25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 01:47
Case en Dominique

Case en Dominique

Pendant que c'est encore frais dans ma mémoire, mais après quelques jours de décantation.

Un post c'est comme du vin, il faut le laisser s'aérer avant de le servir.

Les Saintes et la Dominique, avant

Les Saintes et la Dominique, avant

Troisième alerte cyclonique en moins de trois semaines, on croit rêver. A priori rien de méchant mais trajectoire prévue sur Petit-Bourg. Bon ça c'était avant : au final ce sera la catégorie 5, et il passera un peu plus au sud, en plein milieu de la Dominique, puis juste au ras des Saintes.

On quitte le boulot à midi, histoire d'aller ranger et barricader ce qui doit l'être. Toujours cette sorte d'exaltation quand on sent que la nature va sortir de ses gonds. Petit dîner en famille, c'est la tradition !

Puis je rejoins ma case, et ferme pour une fois à triple tour. Il n'y a pas de fenêtres, juste des volets de bois ce qui est bien pratique.

Je tombe de sommeil et m'endors malgré le vent qui commence à bien souffler.

Sur le coup de minuit, je suis réveillée par un grand bruit. Une branche qui est tombée sur le toit ? Je ne sais pas. Ça devient sérieux, le vent ne fait que monter jusqu'à deux heures du mat. Parfois de brèves accalmies et ça repart.

Merci whatsapp, je babille avec quelques copains. Rassure Valérie qui trouve que ça fait beaucoup de bruit. Dans la nuit, je me risque sur la terrasse, j'ai vraiment envie de voir. Je suis saisie par l'odeur. De végétaux hachés menu, qui jonchent la terrasses et les alentours. C'est très beau de voir les palmes des cocotiers se balancer de tous côtés.

Je me recouche. Je n'ai pas peur, j'ai confiance dans ma petite case. Au pire si le toit part, j'irai sous mon lit. La trouille peut-être quelques minutes quand même, au plus fort de l'ouragan. Je dirais vers deux heures et demie. Je crois que je finis par m'endormir vers 4 heures.

Aime comme Maria

Au petit matin ça souffle encore bien, je sors, et tombe sur François. Nous partons en reconnaissance dans le jardin, casqués !

Aime comme Maria

Un arbre a pain a chu sur le trampoline. Le bout d'un autre sur la voiture d'Anna sans causer de dommage. Deux avocatiers sont maintenant trèès penchés. Un cocotier bloque la sortie, ainsi que quelques arbres dans le chemin d'accès.

Aime comme Maria

Le poteau électrique est presque par terre mais curieusement nous aurons toujours du courant. L'eau est coupée, mais elle revient dans l'après-midi. 

 

 

Aime comme MariaAime comme Maria

C'est toujours alerte grise, donc seuls les secours sont autorisés à circuler. Nous allons malgré tout explorer un peu les environs. Beaucoup d'arbres et de poteaux électriques par terre, avec les fils qui vont avec.

Aime comme MariaAime comme Maria

Les routes sont très encombrées de débris végétaux. Je pousse en vélo voir les amis de Lamothe, ils s'ennuient. Nous faisons une petite balade en prenant garde à ne pas toucher les fils électriques...

Aime comme MariaAime comme Maria

Le vent faiblit, la pluie tombe, et nous passons la journée à tronçonner, déblayer, ramasser les avocats et prunes de cythère, débiter un coeur de palmier, nettoyer les terrasses, lessiver les murs incrustés de milliers de fragments de feuille. Une fois les murs lessivés, c'est moi qui le suis, et je tombe comme une masse à 8 heures du soir. 

Aime comme Maria

Le lendemain sera ponctué de nombreuses visites, les amis viennent prendre des douches, recharger leurs téléphones, faire un petit coup d'internet... et aussi manger avec nous. Au final peu de tracas pour nous. Le jardin est maintenant bien éclairci. Les maisons n'ont pas souffert.

