25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 19:01
Ciel, ça vire au blog sexe !



Meuh non, mais faudra que j'y pense. C'est tout bêtement le titre du pavé que j'ai mis pas moins de 5 mois à ingurgiter. Avec il est vrai de longues périodes passées à chercher le livre ou à retrouver la page.
A en croire la couverture, il s'agit d'un roman chinois (oui), érotique (pas du tout) ou tout au moins riant (encore moins).
Ca commence relativement fort. Un village chinois (il y a plusieurs siècles ?), il semblerait qu'une invasion soit imminente, on sent la tension. Dans une maison, une anesse essaye de mettre bas, ça n'a pas l'air de marcher. Dans la pièce voisine, une femme fait de même, seule, sueurs, ça coince. Le mari s'occupe de l'anesse. On repart au village, légère accalmie dans l'invasion, ce n'est pas pour tout de suite.
Il semblerait que notre parturiante soit très mal partie, elle va probablement mourrir en couches. On finit par faire venir une guérisseuse. La maman a déjà 7 filles, et elle voudrait un garçon. Je ne vous décris pas la scène (ça fait 5 mois, je ne rappelle plus les détails) mais c'est bien craspouette. La vieille finit par faire sortir l'enfant. C'est une fille. Elle est aveugle (entretemps, ah oui, l'anesse a fait son anon).
...
ah, il semble qu'il y ait un deuxième bébé. Expulsion, c'est un fils. Euh, mort-né.
...
Jin-Tong (c'est son nom) vivra.
Chinois blond affublé de 7 soeurs et d'une mère qui lui donnera le sein de longues années durant.

On découvre au fil du récit que nous sommes en fait au vingtième siècle, que la maman est de la dernière génération à avoir eu les pieds bandés. Nous traversons avec cette famille les épouvantes de la guerre, de la faim, du froid, de la révolution culturelle, de la délation, de la veulerie, mais toujours sur un mode décalé (je ne trouve pas d'autre mot). On peut trouver dans la même phrase la narration des crevettes remontant le flot clair, et celle de la joue du lieutenant malencontreusement découpée au cours du combat, dévorée goulûment par un chien qui passait par là.

Essayez quand même...
18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 12:08



Quelques images de ce vendredi 6 juin à Basse-Terre. Avec Catherine et Aude, nous avons arpenté les rues de la ville, haute et surplombant la mer. Une journée radieuse, la mer intense moutonne, les rues sont pleines de commerces et de gens. Les ruelles montent. Les cases anciennes sont là, avec leurs essentes, leurs huisseries arrondies, leurs tôles caramélisées, leurs façades parfois envahies par les plantes.














Quel rapport avec Daniel ? 

C'était le deuxième jour du procès. La journée était vraiment belle, un signe.
Verdict idiot, tu t'en serais douté. Mais ces deux journées nous ont rapproché de toi. L'avocat général a été formidable, et t'a dressé un portrait fidèle et sympa. Il a lu certaines de nos dépositions 'C'était un amoureux de la femme', 'Sa maison était grande ouverte', 'Fidèle en amitié'.

Le reste n'a pas beaucoup d'importance. 








20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 18:55


Il s'agit donc de sépultures.

Un dimanche de printemps comme on n'en rêve pas : grisaille, froid pénétrant, bruine.
Mais casse l'âne tienne (oui je sais), nous partons en expédition familiale restreinte (mon père, ma mère, mes frères zé mes soeurs, oh oh...). Non, Papa, Maman et ma soeur adorée, partons à Orvilliers.
Plusieurs objectifs des uns et des autres :
- revoir la maison de mes week-ends d'enfance, ça fait quelque chose comme 4 ans que je n'y suis pas allée, et comme vous ne le savez probablement pas, je suis assez portée sur le passé qui m'a construite,
- aller au cimetierre pour différentes raisons,
- déposer les bouteilles de verre dans les conteneurs de tri sélectif, judicieusement situés à proximité immédiate du cimetierre.

Nous faisons donc un stop à la maison.



C'est sans dessus-dessous. Une chouette morte gît dans l'entrée, elle s'est trouvée enfermée et a tout essayé pour se libérer. Son corps est désséché, elle ne sent pas mauvais, et nous la trouvons belle et émouvante. Tant pis si la boîte de papillons et le pot bleu ancien sont cassés. Nous la garderons en souvenir, et la mettrons au mur dans l'entrée. A l'étage, nous faisons une flambée, le froid est si pénétrant. Ambiance trouble, personne n'est venu de l'hiver et la maison nous dit qu'elle se sent abandonnée. Poussière, murs moisis. En nous tapant une petite bière rousse, nous faisons quelques plans pour remédier à cette décrépitude : programmation d'une journée de ménage et d'un coup de peinture.

