallumage. Blanchette a pu faire sa gimbalaya – 5 casseroles – Repas à 15 heures… mon père noirâtre et ma mère un peu crispée…"

 

-----------------------

L’éditrice salive à la lecture de ce chapitre, et va tester la recette dans les meilleurs délais. Après vérification sur Internet, il s’agit en fait des spaghettis « Jambalaya », et il y a encore beaucoup d’autres ingrédients que ceux utilisés par Blanchette.

 

Post-scriptum à l'intention de ceux qui voudraient préparer des spaghettis Gimbalaya de tante Blanchette : une chouette morte n'est pas absolument nécessaire pour réussir la recette.

10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 23:36

9782879297248

 

Ce n'est pas que je ne lise plus, mais je n'ai rien lu qui m'aie donné envie de le partager depuis un bout de temps.

Sauf peut-être Loin de Chandigar de Tarun Tejpal, dont le titre original est The alchemy of desire. Et qui n'est pas à prêter à n'importe qui.

 

Je viens par contre de terminer Spooner de Pete Dexter, gentiment prêté par mon ami Pyt. Cet ami semble lire exclusivement des romans très noirs ou autres polars, ce qui me fait lui dire régulièrement que nous n'avons pas les mêmes goûts en matière de lecture. Et lui demander pourquoi il s'osbtine à lire des trucs atroces.

 

Là n'est pas le propos, loin de moi l'idée d'entamer une quelconque psychanalyse chez mon prochain, avant d'avoir parfaitement fait le tour du propriétaire chez moi. Ce qui n'est pas pour demain la veille.

 

Le propos, c'est donc Spooner.

 

L'univers de ce livre m'a d'abord fait penser à celui de Steinbeck, par exemple dans La grande vallée (que j'ai commencé à lire plusieurs fois, en me rendant compte au bout de la 3ème qu'il s'agissait de nouvelles. Je ne voyais pas le lien entre les chapitres ! Si ce n'est le lieu, colonisé, défriché, habité, fréquenté par des américains parfois très bizarres, se mettant dans des situations souvent épouvantables. Le tout conté très calmement, le style étant complètement décalé par rapport aux situations). Il faudrait que je retrouve ce bouquin et le termine.

 

Puis j'ai ensuite pensé à un autre de mes chouchous, John Irving. Là encore, par la capacité qu'à cet auteur à vous dire sur le ton le plus badin que son héros vient de se faire trancher la zigounette des suites d'une inflation illégitime dans une automobile, emboutie par le vrai mari de la dame (si je me rappelle bien - c'était dans Le monde selon Garp).

 

Et puis, dernière parenté, celle avec Arto Paasilinna. Chez lui, pas de syndrome de mutilations, mais la montée en puissance du désordre, du dérapage, du délire total. Toujours assez joyeux et finalement constructif.

 

Ca ne vous avance pas à grand-chose sur mon Spooner, mais après tout, un bon extrait vaut mieux qu'un mauvais exposé.

 

Le jour même de la naissance de Warren Spooner, le 1er décembre 1956, Rudolph Toebox, cent soixante kilos, député au Congrès des Etats-Unis dans son huitième mandat, bondit de son siège sur la ligne des quarante yards au Municipal Stadium de Philedelphie-Sud - un vendeur de hot-dogs déclarerait au premier journaliste arrivé sur les lieux : "Ce gros balèze a décollé de là comme s'il était accroché à un hameçon !" - et alors qu'il était presque totalement déplié, se retourna comme une crêpe et retomba sur les deux places les plus coûteuses du Municipal Stadium, où il mourut le ventre en l'air sur les genoux de sa femme, sous des bourrasques de neige fondue, pendant le troisième quart-temps du match qui opposait l'armée de terre à la marine. Sa femme s'appelait Iris.

 

Ce Pete Dexter est un petit fûté, il nous ballade dans ses longues phrases, nous perd dans une rêverie, pour nous amener par surprise dans le paroxysme.

5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 15:11

DSCN6210.JPG

 

Qu'est ceci ?

 

Un lever de lune se reflétant dans les eaux limoneuses du fleuve Kourou ?

Le whisky du capitaine Haddock en apesanteur ?

Une pomme-liane sur le bord de la table ?