Avocatier juste un peu penché

Avocatier juste un peu penché

C'est une autre histoire pour ceux des Saintes, du sud Basse-Terre et de la côte sous le vent. Et surtout pour les habitants de la Dominique. 

7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 00:59
Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Mardi en fin d'après-midi. Il ne faudrait pas mais je vais voir la mer. Tellement calme.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Un peu d'eau commence à tomber. Je rencontre un ami, nous sommes seuls sur cette plage. Il me montre les tarpons qui rôdent. L'un d'eux saute hors de l'eau.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Le niveau de la mer est haut. On m'a expliqué que c'est à cause de la pression atmosphérique qui est très basse pendant le cyclone. Alors la pression sur la mer est moins forte, et le niveau monte.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Les pélicans pêchent très près du bord. Il y a sans doute un tas de pisquettes.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Les petits crustacés, qui traînent sur les sargasses échouées, sautent dans l'eau de mon aquarelle.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Il est temps de partir. D'ailleurs les yen-yens me dévorent. Et des policiers viennent me dire gentiment que je dois rentrer chez moi. "On est en alerte rouge madame".

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

La nuit aura été peuplée de rêves étranges. Et d'insomnie car toujours pas un souffle de vent alors que nous sommes dans le cyclone. Je sens mon matelas faire un petit bond et puis plus rien. La terre a tremblé.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Au matin, je me plais au jeu des reflets, près de la rivière.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Et sans attendre, je retourne à la mer. Peu de vagues dans le Petit Cul-de-sac Marin, abrité par la Grande-Terre et les récifs.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Le trafic est toujours aussi intense sur cette bande qui sépare les éléments.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Les frégates sont les grapheuses du ciel.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

On se serre les rémiges en attendant des jours meilleurs.

Pour ceux de Barbuda et des îles du Nord

Je pense à ceux que le cyclone a frappés, tout près de nous vers le nord. Le soleil reviendra.

6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 01:29
Colin en bas d'chez moué

Colin en bas d'chez moué

Incroyable.

 

A peine arrivée sur notre belle île, et alors même que les vents sont proches du zéro infini, l'impact est déjà abassourdissant.

 

Vous voyez cette route ? Quatre mois qu'elle était en travaux, quatre mois qu'on se tapait la déviation.

 

Eh bien aujourd'hui la voie est libre. Merci Irma !

5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 15:17
Dédicace Zabou

Dédicace Zabou

Moment de couleur. Blanc cette fois-ci. Blanc n'est pas une couleur je sais mais je fais comme si. 

 

Blanc comme le temps qui semble s'être arrêté.

Blanc comme pas de vent car avant le vent il n'y a pas de vent.

Blanc comme Adèle Blanc-Sec qui me souffle à l'oreille des messages d'optimisme.

Blanc comme mon coeur, qui se serre à l'idée de ceux pour qui le vent va détruire ce qui leur est cher.

Blanc comme le ciel à cette heure, avant qu'il ne devienne noir et zébré d'éclairs.

Blanc comme les pages que je vais plus tard colorer, pour capturer un peu de ce qui va passer.

1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 01:05
La preuve que je ne rêve pas

Ouh la la ça marche comment déjà Overblog ? Depuis des mois, je cède à la facilité de l'icône bleue et blanche. Quoi de plus simple que de balancer des images, plus ou moins légendées ? Et d'espérer un peu bêtement que ça suscite l'enthousiasme des foules, symbolisée par des petites mains et parfois même des coeurs.

La preuve que je ne rêve pas

Ceci dit, je n'ai rien contre les mains ni les coeurs, bien au contraire. Le sujet de cet article (y a-t-il vraiment un sujet, je ne suis pas sure), pourrait peut-être démarrer autour des mains.

