23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 20:58


Classique, j'achète quelques bouquins à la boutique de la presse de l'aéroport pour passer le temps entre Paris et Pointe-à-Pitre. Je ne résiste pas à l'appel de Tardi et Benaquista, et j'absorbe le truc comme une tablette de chocolat au lait, entre deux trous d'air (même pas vrai, c'était d'un calme).

Alors ça se lit comme une BD bien qu'il n'y ait que très peu de dessins.
C'est tellement dépouillé que parfois on croit que deux pages sont collées.
Le héros est tellement humain, fragile, ordinaire et satisfait de l'être.
Puis tellement explosé, touchant le fond, n'en remontant pas, dérivant, atteignant finalement des rivages possibles.
Puis reconstruisant par hasard ce qui pouvait l'être.
Enfin, sortant par le haut, en n'étant plus si pressé que la fin du monde arrive.

Prends-en de la graine bibiche.
23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 19:34


Le 20 janvier, notre unité de recherche était évaluée.
Le 20 janvier, c'était le jour de l'investiture de Barak Obama, premier président noir des Etats-Unis.
Le 20 janvier, c'était le début du mouvement LKP en Guadeloupe, dont le porte-parole est Elie Domota.

LKP, c'est Lyannaj Kont Profitasyon. Ca nous a fait sourire.

"Chouette, pas d'école pendant quelques jours" ont dit les enfants. Nous pensions tous qu'il y en aurait pour moins d'une semaine sans essence et sans transport, puis que tout rentrerait dans l'ordre comme les autres fois

Mais les semaines ont passé.

Quand même, en lisant les revendications du LKP, on s'est dit qu'ils avaient réfléchi à pas mal de problèmes, et qu'ils les posaient bien.
Le gouvernement n'avait pas l'air franchement intéressé par la question.
Puis nous avons vu débouler lou ravi, alias Yves Jégo. Formidable, il écoutait bien, comprenait, et arrivait assez vite à un accord.



Avant de jouer la fille de l'air juste avant la signature de l'accord du 8 février.

Les enfants n'allaient toujours pas à l'école, et commençaient à tourner en rond. Le recteur avait bien dit "Allez, jeudi c'est la rentrée" mais RFO disait mercredi soir "Les écoles seront fermées demain". Et RFO disait jeudi "Quelques écoles étaient ouvertes, mais les parents ont préféré garder leurs enfants à la maison".

Nous roulions le moins possible pour garder un peu d'essence au cas où. Virées fréquentes à vélo pour aller chercher à manger. Davantage de temps passé avec les enfants. Moins de travail, le coeur y était de moins en moins. Beaucoup de VTT pour moi. Finalement une vie plus agréable, sachant que nous serions payés à la fin du mois.

Et entretemps, le LKP devenait de plus en plus intelligent, ne tombait pas dans les pièges, et gardait le cap. Certains devraient s'en inspirer. Gardait des biscuits qu'il sortait au fur et à mesure. Le dernier biscuit fut la consignes de durcir le mouvement, et de bloquer la circulation.


Nationale 1, rond-point de Colin

Les enfants n'allaient toujours pas à l'école, mais nous les faisions travailler un peu, avec l'aide de Catherine, qui n'a pas hésité à venir passer ses vacances ici malgré tout.

Et puis forcément, ça s'est emballé puisque les routes étaient bloqués. Les gendarmes et autres policiers ont fait leur boulot, les grévistes ont fait leur boulot, les casseurs ont fait leur boulot. Un mort dont on a beaucoup parlé (syndicaliste, membre du groupe phare de Carnaval Akyio, tué par ? un jeune casseur au retour de la réunion du LKP). Et un mort dont on a très peu parlé (membre du club cycliste de Saint-François, a malencontreusement percuté nuitamment et en moto un barrage du LKP).

Le gouvernement a lâché du lest (OK pour financer les charges liées aux augmentations de salaires, OK pour des primes), les patrons ont lâché un tout petit peu de lest (OK pour 50 à 70 Euros d'augmentation de salaire), le LKP n'a pour le moment rien lâché (à part laisser les supermarchés ouvrir ce week-end, ainsi que quelques stations essence).

