29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 23:57

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Mère abusive ? Le mot est trop fort.

 

L’emploi du temps quotidien était tenu avec rigueur. Retour du lycée à 16h45. Un goûter rapide, un petit bonjour à mon père penché sur sa table, et c’était les cours du soir.

 

On s’installait ma mère et moi sur la table Empire couverte d’un marbre imposant. Il régnait dans la famille une sorte de religion pour les meubles anciens. Pas question que l’on s’installe devant un petit bureau. Non, c’était un marbre avec un rebord prononcé, de petit diamètre, avec mes coudes qui ne demandaient qu’à plonger dans le vide. Qui plus est, assis sur une chaise gondole trop basse, et pour mon âge, et pour la hauteur de la table…

 

Puis je négociais avec les fameuses plumes Sergent-Major et un encrier Waterman Bleu Noir. Dans lequel il fallait plonger la plume, un peu mais pas trop.

 

A partir de là, tout se déroule de façon programmée. Ma mère épluche le cahier de texte, et pendant ce temps, j'épluche la plume de toute trace d’encre sèche, génératrices de taches remarquables. Et c’est parti !

 

Et cela fait partie des très mauvais souvenirs de ma vie : écrire sans que la plume se cabre ! A la première tache, je sentais la tension monter. Mais à la seconde, je sentais la gifle imminente, en fait une tape bénigne mais vexante, et je prenais la fuite au travers de la pièce de mon père qui observait la scène avec bonhomie. Une vraie scène de théâtre disons une ou deux fois par mois. Et ma mère ne me lâchait pas avant devoirs faits, leçons sues, et à titre de prime une leçon d’anglais. Ma mère avait en effet passé deux ans en un collège en Angleterre.

 

En fait, j’avais un stimulant puissant : en avoir fini à 6 heures du soir ! En effet, des masses d’activités m’attendaient.

 

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Extrait de vraie vie, mais pas la mienne. Celle de mon père dont je suis en train de taper les mémoires. La suite bientôt (premier amour).

 

27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 23:53

On a les exotismes qu'on peut. Pour moi, c'est le train de banlieue. La Transilienne messieurs et dames vous transporte. Non pas dans des sommets d'extase, mais de la banlieue jusqu'à Paris. Et retour, ce qui peut faire jusqu'à 3 heures par jour face à des êtres à tout jamais inconnus.

 

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Une jeune femme lisant. Qui connait ses pensées secrètes ?

 

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 De faux air de Carmen Cru.

 

 

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Autre jeune femme d'un autre genre. Le point commun (rare) entre ces trois femmes ? Je ramasse les copies demain matin*.

 

 

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Ce train m'emmenait à l'école vétérinaire de Maisons-Alfort. Endroit amusant, entre vieux amphithéâtres décatis, parc arboré, et animaux en soins déambulant dans les allées. J'ai ainsi croisé un pitbull géant blanc, un cheval noir, et d'autres animaux avec des atelles, accompagnés par de gentilles infirmières en blouses bleues (et même pas toutes nues en dessous).

 

Je vous le dis, l'aventure est au coin du RER.

 

* Non aliénées par leurs téléphones cellulaires.

 

 

20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 00:57

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Mauvais jeu de mots.

 

Mais mauvaise blague que tu nous fais Nadine.

 

A force, j'avais fini par croire que tu étais plus forte que le Roquefort.

Que tu finirais par devenir une ménagère de plus de 50 ans.

Que j'aurais eu l'occasion de te rendre ton plan d'Avignon.

Qu'on aurait pu faire circuler d'autres livres.

Qu'on aurait refait le plan de la clé dans ta boîte aux lettres avec la ficelle qui dépasse.

Qu'on se serait encore une fois mangé un morceau et bu un verre de rouge avec Nathalie.

 

Petit rouleau compresseur tranquille, charrue intelligente et souvent avant les boeufs.Tu as fait ton chemin, creusé ton sillon, chagrinée parfois de ne pas tout contrôler.