La preuve que je ne rêve pas

Ce matin, j'ai pris sur moi de ne pas céder à l'envie de traîner au lit comme je le fais depuis quelques semaines, période d'été oblige. Et plus je me levais tard (parfois 7 heures, vous imaginez ?), moins j'avais envie de me lever. Et plus je ressassais quelques bricoles n'ayant aucune importance d'un point de vue intersidéral, mais considérablement importantes du point de vue de mon nombril. Qui est (tout comme le vôtre), un des innombrables centres de l'univers.

La preuve que je ne rêve pas

Je viens de finir un livre de Bernard Werber, Le sixième sommeil. Je ne le conseillerais pas vraiment mais je l'ai terminé quand même. Comme ça traite des rêves, forcément ça m'a intéressée, moi qui suis grande rêveuse devant l'éternel, et derrière mon oreiller. Et quand je lis des trucs sur les rêves, je me rappelle mieux de mes rêves. J'ai même un petit cahier et un bic à demeure dans mon plumard pour noter au réveil.

La preuve que je ne rêve pasLa preuve que je ne rêve pas

Un de mes fils adorés m'a souvent briefé sur les rêves lucides, qu'il rêve de faire (enfin je me comprends). Le rêve lucide, messieurs-dames, c'est un rêve que l'on fait tout en étant plus ou moins conscient qu'on n'est pas dans la réalité. Ce qui peut permettre de délirer un vieux coup sans aucun risque. Mais c'est énervant, parce que bien que nos rêves nous mettent le plus souvent dans des situations complètement extravagantes, nous ne sommes pas fichus de nous en rendre compte.  

La preuve que je ne rêve pas

"Je participe à une émission de télé. On fait venir ma Maman, elle est dans son jeune temps : brune, belle et souriante. Elle est venue pour montrer ses seins, ce qu'elle fait en les dégageant de son corsage, un peu comme Margot pour donner la gougoutte à son chat. Je n'ai pas honte, je trouve ça plutôt joli" (rêvé le 26 juin 2006, alors que ma mère avait 82 étés). J'aurais quand même pu me douter que je rêvais non ?

La preuve que je ne rêve pas

A ski paraît (coucou Bruno, ça serait chouette qu'on refasse du ski ensemble), un moyen d'essayer de basculer dans un rêve lucide, c'est de regarder ses mains, ou un miroir, ou ses whatsapps, lorsqu'une situation vous paraît louche. A force de le faire dans la réalité, nous aurons peut-être l'idée de le faire dans un rêve, et il semble que ces petits gestes quotidiens ne soient pas possibles en rêve.  

La preuve que je ne rêve pas

Hier, il m'est arrivé un truc extraordinaire : il s'était mis à pleuvoir, et pour une fois j'avais mon parapluie. Alors j'ai regardé mes mains, mais elles étaient là. Raté. 

Je ne désespère pas d'y arriver. Mais finalement pour quoi faire ? Que ferais-je en rêve que je n'ose pas faire en vrai ? Ce sera peut-être mon prochain sujet, vous n'êtes pas sortis de l'auberge !

Postface - Ce matin, en plus de me lever tôt, j'avais plus ou moins décidé que la vie serait belle. La réalité ne m'a pas contredite.

 

Post-scriptum - Toutes les photos ont été prises en ce dernier jour d'août. Toutes (sauf la première) ont dérobé une part de l'âme de la plage de Viard.

La preuve que je ne rêve pas
19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 00:41
Du côté de chez Catherine (2)

Catherine est mon amie peintre. Elle donne des cours, et en fin d'année organise l'expo de ses élèves. Quelques extraits cadrés et chipés samedi sur les murs de l'atelier. 

 

Merci à ces artistes dont je n'ai pas noté le nom.

Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
Du côté de chez Catherine (2)
7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 00:02
Roland et Georges
Roland et Georges

Roland et Georges

Roland Dorgelès : 1885 - 1973

Georges Pavis : 1886 - 1977

 

Contemporains donc.