Etape numéro 2, le cimetierre.
J'aime y aller, pour retrouver la famille. Il n'y a pas longtemps, les parents ont fait revenir Père Georges (père de Papa), Pépé et Mémé (parents de Maman) et Angèle je crois (mère de Lala, mère de Papa). Comme ça, Lala que nous avions enterrée toute seule en 1985 peut se taper la belote ou un petit wisky avec les autres.


Je vous l'ai dit, ils sont tous là.



Et puis c'est l'occasion de passer le bonjour à Ollivier (Michel Yves Marie), un quasi-tonton, et son fils Ollivier-Marc, un quasi frère ami d'enfance.


Et Marcel, si sympa. J'ai toujours le nounours bleu qu'il a offert à Ludo pour sa naissance.


Eh bien nous y voilà : la nouvelle pierre tombale des Pavis, elle nous plaît.

Dernière étape de la journée : un petit resto au golf (de mémoire : andouillette bien grillée). Et Jeanne qui nous appelle catastrophée : impossible d'avoir son train pour Grenoble, il n'y a pas de train de banlieue. Allez, on avale vite nos desserts et on va la chercher pour l'emmener gare de Lyon. Il y a quand même des rendez-vous à ne pas louper.

20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 17:34

J'en étais restée aux antiquités égyptiennes. Le surlendemain, rebelote, cette fois-ci Beaubourg. Un froid de canard, le pique-nique dans le sac, qui est passé au contrôle d'entrée malgré le septicisme de Tonton François...

L'art moderne a cette vertu d'épater les enfants, et de leur laisser entrevoir que la déviance est possible ('Ah bon, c'est de l'art ça ?).

L'objectif avoué était Fernand Léger, mais nous avons musardé, nous sommes perdus dans les recoins, nous avons admiré la patience des gardiens. Regardez comme ils sont beaux.


Gardienne de pierres et corde


Gardien noir veillant sur des blondes en blanc


Gardien blanc en noir sur fond blanc

Au-delà de ces oeuvres de chair, de chères oeuvres de ci de là.


Passants dépassés.


En droit d'être envers (et contre tout) du décor.


C't'oeuvre c'est nous qu'on l'a faite nous-mêmes.


Euh...


Circulez, c'est par là.


La foule de toile et la diva de chair.


Furtif reflet.


Ah ça y est, on a trouvé Fernand Léger, c'est pas trop tôt.

La suite des chroniques de mars avant le mois de juin. Ca devrait causer neige ou sépulture, je ne sais pas encore.

22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 19:01


Je me demande comment j'arrive à avoir encore quelques lecteurs, après ces semaines de silence. J'ai des tas de choses sans importance à vous raconter, mais ces temps-ci, la vie réelle prend le pas sur le virtuel, ce qui n'est pas plus mal me direz-vous. Peut-être vais-je mettre en place un système d'alerte mail à mes parents, amis et alliés, lorsque par miracle je pondrai un post (si vous êtres très nombreux à me le demander bien sûr).

Alors par quoi je commence ?

La culture.

Requête du zébulon sauteur (vous l'avez reconnu) : 'Maman je voudrais aller au Louvre pour voir les antiquité grecques, et au Centre Georges Pompidou pour voir les oeuvres de Fernand Léger, c'est dans mon livre d'école'. Ah, bon. Mais oui, les vacances de Pâques sont synonymes pour nous d'un abandon de la Caraïbe et d'une invasion dans les Alpes, puis en région parisienne, c'est ainsi.
Eh bien, courage, nous faisons la queue au Louvre. Extraits.








Allez, la suite demain, ça m'a creusé l'appétit.
13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 00:19

Mon beau-père s'appelle Robert.
Ce n'est pas une rime sans raison, c'est un fait.
Et Robert a beaucoup de mémoire.
Hier matin, je devisais donc avec Robert et Cécile (Cécile, c'est la femme de Robert, et il faut reconnaître qu'elle a un peu moins de mémoire que son mari). Nous avions tout notre temps, une sorte de gras petit-déjeûner au soleil sur la terrasse.