 

Il reste une belle trace dans mon coeur mais pour le moment la vision se trouble, et les essuie-glaces sont en panne.

20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 00:44

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J'ai mis trois racine foncé pour montrer que je suis robuste et fort, j'ai fait un tronc pas très épais car je suis un peut maigre et des endroits foncés sur le tronc car je suis casse-cou et que je me suis fait des blessure.

 

J'ai fait des grandes branches car je suis tres ouvert aux autres, une grande tête parce que j'ai plein de choses dedans. Il y a un ballon de basket, un roller et une console pour simboliser que j'aime ces trois activitées.

15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 01:08

Mon cher Frédéric Beigbeder,

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C'est la deuxième fois que j'écris à un écrivain (et n'ai par ailleurs jamais arrosé d'arroseur). Le première fois, c'était à Amélie Nothomb. J'avais pris l'habitude d'acheter son dernier roman au moment de monter dans l'avion me ramenant chez moi. J'avais l'impression au fil des ans d'entrer dans sa vie et de la connaître un peu plus à chaque fois. La cerise sur le gâteau se présenta dans les premières pages d'un de ses livres, où il était question du peuple des îles Vanuatu. Peuple béni (quoiqu'un peu mélancolique) car n'ayant jamais faim, du fait de la profusion en ignames sur cette terre pacifique. J'y vis là un signe, revenant d'une réunion de travail - je vous le donne en mille - ayant pour thème les ignames du Vanuatu. Si un jour mon cher Frédéric nous venions à nous connaître, je vous expliquerai pourquoi je m'intéresse aux ignames. Mais cette éventualité est peu probable, ne fréquentant pas le même cercle parisien mondain que vous (je suis plutôt dans un cercle petit-bourgeois, demeurant à la Lézarde, dans les hauts de cette belle commune de Petit-Bourg).

 

Disgressions direz-vous.

 

Hier matin, dans la salle d'embarquement d'Orly Ouest, j'avais quelques instants à tuer après avoir remis ma ceinture, mon gros bracelet en argent, et mes sandales à semelles compensées. N'ayant pas trouvé de Swatch à mon goût, je me suis rabattue vers le marchand de journaux pour essayer de trouver un bouquin sympa. Je n'ai cette fois pas pris le Nothomb, ayant un peu été déçue les fois précédentes. Assez haut dans les rayons, j'aperçus alors la couverture d'un joli bleu layette du dernier Beigbeder (prononcer bégbédé ?). Nourrissant pour vous une certaine tendresse, j'étouffai dans l'oeuf le petit poussin qui me soufflait à l'oreille d'attendre la sortie de l'édition poche, mes étagères dégueulant déjà suffisamment de tigres de papier en tous genres. Et je cédai donc à la tentation. J'aime beaucoup céder à la tentation, malgré mon éducation somme toute pas si éloignée de la vôtre. Ce n'était pas Paris 6ème mais Versailles Château. Heureusement, un Versailles un peu atypique. Encore une toute petite disgression et j'arrête : mes parents versaillais connaissaient cette Guillemette de Sérigné que vous évoquez dans Un roman français. Je revois encore son allure BCBG, et son beau visage aux yeux bleus.

 

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En parlant de tentations, j'ai un jour fait une expérience. Mon grand-père avait pour habitude de laisser des pièces de monnaie au fond des poches de son imper mastic. On m'avait par ailleurs appris au cathé que lorsqu'on fait quelque chose de mal, la voix de votre conscience vous le fait savoir. Voulant connaître le timbre de cette voix, je passai à l'acte et récoltai au moins deux belles pièces de un franc. De quoi s'acheter pas mal de Coco Boer et de Mistrals perdants. Figurez-vous qu'il s'en est suivi un silence assourdissant. Je me suis depuis ce jour nettement décontractée devant l'interdit, pour peu qu'il ne cause pas de tort ni de peine. Il m'est même arrivé de ne pas me laver les dents avant d'aller me coucher.