 

Vous l'avez deviné, c'est la dernière proposition. Illustrant le fait qu'aujourd'hui 5 mai, la loi de Murphy ne s'est pas appliquée.

 

2012 est une année à fruits, beaucoup de fruits. Pourquoi ? Sans doute à cause du temps sec en début d'année, donc un petit coup de stress pour les plantes. Qui dans ces cas-là prennent des actions en bourse (si l'on peut dire) et investissent davantage dans la reproduction, histoire d'assurer une descendance en cas de problème. Les froids polaires prolongés qui ont sévi en ont rajouté une louche sur le thème "je dois fleurir un max".

 

D'où une situation privilégiée ces temps-ci, pour nous autres les bouseux des Antilles. Il n'y a qu'à musarder dans le quartier pour glaner, sans risquer un coup de fusil, mangues-pommes, abricots-pays, prunes rouges... et pommes-lianes. Bien que mécréante, je peux vous dire que la pomme-liane est un cadeau du bon dieu, ou de ce qui en fait office. Proche cousine du fruit de la passion, elle en diffère par son goût (indescriptible), sa texture (peau bien plus molle) et son attractivité pour les rats (extrême).

 

Or donc, ce matin, toute guillerette à l'idée que le week-end ne faisait que commencer, je dressai une jolie table pour le petit déjeûner. Et déposai un peu trop prestement dans un plat les pommes-lianes que ma copine Aude m'avait données la veille (sous la menace il faut bien le dire). L'une d'entre elle sortit du rang et roula sur la table. Au lieu d'aller en toute logique s'écraser par terre, elle s'est arrêtée à quelques millimètres du bord, comme suspendue.

 

Je veux y voir un signe du temps qui s'arrête, des choses invisibles qui parlent, et de l'importance des petits riens.

29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 23:53

Bateau-sur-leau.JPG

 

Le bateau à voile, c'est un peu la machine à oublier. A peine l'orteil posé dans le carré, l'essentiel s'impose.

Ne pas perdre le nord. Si possible améliorer l'ordinaire en pêchant. Trouver un abri sûr pour la nuit. Festoyer chaque soir.

On se retrouve, petits animaux fragiles dans une nature liquide et aérienne.

 

Mon expérience en voile remonte à une vingtaine d'années, mais elle reste toute petite. Pas de marées ni de courants à calculer. Pas de froid qui s'ajoute aux autres difficultés. Navigation le plus souvent à vue, même si tout est bien calculé avant d'appareiller. Rarement des mers méchantes, même si la houle croisée dans les canaux a raison de bien des estomacs. Quand même souvent des grains un peu brutaux. Et des effets Venthurie pas piqués des hanetons quand on passe à proximité des reliefs.

 

Dernière expérience en date : 5 x 41 x 10 (jours x longueur en pieds du bateau x passagers)

 

Temps forts :

 

Dorade.JPG

 

L'unique poisson ferré à la traîne mais perdu. Je dirais une petite dorade cauriphène.

 

Anouk-peinte.JPG

 

Une séance de peinture à l'argile sur corps chez Ulric le potier. Encore plus impresionnant que les tatouages maoris non ? Version Anouk (our best singer).

 

Jade-peinte.JPG

 

Version Jade. Our best speaker.

 

Kim-peinte.JPG

 

Version Kim. The most reasonable people on the boat.

 

San-peint.JPG

 

Version Swan. No comment.

 

Cordages.JPG

 

Les deux cachalots à la pointe nord de la Dominique pendant qu'on prenait le 2ème riz (désolée, pas de photo).

 

img218.jpg

img221

img222.jpg

Le mouillage urbain de Roseau (qui n'est autre que la capitale de la Dominique)...

 

Maison-verte.JPG

 

La petite maison verte dans la montagne (c'est une maison verte, accrochée à la colline...).

 

Roseau-Dominique.JPG

 

Et la virée en ville avec les 4 mousquetaires.

 

Angele.JPG

 

Un grand merci à la régie (Angèle aux commandes avant le départ)...

 

Captain-America.JPG

 

... à François, skippeur de rien...

 

Super-Coco.JPG

 

... à Super-Coco, un goût de paradis...

 

Jeff-in-blue.JPG

 

... à Jeff in blue, inlassable pauvre pêcheur...

 

Natalabarre.JPG

 

... à Nat à la barre, et ça repart...