Cécile, Jack Sparrow et Robert

Je les ai questionnés, interviewés, cuisinés sur eux-mêmes et leurs ascendants. Je n'entrerai pas sur le détail de la généalogie pour ne pas engendrer chez vous le désir bien légitime de prendre la tengeante sur le site de Brad Pitt ou autre Barla Cruni. Mais j'ai quand même appris des choses sur la famille de mes beaux-parents. Extraits (j'ai vu ça dans un journal de dire juste un mot comme ça pour faire la transition).

Marien Bussière (né vers 1845) quitte l'Auvergne pour chercher du travail, et s'installe à Villeurbanne comme paysan maçon. Sa femme (la seconde) est une Saugère et lui concocte un petit Daniel en plus des 3 autres fils déjà là (Daniel le grand, Marien et Antoine). Ce dernier (le grand-père de Robert) nait en 1870 et s'établit comme maître maçon (en d'autres termes, entrepeneur en maçonnerie). Il épouse Françoise Martin, qui donne naissance à Marguerite et en 1900 à Marien (comme son grand-père, mais on l'apelle Marius). Marius est donc l'arrière grand-père de mes enfants, et, ascenceur social oblige, il exerce la profession de dessinateur industriel en mécanique. Il trouve sa dulcinée à Anduze, elle répond (quand ça lui chante) au doux nom de Marguerite Deleuze (dont le papa, Louis, aime beaucoup l'opéra, Aïda étant son préféré, et joue de la flûte à ses moments perdus, et dont le frère Maurice, né vers 1904, ressemble beaucoup à son arrière petit-neveu Ludo); de leur union nait un rejeton unique, j'ai nommé Robert, né en 25. Doué pour les études, le papa de François (ciel, mon mari) réussit en juin 41 le concours de l'Ecole normale. Las ! Pétain décide que les Villeurbanais ne méritent pas d'être maîtres d'école (c'est des cocos), et après quelques emplois dans l'imprimerie qui ne lui plaisent guère, Robert réussit le concours d'entrée au PLM (Paris-Lyon-Marseille, devenu depuis la SNCF), et s'exile à Lyon, à quelques hectomètres de là (jusque là, nous étions à Villeurbanne). Voilà, Robert épouse Cécile Milloud (assistanre sociale), bling, le petit François nous arrive en 1961, devient grâce à un travail aaaaacharné ingénieur à Gronome, et a la chance extraordinaire de me rencontrer, il n'en est pas encore revenu. Voilà comment Ludovic, Rémi et Swan, qui lisez ce blog, vous êtes arrivés sur cette bonne vieille terre.

Si on fait les comptes, ça fait une fille pour 10 garçons dans la lignée Bussière, il y a comme qui dirait un sérieux déficit en chromosomes X les gars...
8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 13:18
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Mercredi des cendres, Pointe-à-Pitre, foule en noir et blanc.
La nuit tombe, le ciel est clair.
Après un démarrage très lent, le rythme s'accélère, les groupes défilent pour la soirée ultime de carnaval.

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Mass Moul' Massif
avec ses masques hideux
Guimbos all stars avec ses airs de chauve-souris
Double face aux senteurs d'encens
Nèg marrons qui usent et abusent du fouet
Vim que nous avons suivi jusque dans la nuit et les tréfonds de la ville

Et moi et moi et moi

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 21:57
Vaut mieux en finir quand ça traîne,
y'a d'la gangrène dans mes souvenirs...

Dernière partie, la demi-journée grapillée à me ballader.
Partie à pied de l'hôtel, fermement décidée à trouver la mer (qui n'est pas loin, je la vois de ma chambre).
Bêtement, je suis le panneau "Plages", et je marche, je marche, la route est large. C'est l'heure de la sortie des collèges (13 heures), ils sont à pied, en vélo. Une heure plus tard, mes mollets fatiguent un peu et je hèle deux cyclistes qui m'indiquent que non par là, la mer est loin. Si je veux bien marcher encore une petite heure dans l'autre sens, je devrais y arriver. Bon, je repars.

Chance, une camionette s'arrête, c'est le gars de la chambre d'agriculture qui me cherchait, du coup il me dépose près du littoral en me disant que de toutes faàçon il ya de la mangrove partout et qu'on ne peut pas accéder à la mer. En effet, il y a des cycles d'environ 10 ans ou le sable va et vient, charié par les fleuves d'Amazonie. En ce moment, pas de plage à Cayenne donc.

Mais je persévère, et trouve un sentier aménagé par le Conservatoire du littoral, qui passe en forêt et longe la mer. Quand même ! 