 

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Recentrons un peu la discussion. Voilà t'il pas qu'installée dans mon siège 42 L (j'aime les places hublôt côté droit de l'avion), je commence à me plonger dans la préface du gros livre bleu. J'étais ravie de partager avec vous le statut de vieux barbon, de dinausore rétrograde allergique à la dématériallisation de l'art et de la communication. J'avoue m'autoriser quelques exceptions, adorant envoyer des mails aux gens que j'aime mais qui ont le mauvais goût d'habiter loin, et également bloguer à certains moments (en général le soir après le turbin et une bonne bière, Carib si possible, brassée à Trinidad). Quelques pages plus loin donc, mon sourire vaguement bovin (comme celui, admirable, des femmes qu'on croise dans le métro) se mua en un rictus ému à la lecture d'une citation "On sait qu'un livre est bon quand on a envie d'écrire à son auteur". C'est malin, j'étais déjà un peu chose (excusez cette hyper-sensibilité toute féminine) mais là ça m'a fait comme l'ultra moderne solitude de Souchon. Des petites larmes pour le plaisir.

 

Petit flash-back d'environ 2 ans. Nous avions décidé ma famille et moi (un mari formidable, 3 enfants normaux et une nièce super extra) d'aller passer quelques jours à New-York, pour sortir un peu de notre cambrousse guadeloupéenne. J'avais pour l'occasion acheté au hasard (mais pas au bazar) quelques livres, histoire de prendre lâchement du bon temps. Là encore, les signes me sont tombées dessus, aussi drus et surprenants qu'une bonne drache. Ily avait :

 

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Mille soleils splendides de Khaled Hosseini

C'est l'auteur des Cerfs-volants de Kaboul. Roman qui démarre peu avant l'invasion de l'Afghanistan par les soviétiques, et qui se termine après le 11-Septembre. Vu depuis deux femmes afghannes, au destin ordinaire et tragique.

 

Douze de Nick McDonell

Roman écrit par un jeune de 17 ans. Vie et décadence des jeunes bourgeois New-Yorkais désoeuvrés. Vu sous l'angle de white Jack, un jeune dealer hors norme. Il ne consomme pas et essaye de préserver ceux qui peuvent l'être. Des airs d'autobiographie. On reconnaît des rues, des magasins, des ambiances de NYC.

 

Saga de Tonino Benacquista

J'en profite pour faire la promo de Malavita et du Serrurier volant. Ce Benacquista là fait aussi de la BD (L'ultra-mangeur). Saga, c'est l'histoire d'une chaîne télé qui passe un contrat avec des scénaristes ultra-loosers, pour qu'ils écrivent une série télé. Peu importe ce qu'ils écrivent, c'est pour atteindre les quotas de production française, et c'est programmé à 2 heures du mat. On s'en doute un peu au départ, la série finit par avoir du succès. Deux des auteurs terminent comme consultants aux Nations-Unies à Manhattan (le bâtiment est juste devant ce p... de tunnel qu'on a loupé pour rejoindre l'hôtel de Brooklyn) : ils sont chargés de fournir des scénarios à l'ONU, qui manque dramatiquement d'imagination.  

 

Windows on the world de Frederic Beigbeder

Ce nécrivain se dévoile beaucoup dans ce livre, et aussi dans Un roman français. Alternance de chapitres de sa vie, et de la vie d'un gars qui a eu l'étrange idée d'emmener ses deux fils prendre le petit déjeûner au resto de la Twin tower Nord, le matin du 11-Septembre.

 

Troublant non ? (aurait pu dire notre regretté Desproges). Tous ces hasards littéraires qui me ramenaient à New-York.

 

J'arrête là mon babillage. J'ajoute simplement que pour le moment, j'ai réussi à résister à la tentation : celle d'aller voir à la fin du livre qui vous avez classé en numéro 1. Il y a quand même des limites à la transgression.