 

Epimoi.JPG

 

... et pis à moi.

 

29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 00:05

Adhesif-Chinois-10x10-4ex-Veut-Dire-Amour.gif

Ces temps-ci, je vous le dis, il y a de plus en plus de Chinois en Guadeloupe.

C'est  bien simple, on en voit partout, le long des routes et dans les bourgs.

C'est relativement récent, les premiers sont arrivés dans les années 75, sur la commune de Petit-Bourg.

Mais depuis 5 ans environ, on peut dire qu'ils sont installés pour de bon.

 

Moi je dois dire que je les aime bien. Ils ont des robes chamarrées noires et vert métallique, parfois bleutés. Ils virevoltent.

Parfois, malheureusement, j'en tue quelques uns avec la voiture, car ils sont souvent près de la route.

 

 

papillon113.jpg

Photo ti.racoon.free.fr

 

Les Chinois ne sont pas jaunes, ils sont verts.

Les Chinois verts sont des papillons de toute beauté, et d'une grande fidélité : leurs chenilles ne consomment qu'une seule espèce végétale : la liane-papaye. Liane parce qu'elle s'enroule et s'agrippe. Papaye parce que son fruit est bêtement vert et allongé, rappelant ainsi la papaye. Ces lianes poussent seulement dans les fonds de ravine, et sont ainsi relativement préservées de l'urbanisation. Qui voudrait s'installer au fond d'une ravine et s'exposer aisni aux inondations, sinon la liane-papaye ? Je pose la question.

27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 21:12

img221.jpg

Mais oui, c'est la cata complète. Je n'écris plus rien. J'ai pourtant plein de trucs à raconter.

 

La retraite à Marie-galante.

Les aventures à Madère.

Le bref séjour à Aussois.

La virée en voile.

Le permis du petit.

 

Je ne sais pas par où commencer.

Alors je reste muette, telle la carpe moyenne.

 

Et puis il y a eu du pathos, avec le moniteur de parapente qui s'est envolé au ciel et la femme d'un collèque qui a mis sur off pour quitter l'enfer sur terre.

 

J'ai donc pris date, et je pars dès demain à l'assaut des pages blanches de mon ordinaschtroumpf. 

21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 22:24

P1090302.JPG

 

Ah ! Mon enfant, dans quel état l'ai-je retrouvé à la sortie du collège.


Vous devez vous douter qu'il y a anguille sous roche, je serais moins sereine si son intégrité physique était à ce point altérée.

 

Figurez-vous qu'il s'est pris de passion pour le secourisme, et qu'il passe ses mercredi après-midi à l'UNSS (prononcer UNSS) à apprendre qu'en cas d'accident industriel il ne faut ni téléphoner si se déplacer pour chercher ses enfants. Qu'après avoir ranimé un bébé, il ne faut pas tout de suite le mettre dans les bras de sa mère, qui par ses tremblements intempestifs bien que compréhensibles, risquerait de le secouer un peu trop fort. Qu'en cas d'accident chimique, la sirène fait hi-hon-hi-hon pendant une minute quarante.

 

Et tout à l'avenant, sans compter les manipulations à effectuer sur les personnes qui s'étouffent avec des cacahuèttes, ou autres objets n'ayant rien à faire dans la trachée artère.

 

Or donc, j'entre dans le collège et je vois bien que les gosses se marrent (ça devrait être interdit). Et voilà ti pas que Swan déboule ensanglanté, le nez cassé et un oeil au beurre noir. Madame Robillard, professeur d'EPS de son état, et paraît-il maquilleuse "effets spéciaux" dans son jeune temps, dispose d'une malette de cosmétiques permettant de simuler parfaitement blessures, hémorragies, éviscérations, membres coupés. Formidable. C'est d'une réalité saisissante. C'est pour se mettre en situation dans les opérations de secourisme.

 

Cette femme est bien sympathique, et j'ai donc discuté le bout de gras avec elle sur ce sujet. Au bout de 5 minutes, elle a tenu à me faire la manipulation pour recracher la cacahuète, j'ai manqué de vomir mon 4 heures. Puis, j'ai dû exécuter la manoeuvre sur sa personne, au son de ses encouragements : "plus fort, plus fort".

 

C'est torride le secourisme.