 

Le premier a écrit "Les Croix de Bois", un récit du quotidien des soldats durant la guerre de 14-18. Ha, j'apprends sur wikipédia qu'il a ensuite travaillé au Canard Enchaîné !

 

Le second, mon grand-père, a illustré ce livre de guerre. J'en ai un exemplaire unique, avec des dessins originaux supplémentaires. Je suis tombée dedans depuis quelques jours, et je ne peux m'en détacher. Ce ne sont pas seulement des récits de combats et descriptions des collègues morts dans le champ de betteraves. Mais aussi leur vie de tous les jours. Incertaine, gouailleuse, accompagnée des "poux" (plutôt des morpions je crois), la soupe servie en retard, le vin indispensable, l'espérance de rentrer chez soi (et pourtant nous ne sommes qu'en 1915 pour le moment).

 

Je ne sais pas si mon grand-père et Dorgelès étaient dans la même compagnie et ont vécu ensemble les tranchées et le reste.

 

Mais je lis de façon appliquée ce récit, je vois tous ces dessins à la fois magnifiques et terribles. Je dois poursuivre cette lecture, et pour une fois je lis lentement. 

Je n'en reviens pas, ce livre a failli à avoir le prix Goncourt en 1919 ! Coiffé au poteau par ce bellâtre de Proust, et ses Jeunes filles en fleurs. Moi j'aurais préféré les hommes des tranchées aux jeunes filles en fleurs.

 

Je peux donc me vanter d'avoir failli avoir un grand-père illustrateur d'un prix Goncourt !

 

Je suis néanmoins de plus en plus fière de lui, avec qui j'ai vécu jusqu'à l'âge de 18 ans, l'année de sa mort. Et qui m'a donné le goût d'observer et dessiner ce qui m'entoure.

5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 01:20
Je m'appelle André et vous ?

Où il fut question de mai 67, de soucougnans et du bon dieu. Entre autres.

City on fire, c'est le gros bouquin que j'essaye désespérément de lire en ce moment. Jamais moyen de retrouver ma page. Du mal à suivre. Et quand je m'endors avec ça fait mal, 1244 pages qui me tombent sur le museau. 

 

J'avais donc apporté ce livre vendredi soir quand je m'en fus prendre une bière Place de la Victoire à Pointe-à-Pitre, pour tuer le temps. En l'occurrence les 90 minutes de la rando roller de Swan. En me disant "Avec un gros bouquin comme ça, je ne vais pas me faire embêter".

Je m'appelle André et vous ?

Pour changer un peu, je me siffle une Corona, gentiment servie par une dominicaine joviale, et dans un environnement marqué par de nombreux décibels tendance Merengue.

 

Et ça ne loupe pas. J'en suis à peine au prologue ("Nous avons rencontré l'ennemi, et c'est nous"), qu'une personne de sexe masculin m'adresse la parole. Et me demande fort ta propos ce que je je lis tout en me faisant remarquer que c'est un gros livre.

 

Le bougre était muni d'un bol de soupe qui me fit saliver. Je l'accueillis donc à ma table puisqu'il me l'avait demandé gentiment. Aussi parce qu'il n'y avait pas d'autre table de libre. Pendant tout le temps de notre conversation (que j'évalue à une petite heure), je ne sais s'il loucha sur mon décolleté, mais j'avoue avoir louché tout le temps sur sa soupe.

Un bébélé sinon rien

Un bébélé sinon rien

Nous démarrons sur mai 67. Il m'affirme que les historiens ont menti. Ce ne furent pas 200 morts mais 8 morts. Huit de trop, mais 8 morts.

 

Le gars est érudit et connaît bien mieux que moi toute l'histoire de l'esclavage. Quand je m'indigne du code noir, il réagit vivement. "Mais le code noir était une bonne chose. D'ailleurs, les colons n'aimaient pas le code noir, qui donnait des droits aux esclaves. Moi, je suis descendant de nègre marron".