8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 13:15

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La nuit dernière, je me promenais dans la forêt ensoleillée.

C'était pratique, le chemin se présentait sous forme d'un ruban de moquette, qui serpentait entre les arbres et suivait les courbes de niveau. Je m'amusais même à tirer le chemin derrière moi, comme un tapis roulant. Jusque là tout allait bien.

Arrive le moment ou le chemin s'arrête, donc moi aussi. Il faut franchir une pièce d'eau, et pour celà, deux poutres de bois patinées, et inclinées sont à la disposition du promeneur.

Je m'y risque, et bien sûr je glisse, me mouille, m'immerge, et dois prendre appui sur des racines sub-aquatiques pour me sortir de là.

 

Rêveuse oui, mais rêveuse active.

8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 13:04

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La nuit dernière (ceci est donc un rêve, les supermarchés sont fermés la nuit), j'étais au supermarché avec mon fils Xzorg (il tient à garder l'anonymat). Dans mon caddy entre autres, deux grosses tablettes de chocolat au lait. Vient le moment de payer, le chocolat est déballé et je le goûte. Horreur, c'est du chocolat noir. Et pourquoi donc Xzorg a-t-il déballé les deux tablettes ? La caissière lui fait gentiment remarquer qu'il faut trouver le papier avec le code-barre.

Xzorg va donc chercher dans les poubelles, et revient evec un vieux bout de papier froissé et gluant.

Y'en a je vous jure !

30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 23:24

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Jongleur perdant la boule. 

 

 

La journée avait bien commencé.

 

Quoi qu'un peu stressante.

J'avais été invitée aux premières assises du patrimoine naturel et de la biodiversité (excusez du peu), pour parler du Cra Cra. Qu'est le Cra Cra ? Une espèce de Martin-pêcheur devenue très rare en Guadeloupe. Je ne m'étends pas sur cette bestiole (une autre fois si vous insistez), car là n'est pas le sujet.

 

Or donc, après mon baratin, il y avait une table ronde (elle était rectangulaire, nous avons donc résolu, non pas la quadrature, mais la rectangliture, du cercle), une table ronde disais-je sur le thème de quelque chose du genre "Biodiversité et identité". A laquelle étaient conviés Laënec Hurbon (philosphe Haïtien), Hector Poulet (lexicologue Guadeloupéen), et Patrick Chamoiseau (écrivain Martiniquais).

 

Bon, le premier type, je n'ai rien retenu. Ilétait sûrement très calé, directeur de recherches au CNRS et tout et tout, mais même en faisant un effort, je ne peux rien en dire.

 

Le 2ème type, Hector Poulet, c'est déjà autre chose. Une bonne tête de Guadeloupéen, cheveux blancs je crois. Un vase avec des fleurs d'hibiscus devant lui. Comme une histoire racontée aux enfants, il explique qu'on pourrait faire de l'île une île aux fleurs si nous nous armions chacun d'un petit pinceau. Pour aller féconder des fleurs d'hibiscus et ainsi en créer avec de nouvelles couleurs, peut-être plus résistantes à ces saletés de bestioles qui font que maintenant, il n'y a presque plus de haies d'hibiscus de par chez nous. A ce sujet, je dois relever une erreur cher Hector, ce ne sont pas des cochenilles mais des acariens qui réduisent à néant les hibiscus.

 

Le 3ème type, Patrick Chamoiseau lui-même (Chronique des sept misères, Texaco, L'esclave vieil homme et le molosse...). Une tête penchée sur le côté et souriante derrière des lunettes à fines montures. Une voix douce et chantante. Un discours intéressant sur la nature et les hommes. Un type vraiment sympathique. A la pause, j'ai pris sur moi pour aller lui parler, en évitant l'écueil du "J'aime beaucoup ce que vous faites".

 

Voilà, c'était ma rencontre du 3ème type...