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Alors là, des serpents, des jaguars, des caïmans (dans mes rêves)

Eh eh, je finis pas arriver au bord de l'eau, regardez comme c'est beau.

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Végétal...

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Animal...

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Minéral...

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Minimal...

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Numéral ? 

Ah non là je suis revenue à Cayenne pour le tiercé.

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Ouais, j'ai gagné dans le désordre...
3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 16:00
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Les 8 bougies de Swan

Bon anniv mon doudou...
2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 16:08

La Guyane c'est très grand, mais les surfaces dédiées aux cultures sont assez restreintes, avec des conditions détestables : le climat favorise les maladies des plantes, et les sols sont très peu fertiles. Pas drôle. Alors bonjour le prix des fruits et légumes au marché.

Mais parlons des systèmes de culture.

La monoculture intensive de riz, sur quelques milliers d'hectares, ne concerne que quelques producteurs, et est dédiée à l'exportation. Ca se passe dans l'Est, du côté de Mana (là ou les tortues-luth viennent pondre).

Les systèmes maraîchers et vivriers intensifs, pratiqués par les Hmongs à Cacao/Régina (à l'intérieur dans l'Est) et à Ja-vouey (dans l'Ouest). Les Hmongs sont des réfugiés du Laos, à qui des terres ont été données dans les annés 70. Ils ont su travailler dur et produire de façon assez intensive, c'est-à-dire en utilisant beaucoup de pesticides et d'engrais. Gros problèmes donc de santé et d'environnement. Mais ces familles ont des revenus relativement importants en vendant leurs produits sur les marchés de Cayenne et de Saint-Laurent du Maroni.

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Cultivateurs Hmongs à Javouey

Les systèmes de culture sur abattis. 
De quoi diable s'agit-il ? 
Depuis 4 siècles, une tradition perdure dans les zones de lisières forestières, aussi appelées fronts pionniers. Il s’agit de couper la forêt sur une surface de l’ordre d’un hectare, de laisser sécher jusqu’en fin de saison sèche (décembre), puis de mettre le feu. Est ensuite pratiquée la culture dite sur brûlis : manioc principalement, mais aussi du maïs, des patates douces, un peu d’ignames, de bananiers, d’ananas… Traditionnellement, ces agriculteurs construisent un habitat sommaire sur la zone défrichée, qu’ils exploitent pendant environ 3 ans avant d’aller défricher plus loin, le sol ayant perdu sa fertilité. Les arbres coupés ne sont quasiment pas exploités, du fait de la difficulté de trier les essences et organiser leur transport. En gérant les rotations, en revenant sur les mêmes parcelles 10 ou 15 ans plus tard, il est possible d'avoir un système durable. Mais les conditions de travail sont très pénibles : imaginez-vous couper la forêt avec une simple tronçonneuse, y mettre le feu, déblayer, installer votre cabane sur place pour y vivre. Ces systèmes se rencontrent dans l'Ouest le long du fleuve Maroni, et sur le littoral. Les producteurs sont des Bushi Nengue (noirs descendants d'esclaves), des Amérindiens, des Haïtiens, et depuis 1986 des réfugiés du Surinam. Ce système très particulier concerne près de 70% des cultivateurs de Guyane.


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Abris de cultivateurs sur abattis

Et le manioc dans tout ça ? Le manioc est la plante traditionnellement la plus consommée en Guyane (et en Amazonie en général), sous une forme transformée, le kwac. Le kwac est une farine de manioc pré-cuite, qui se conserve facilement et longtemps, et qui est utilisée telle quelle pour accompagner tous les plats en sauce. La fabrication traditionnelle de kwac étant laborieuse et pénible (fumées, vapeurs d’acide cyanhydrique), une unité collective a été installée à Bellevue, un village Amérindien. La platine traditionnelle co-existe avec un mélangeur-cuiseur automatique. Le processus est assez élaboré : on épluche, broie, presse (et recueille "l’eau de manioc", utilisée comme insecticide contre la fourmi-manioc), tamise, puis enfin on cuit sur la platine. A Sinnamary, la famille Bureau prépare le kwac de façon traditionnelle.

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C'est mercredi, les petits enfants s’activent au pressage...

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le tonton tamise...


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et la grand-mère est à la platine.

Ce jour-là, la famille faisait un essai pour produire une innovation : un kwac au curry. 


Voilà, le tour d'horizon sur l'agriculture guyanaise est terminé (je vous ai épargné les sytèmes d'élevage). Ca fait une riche palette de pratiques et de populations non ?