7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 22:15
Pas plus tard que y'a pas longtemps, j'ai comencé à prendre garde à l'outrage du temps.
Non pas sur mon mon doux visage (en toute sincérité, les rides ne me gênent pas), mais dans mes cartons à dessin. Le climat étant ce qu'il est, les dessins finissent par s'abîmer, et les beaux souvenirs s'estompent.

Alors voici quelques images d'un tour à Cuba en 2001. Officiellement, il s'agissait de participer à un congrès scientifique (tout ce que je déteste). Ca se passait dans un lieu horrible, sur la côte à Varadero : un gros resort à l'américaine, une mer bête, des plages plates. Mais pas folles les mouches (j'étais avec mon amie Nat), nous habitions dans un hôtel plus modeste du bourg, et avons aussi passé quelques jours à la Habana.


Ces messieurs jouaient aux dominos. Bien sûr, ils m'ont repérée, et m'ont invitée à boire un coup de rhum (arf !) quand j'ai eu fini. Je devais leur envoyer une photo, ce que je n'ai jamais fait.



Ah oui, ça me revient, le 'Café de Paris' dans la grand-rue à la Havane. Jeff et Kim étaient là aussi, et nous avions bu un inévitable mojito.


Ca c'était un autre bar, avec des filles un peu girondes.



Et là, ballade en ville à la limite du quartier chinois. Rarement vu une ville comma ça, une merveille en train de se ratatiner.

Hasta pronto !
5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 15:04
Je le dis en préambule pour les âmes sensibles : ce qui va suivre est un rêve de la nuit dernière, pas la réalité.



Nous sommes dans une forêt tropicale et escarpée, et Swan, fidèle à ses habitudes, crapahute loin de nous. Il se retrouve au bord d'un apic, fait l'andouille, et comme il se doit se casse la figure dans le ravin.
Je le vois comme je vous vois (oui bon, c'est une image). Il fait un premier vol plané, et est heureusement arrêté quelques 10 mètres plus bas par un arbre. Je lui dis de ne surtout pas bouger. Mais non, il retombe de plus belle beaucoup plus bas, je l'entends crier, je ne sais pas s'il est vraiment blessé, ni comment je vais pouvoir le récupérer.

Il y a des matins où on ne râle pas en se réveillant.
30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 23:48

En résumant, on pourrait dire que c'est l'alter ego de Daniel Sempere, enfant puis jeune homme ayant vécu des heures sombres dans le Barcelone des années 40.
Ces personnages sont les héros du roman que je viens de vampiriser (livre démarré au mouillage de l'ilet Cabri, et poursuivi pendant un arrêt de travail consécutif à un léger surmenage, je ne dirais qu'une chose, vive les arrêts de travail).
C'est drôle (non ?) comme nous associons la lecture de certains livres à des épisodes de notre vie. J'avais démarré 'La firme' de John Sépuqui, roman pseudo-kafkaïen (tendance cafard mortel) à l'hôpital, en attendant que mon puisné veuille bien commencer à montrer le bout de son nez. Pas tenu plus de 100 pages. Après la naissance du sus-dit, et toujours à l'hôpital mais à l'étage du dessous, j'avais lu avec plaisir mon premier Grangé, 'Les rivières pourpres'. Fallait pas que les tétées durent trop longtemps, suspense sanguinolent oblige.
Bon alors le bouquin dont auquel je vous cause, s'appelle 'L'ombre du vent', offert par des amis d'amis.



D'aucuns diront que le vent ne peut pas faire d'ombre, pas plus que l'air du temps, ni le chant des oiseaux. Mais laissons les dire, et plongeons-nous dans cette histoire qui commence comme elle finit, une génération plus tard, au cimetière des livres oubliés.
Chose rare, j'ai réussi à freiner ma vitesse de lecture à la fin de l'ouvrage, pour rester un peu plus longtemps en compagnie des personnages du livre.
Donc Daniel le jeune, héros qui doit s'initier à la vie en quelque sorte. Elle démarrera vraiment (sa vie) autour d'une question : qui est Julian Carax, auteur de l'Ombre du vent ? Cette quête l'entraîne très loin, bien que toujours à Barcelone. 
Je ne vous en dis pas plus (j'ai peur d'en être incapable). Je retiens une phrase 'On reste un peu vivant tant quelqu'un se rappelle de vous'.
L'auteur c'est Carlos Ruiz Zafon, et dommage, ses autres romans ne sont pas traduits en français.

17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 19:31

Voilà ti pas que j'ai accepté de faire partie d'un jury pour le recrutement de technicien en biologie marine à l'université. Je reçois ma convocation, et je me rends sur les lieux, pensant avoir à surveiller un examen ou quelque chose comme ça.

Première surprise, les candidats étaient déjà notés, et il s'agissait de définir les modalités de l'épreuve professionnelle. Qui consistait à emmener les candidiats en bateau, pour évaluer leur capacité à naviguer...
Trop coooool ! (coule ?).
Donc, une matinée passée à faire des aller-retour entre la Marina, l'ilet Cochon et le ponton du labo.



A la barre, le petit Berville. Trop la chache, on ne l'a pas pris.




Max, préside le jury et joue les figures de (peu ou) proue.

Voilà, c'est tout.

15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 21:42
Voilà, j'ai fini par scanner mes gribouillis d'audience fébriles. Ca me permet d'exorciser un peu ce qui s'est passé pendant ce fichu procès. Et ça me rappelle mon grand-père, qui était dessinateur de métier, et qui avait accumulé pas mal de croquis d'audiences.

J'aurais appris pas mal de choses pendant ces deux jours de juin, sur le fonctionnement d'une cour d'assises (ceci dit, je partais de zéro).