25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 22:28

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Voilà ce que c'est que de s'absenter deux semaines de chez soi. D'abandonner veaux vaches cochons couvées et enfants à leur triste sort. (et à leur père). D'aller se pavaner au château et au restaurant en bonne compagnie. Comme on dit dans mon milieu professionnel, j'étais en mission. M'en suis-je acquitée ? Je le saurai peut-être lors du jugement dernier, face à un Saint-Pierre qui doit être bien fatigué depuis le temps.qu'il fait passer des auditions pour le grand casting.

 

Après une semaine à ce régime versaillais, direction le sud-est. Je connaissais pourtant un peu Montpellier, mais je n'en gardais pas un souvenir impérissable. Trop sec. Trop de monde. Telle la petite provinciale empruntée, je sors de la gare et mets un moment à m'orienter pour trouver l'hôtel d'Angleterre. Un bon point, la chambre est sous les toits, mignonne et avec une jolie vue.

 

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Je déambule dans la fraîcheur du soir et dans les ruelles. Je trouve un restau qui me plait, et dîne seule à une table immense. Je dessine les amoureux qui sont à l'autre bout de la table. Comme ils sont amoureux, ils ne s'en rendent pas compte. Le reste de la semaine est partagé entre des rendez-vous de boulot qui me stressent un peu sans raison, et un colloque sur la question compliquée de "comment gérer au mieux et dans un monde meilleur un maximum des gènes que mère nature nous a donnés ?". Une réponse parmi 100 autres : "manger moins de viande". Just do it.

 

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Ce qui est cool quand on est "en mission", c'est que quand on a fini de bosser, on n'est pas obligé de rentrer chez soi, et on peut traîner avec les collègues.et amis dans la lumière mordorée. Monter en haut de l'Arc de Triomphe en s'immiscant dans un groupe de visiteurs. Shooter des passants aux allures exotiques.

 

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"... bancs publics, bancs publics, ont des ptites gueules bien symapthiques..."

 

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Sandales dorées de Louis le quatorzième, dont la statue fut érigée (une première), extra muros parce qu'il n'y avait pas de place à l'intérieur de la ville. Gros scandale je ne vous dis que ça.

 

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Est-ce que j'adhère au lampadaire ? 

 

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Pendant ces deux semaines, pas question de bloguer, la vie c'est mieux. Mais alors dans ce cas, le blog rank, il se casse la gueule !

5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 23:20

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Eh bien  Claude François se trompait lourdement.

"Le lun-di-au soleil, c'est-une-cho-se qu'on aura ja-mais, cha-que fois c'est pareil..."

 

D'habitude ici (16° N - 61° O) pour la rentrée des classes, soit il pleut des trombes, soit il fait une moiteur étouffante, accentuée par le petit coup de stress de revenir dans la cour de l'école.

 

Rien de tout celà ce matin. Parce que grâce à une de ces tempêtes tropicales qui passent au loin et aspirent les nuages, le ciel fut dégagé cette nuit. Ainsi la terre a pu évacuer un peu de chaleur, par le phénomène bien connu de la radiation. En d'autres termes, nuit et matin frais. Donc chaîne de montagnes vierge de tout nuage, et ciel cobalt insolent.

 

Insolent comme le fils du milieu dont c'était la rentrée. Pour tout bagage, deux bouts de papier et un crayon glissés dans la poche. Le fils petit, c'est demain matin. Très légère appréhension pour cette bleusaille du collège. Le fils d'en haut, il vient de partir avec son père pour Basse-Terre, le chef-lieu de canton, les bras chargés de victuailles. Il dort ce soir pour la première fois dans sa coloc.

 

Pour qu'on se rappelle de cette journée quand même un peu particulière, la terre a tremblé, très légèrement, à 15h35 cet après-midi.

 

Il faut de tout pour faire un monde d'enfants, mais que c'est dur parfois de quitter sa maman.