Et puis évènement important (tout est relatif ma brave dame), nous avons trouvé une bouteille de gaz. Ce n'est pas rien de pouvoir se faire à manger à peu près normalement.

Nous en sommes là. Au-delà des problèmes de vie chère, tout un tas de questions se mélangent dans nos têtes brunes, blondes, noires, chabines, indiennes... Tout le monde se parle. Sommes-nous à un tournant historique ? L'évolution statutaire sera-t-elle un jour possible dans de bonnes conditions ? Comment les petites entreprises vont-elles se relever ? Comment ce petit pays à l'hitoire compliquée et parfois dramatique va-t-il se prendre en main ?
8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 22:17


Mais qu'est-ce donc là ?

Des morceaux de cactus semés par le petit poucet pour retrouver son chemin ? Pas du tout.
Un quimbois destiné à éloigner les soucougnans et autres mauvais esprits ? On s'approche.
Des morceaux de cactus déposés par une vosine selon une logique qui m'échappe (tantôt le matin, tantôt le soir), à l'entrée de chez elle. Histoire d'éviter que des personnes mal intentionnées n'empiètent sur sa propriété ? Oui.

J'ai assez envie d'y passer en catimini pour ajouter des fleurs. Mais ça risquerait de jeter le trouble dans l'esprit de cette femme, qui n'en a probablement pas besoin.

Pour conclure, le ciel du soir, espoir (que l'école reprenne demain après 3 semaines de grève).

4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 17:55
Ce jour-là à Paris, c'était ti fifine glacée. Le blouson de cuir joli mais idiot ne suffisait pas à endiguer stupeur et surtout tremblements. Fils et mari, les poches garnies de tout Eiffel négociées par Swan, ont regagné de plus douces pénates.

La Miche et moi, n'écoutant que notre ardeur à découvrir le monde, avons préféré traîner nos savates jusque vers l'Hôtel Salé (mais qu'est-ce donc ?), autrement nommé Musée Picasso.



Jeu de mirroirs dans la cour d'entrée.

Antoine nous avait rejointes. Rien à voir avec l'affluence du Grand-Palais, nous pumes nous en mettre tranquillement plein les mirettes. Petits extraits volés à la barbe des gardiens.



Zoom sur un animal métallique.



Oui, c'est bien ça.



Madame squatte les carnets de notes.



Enclin au clin d'oeil.



Coupure de journal.



Avant, après.

Nous sommes en 2009 et vous n'allez pas assez au Musée... Tchao bonsoir.
2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 23:04

Seulement trois mois de retard pour évoquer une courte escapade à Terre-de-Bas des Saintes. Si si, ça existe, c'est en France. Là encore, nos ambitions étaient d'aller en Dominique, tout collait, sauf le voyage de retour, pas de place dans le bateau.
Alors un coup de voiture jusqu'à Trois-Rivières, on loupe juste le premier bateau, puis nous voguons sur un frêle esquif jusqu'au cul du monde.
J'évite la narration chronologique, souvent lassante pour le lecteur. Je ne retiens que les temps forts de ces quelques jours.

 

Une randonnée en solitaire sur une trace qui longe d'abord les falaises. Je tombe sur une scène naturaliste que je ne m'explique pas. Clairière dans une forêt sèche, je tombe en arrêt sur une kyrielle de papillons de jour, genre citrons, mais plutôt blancs, agglutinés sur des plantes herbacées. Dès mon arrivée, ils s'égaient, puis reviennent petit à petit. J'arrive à m'approcher, et à les croquer.



Il ne manquait plus que la fée Clochette débarque. Ce qui m'a étonnée, c'est que ces papillons ne butinaient ni ne s'accouplaient. En RTT peut-être ?

 

Un peu plus loin, une vue imprenable sur Terre-de-Haut, l'Ilet Cabri et le Pain de Sucre.