Je lui fait remarquer que jamais les métis ne revendiquent leur part blanche. "Et pourtant, nous sommes descendants d'esclaves et d'esclavagistes" me dit-il.

 

Ce monsieur était enseignant. Il me raconte que lorsqu'il était en poste en Guyane, un élève vint se plaindre à lui. "Monsieur, il m'a traité d'haïtien". "Mais idiot, tu es haïtien" lui répondit-il.

© Le blog de Nanie

© Le blog de Nanie

Virage dans la conversation, j'évoque les soucougnans. Immédiatement il réagit. "Mais les soucougnans existent. J'y ai été confronté à trois reprises". Je lui demande de me rafraîchir la mémoire sur les soucougnans, n'ayant qu'une idée vague de ce qu'ils sont.

 

"Les soucougnans sont des femmes. Parfois des hommes. Elles se transforment en animaux et bêtes de toutes sortes, piquent, et prennent le feu".

 

Il me raconte en détail ses trois expériences de soucougnans, que j'essaie de vous résumer ici.

© Eric Schmuttenmaer

© Eric Schmuttenmaer

"Près de chez ma Maman, il y a eu un éclair. Alors elle a dit "Tiens, c'est Amélie !". Et le soir, nous avons trouvée Amélie brûlée".

Maison Murville à la Lézarde

Maison Murville à la Lézarde

"Un soir, il y avait une forte lumière derrière la case de Siméon, qui n'était pas là. Il revient le lendemain et nous lui demandons s'il avait mis une lumière. "Une lumière ? Ha ! C'est surement Ernest, je vais lui régler son compte !". Siméon a disparu trois jours dans sa case, et trois jours plus tard, Ernest était retrouvé mort".

A la Désirade

A la Désirade

"A l'école, une de mes élèves se plaint que sa grand-mère l'embête. Je lui dis mais non, les grand-mères sont gentilles. Elle répond mais non, ma grand-mère est morte. La petite a entendu un soir de grands bruits dans la chambre de la grand-mère. En regardant par le trou de la serrure, elle voit des bêtes. Elle entre et trouve une peau de bête, qu'elle prend. Sa grand-mère arrive et lui dit qu'elle ne doit surtout pas faire ça, ça risque de la tuer. En réalité, cette dame n'arrivait pas à partir vers la mort, et au lieu de se tourner vers sa fille pour l'aider, elle s'est adressée à sa petite fille".

 

"Oui, les soucougnans existent. Et je crois en dieu, sans lui je serais mort. s'il n'y avait pas eu l'esclavage, je serais africain et migrant ! Ou européen et je vivrais dans le froid. Toute chose a du bon !"

Musiciens à la Nouvelle Orléans

Musiciens à la Nouvelle Orléans

Et il part sur un grand éclat de rire, sur des dents un peu de travers. "Je m'appelle André, et vous ?".

 

Swan à qui je racontai l'affaire conclut en disant "C'est bien de pouvoir faire des rencontres intéressantes".

 

C'est pas le tout, j'ai encore 1240 pages à lire.

15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 00:05
Trottoir à la Nouvelle Orléans

Trottoir à la Nouvelle Orléans

Il ne faut pas blâmer une contrariété, ni même deux.

Mon réparateur de machine à laver (le linge) m'a laissée tomber comme une vieille chaussette (sale). Il a bien changé le joint du hublot il y a deux mois, mais l'eau coule quand même à flots sur le sol de la cuisine. Je n'ai rien contre l'eau qui coule à flots, mais dans un autre contexte.

Trafalgar falls à la Dominique

Trafalgar falls à la Dominique

Je ne veux voir que le côté positif de cette micro-mésaventure (à l'échelle planétaire). Ce n'est pas désagréable du tout de descendre au lavomatic en bas de  ma rue. Je flemmarde pendant que le tambour de la machine fait la révolution (j'évalue à environ 2 000 le nombre de révolutions effectuées pendant les 40 minutes du programme. Mieux qu'en 1789 où il n'y en a eu qu'une).