 

 

Le lendemain, nous avons fait la trace en famille, en fin de journée. Rencontre avec trois couleuvres allant du jaune au noir. Passage en forêt sèche, en lit de ravine pierreux, en savane à flanc de colline au couchant, puis en forêt de Bois d'Inde.

Retour au gîte, où ils proposent en plus de chambres quasi classiques, une cabane pour deux et un tipi en bois, voir ci-dessous.



A essayer...
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 23:42

C'est comme un retour en arrière, un bain de jouvence, un truc du genre c'était mieux maintenant.
Lorsqu'il y a une vingtaine d'années j'ai rencontré le père de mes enfants, un des facteurs déclenchants, non pas du coup de foudre, mais de l'admiration (à mon avis  nécessaire à l'amour) que je lui portai (passé simple, pas de s), or donc ce facteur (qui n'a pas toujours sonné trois fois), c'était qu'il jouait du saxophone.



Il en joua jusqu'au jour (par ailleurs béni) où nous procréâmes. C'est écrit dans les livres que la créativité est liée à une certaine disponibilité de l'esprit, et il est connu dans tous les foyers de France, de Navarre et d'ailleurs que la présence de rejetons induit un certain manque de disponibilité de l'esprit.
Ce qui explique que depuis quelques 15 années, le saxophone est resté dans sa malette, en proie non seulement à une angoisse existentielle, mais de plus à une corrosion délétère. Plus rien à en tirer du biniou, il est cuit et re-cuit.

Mais alors c'est quoi cette photo de Bubu qui nous fait Charlie Parker ?

Eh bien comme on l'aime vraiment beaucoup, on lui en a offert un pour son anniversaire il y a 3 jours.
Depuis, il fait ses gammes et plus car affinités, il est d'excellente humeur et nous aussi.

24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 15:38
J'ai tardé à vous rapporter quelques mots sur l'escapade de mon aîné dans les Alpes cet été. La Grave, ça vous dit quelque chose ? Un petit coup de Google earth ou autre Mappy, et vous vous retrouvez au pied de la Meige. Ce cher petit s'était fait inviter à passer deux semaines dans le chalet de la famille Pugliesi-Conti.



Les affreux chanceux ont fait une course en montagne, sur la Meige orientale. Le gaillard se paie un coup de génépi au refuge de l'Aigle.





Le lendemain, ils vont jusqu'au sommet. Pas de commentaire qui vaille la peine.
21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 20:20
Un de ces week-ends où rien ne va vraiment, à part le temps qui s'est remis au beau après trois semaines d'intense saison des pluies. Je décide donc de sortir de ma tanière (les peintures s'écaillent, ça sent la pisse de chat), et je me dirige d'un pas alerte vers un coin de la Lézarde que je n'ai pas arpenté depuis des années.



Entre septembre et octobre, les bambous poussent, d'où ces grandes tiges pas encore alourdies par les feuilles, qui ponctuent le paysage. Dans quelques semaines, le poids du feuillage fera se recourber les tiges. Derrière cette touffeur, si vous tendez l'oreille, vous allez entendre le petit grondement de la Lézarde. Depuis des semaines, ce sont crues sur crues, qui ont modifié les berges et charrié vieilles branches et terre brune.

Pour arriver jusque là, je suis passée dans un vallon détrempé, fréquenté par quelques peaux de vaches (au sens propre). Bêtement, j'ai apporté mon petit boîtier à ultra-sons, car depuis quelque temps, j'ai peur des chiens. Pas des chiens créoles, mais de ces clébards idiots à gueule large qui font régulièrement la une des journaux. La dernière fois que je montais en vélo sur la route au-dessus de chez moi (j'avais mon boîtier), je lève le nez et aperçois un molosse qui m'attend de pied ferme sur le trottoir. N'écoutant que mon courage, j'effectue un demi-tour sur place sans oser imaginer une seconde me servir des ultra-sons. Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas très à l'aise dans mon vallon détrempé et néanmoins baigné de soleil. La solitude du lieu m'angoisse, une grande fille comme moi.