Merci Eugène (Delacroix, 1830)

Merci Eugène (Delacroix, 1830)

La semaine dernière, seconde contrariété : j'oublie de redescendre chercher mon linge, ayant commencé à boire un verre avec mon amie Alex. C'est pas beau de boire je sais. Qu'à cela ne tienne, je fais un crochet le lendemain matin en allant déposer mon dernier né au lycée. Une bonne âme (dont j'ignorerai à tout jamais l'identité) avait mis de côté ma collection de petites culottes et autres irrésistibles atours.

Je préfère Aubade quand même

Je préfère Aubade quand même

Toute guillerette, je redémarre mon vieux petit bolide rutilant, en empruntant la déviation (je vous fais grâce de l'histoire de la déviation). Cette route déviée fait face à la chaîne de montagne qui barre mon île du nord au sud (ainsi que du sud au nord si on veut être juste). La veille, nous avions subi ce qu'il est convenu d'appeler un temps de chiottes (dont on aurait tiré la chasse d'eau). Les rivières étaient sorties de leurs gonds (ou de leur lit, je ne me rappelle plus). Atmosphère donc inhabituelle et perturbée.

Ha mélie !

Ha mélie !

Et vlan ! C'est là que je fus frappée de stupeur. Je pilai immédiatement (non pas le mil, mais sur la pédale de frein). A notre vue s'offrait un spectacle surnaturel, que je tente de me remémorer.

La bande du sommet des montagnes émergeait d'un gros bourrelet de coton blanc nuageux, qui semblait être tombé du ciel. En dessous, la forêt sombre. Cette bande montagneuse etait violemment éclairée par la soleil levant, qui révélait des teintes acides. Prochainement sur vos écrans.

Cela aura duré moins d'une minute, pendant laquelle j'ai été tentée de dire "oh mon dieu", avant de me rappeler qu'il n'existe pas.

Comment ça on n'existe pas ?

Comment ça on n'existe pas ?

Le mot de la fin est revenu à Swan : "Maman, on ne va pas travailler et on file en haut du volcan, plus jamais ça ne sera comme ça".

9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 20:53
Coucou-manioc et Kio, Beaugendre ensorcelée, Bassin carrelé et coeur serré

Coucou-manioc et Kio, Beaugendre ensorcelée, Bassin carrelé et coeur serré

Jacques a dit beaucoup de choses dans sa vie. Tout au moins j'ai beaucoup entendu, dans les nombreux instants partagés.

 

Jacques c'est Jacques Fournet. Je sais que c'était un grand botaniste mais ce n'est pas à un botaniste que je pense quand je pense à lui.

 

Il a dit beaucoup, mais jamais trop souvent, jamais en se répétant. Juste ce qu'il fallait. Et tout le monde l'écoutait.

 

Il disait des choses des plantes c'est vrai. Imaginez qu'il pouvait citer le nom de presque toutes les plantes qui habitent dans le beau pays de Guadeloupe. En français, en latin et parfois en créole si le mot existait. 

 

Lorsqu'en janvier dernier il a parlé de son parcours, sa conclusion a été la suivante : "Ah c'est vrai que maintenant j'ai un peu tendance à oublier le nom des plantes. Heureusement que j'ai fait une flore, je peux regarder dedans !".

 

Mais il disait aussi des choses de toutes sortes. Des blagues chuchotées à l'oreille pendant les réunions. Des anecdotes sur les collègues (avec malice mais jamais méchanceté). Des opinions politiques étayées. Des choses sur l'entraide.

 

Jacques a dit ne pleurez pas. J'essaie. Et si une larme roule, ce sera pour glisser sur les feuillages de la forêt.

 

Un souvenir en images