Les sens en éveil et les pieds dans la gadoue, j'arrive au bord de l'eau, qui sinue entre l'ombre et la lumière. Je pose mes fesses sur une pierre, et je finis par me laisser rassurer par la nature. Si les oiseaux sont tranquilles, il ne devrait pas y avoir de méchant chien ni de méchant homme. Je crois que je me sens un peu comme le petit chaperon rouge.



Quelques dessins plus tard, je reprends mon chemin, je quitte le cours d'eau dérangeant pour retrouver le cours des choses. 
Sinon, c'est quand même vachement difficile de représenter les herbes vertes avec un crayon noir. 
26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 21:55
Je ne vois pas le jour, tenaillée par le doute. Arriverais-je à mener à bien ce sdgqsfjlfh de rapport à rendre pour le 10 octobre ?? Angoisse du petit jour, apaisée par le rosissement de l'horizon (quoi qu'avec le temps de chiotte qu'on a en ce moment, le rose est tout relatif). Euphories passagères, lorsqu'après une heure passée à grignoter mes doigts (l'os n'est pas loin), consulter mes mails dès qu'ils arrivent, lancer un petit café, ô merveille, j'arrive à démarrer sur la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Mais l'accalmie est de courte durée, j'ai le coeur au bord des lèvres quand je constate que mon collègue X a complètement dévié sur le contenu du projet.

Bon, comme dab je finirai bien par y arriver, mais c'est sûr si dieu me prête vie, je me fais une bonne séance de shopping le 10 après-midi.

Etant bien évidemment dans l'incapacité de vous raconter des trucs intéressants ou amusants, je vous parle donc au travers de clichés.



Notre petit dernier, Furax, champion de la sieste.



Et sa soeur La flamèche, pas mauvaise en trotinette.



A quoi rêvent les enfants et les chats ?
11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 20:02



Certains d'entre vous avaient été informés que les Bubu projetaient de partir au bout du monde pour leur semaine de vacances estivale : la Dominique, située à environ 80 km de chez eux à vol de frégate. Avouez, vous êtes étonnés de ne pas en avoir d'écho sur ce merveilleux espace de communication et d'expression qu'est la blogosphère. Je dois avouer bien piteusement que notre détermination a fléchi à l'écoute du bulletin météo (sale temps, mer forte, dégueulis assuré). Le manque d'enthousiasme des aînés à partir peu avant la rentrée a également contribué à notre capitulation, et à un repli vers une destination moins exotique : Deshaies.

Adieu donc rastas, boiling water lake et autres Boas constrictors. Mais j'en ai profité pour exhumer mes crayons et ma boîte d'aquarelle. Première tentative, dont je ne suis pas mécontente, le dessin ci-dessus, qui explique le titre de cet article (Richesse, le nom bu petit bateau). Tout en crayonnant, les fesses dans le sable de la plage de Grande-Anse, mon inconscient me chuchotait des choses et j'avais une impression de déjà vécu, que j'ai mis sur le compte du soleil couchant qui me tapait sur la tronche. De retour au gîte, je m'empresse de montrer mon oeuvre à mon fan-club, et au même moment, la connection neuronale s'établit : j'ai déjà dessiné ce bateau il y a longtemps, au même endroit.

De retour à la maison après trois jours de bullage relativement intense, je me dirige sans hésiter vers la petite étagère jaune et bleue où est rangée une aquarelle que j'avais prêtée à Daniel, et qu'il a eu le mauvais goût de me restituer par la force des choses. La voici, j'ai vérifié, elle date de novembre 1988.



Alors c'est sûr, il y a des petites différences, mais Richesse est là, entre deux amandiers. En 20 ans, l'amandier a poussé, les abris de tôle ont été remplacés par une coquette case en bois, et Richesse s'est détériorée. Je ne sais pas pourquoi, cette petite histoire m'a rendue assez guillerette.

Rendez-vous dans 20 ans pour le jeu des 7 erreurs.