Donc, commençons par le Président de la cour d'assises, qui comme son titre l'indique, préside les débats. Il brosse un portrait de la vie de l'accusé, tente de retracer les faits, invite les témoins à la barre... Il avait un accent méridional, l'air très sérieux mais maniant quand même la métaphore. Assez théâtral, très humain.


Monsieur le Président


Ensuite, l'accusé, il faut bien en parler. Hyacinthe Téplier. S'exprime difficilement mais beaucoup. Coupe sans arrêt la parole au Président, ce qui a un côté comique. S'emporte souvent, ressasse en boucle. Regarde souvent du côté de la salle. Difficile de le détester.


Téplier



Puis la première assesseuse du Président. Explication : le jury est composé de trois magistrats professionnels : le Président et deux assesseurs, et 9 citoyens comme vous et moi. Ces 9 ont le droit de poser des questions, mais seulement par écrit, par l'intermédiaire du Président (au cas où elles seraient tendancieuses). Donc cette assesseuse est une dame blonde avec une robe noire, elle a l'air de s'ennuyer prodigieusement. N'a pas ouvert la bouche pendant les quelques 14 heures d'audience, mais a quand même confectionné quelques cocottes en papier (je suis mauvaise langue, c'était un petit bateau en papier). Elle a piqué un petit roupillon de quelques minutes en début d'après-midi.


Plieuse de papier


Et puis l'avocat de la défense. M'a paru tellement mauvais au premier abord que je n'ai fait qu'une légère esquisse. A trouvé le moyen de laisser sonner son portable, de s'endormir, d'évoquer le match de tennis avec Gaël Monfils qu'il allait louper, de demander un petit délai pour préparer sa plaidoirie passque-vous-comprenez-monsieur-le-Président, j'habite loin-et-je-suis-rentré-tard-hier (presque sic). N'a pas été si mauvais que ça puisqu'il a obtenu l'acquittement.


Maître Fraipont (à éviter)


Enfin l'Avocat Général. Celui-là le lui mets deux majuscules pour le prix d'une. Il représente la société, et est chargé de faire la réquisition. Dans un premier temps, il ne s'exprime que très peu, ce qui fait que je me suis polarisée sur son crâne très brillant et son col en simili-hermine. Au deuxième jour, il a joué son rôle en rééquilibrant les débats, en parlant de la victime, en cuisinant l'accusé, en présentant au final son analyse des faits et sa réquisition : 18 ans dont 12 de sureté. Un type brillant, convaincu, tenace, et gentil. Il est venu discuter avec nous pendant les pauses. Total respect.


'Oui ou non avez-vous fermé votre porte en allant vous coucher ?'


Il y avait d'autres personnages assez attachants que je n'ai pas croqués.

Le greffier du premier jour, tout rond et noir, souriant, en nage sous sa robe, n'arrivant pas à retrouver toutes pièces à conviction, ni à régler la sono correctement.
Le capitaine de gendarmerie, a relaté la procédure clairement et simplement.
Le greffier du deuxième jour, beau garçon, s'est tapé un petite sieste post-prandiale.
L'interprète de Téplier, avec sa petite moustache, son teint clair et son immense bonne volonté pour essayer de faire comprendre les propos de l'accusé.
Le psychiâtre, a parlé simple pour faire comprendre un truc compliqué.
Le médecin légiste, a réussi à être assez technique pour ne pas choquer.

La prochaine fois, je vous raconte un truc plus marrant, vous allez finir par croire que je suis sinistre.
9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 23:21




Autant le dire sans détour, Gabon est mort.

Autant en emporte le vent, plus de Gabon pour nous énerver la nuit quand il aboie.
Plus de Gabon qui remue la queue dès qu'on pronce son nom.
Plus de Gabon qui prend le frais sur la terrasse, pattes arrières écartées.
Plus de Gabon qui nous parle (aouh ou ou ouu) quand on lui a manqué.

Comme dit Swan :
'On ne peut rien faire, hein ?'
'Il a dû partir tout droit au ciel'
'Maintenant il y a l"étoile de Gabon"
'Pauv' Gabon. Enfin non, pas pauv Gabon puisque maintenant c'est fini' 
'On va mettre un morceau de bois marqué 'Gabon Gay' sur sa tombe, avec des bougies'
'On va adopter le chien blanc de Jean-Pierre'

Salut Gabon on t'amait plus que bien, tu sais,
C'est dur de se faire larguer en été tu sais,
La la la la....
J'veux que tu ries, j'veux tu chantes,
J'veux que tu t'amuses comme un fou,
J'veux que tu ries, j'veux tu danses,
Maintenant qu'c'est que t'es dans le trou
(près du potager, à mi-pente, demain on va planter un alamanda rose rien que pour toi)/

25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 19:01
Ciel, ça vire au blog sexe !



Meuh non, mais faudra que j'y pense. C'est tout bêtement le titre du pavé que j'ai mis pas moins de 5 mois à ingurgiter. Avec il est vrai de longues périodes passées à chercher le livre ou à retrouver la page.
A en croire la couverture, il s'agit d'un roman chinois (oui), érotique (pas du tout) ou tout au moins riant (encore moins).
Ca commence relativement fort. Un village chinois (il y a plusieurs siècles ?), il semblerait qu'une invasion soit imminente, on sent la tension. Dans une maison, une anesse essaye de mettre bas, ça n'a pas l'air de marcher. Dans la pièce voisine, une femme fait de même, seule, sueurs, ça coince. Le mari s'occupe de l'anesse. On repart au village, légère accalmie dans l'invasion, ce n'est pas pour tout de suite.
Il semblerait que notre parturiante soit très mal partie, elle va probablement mourrir en couches. On finit par faire venir une guérisseuse. La maman a déjà 7 filles, et elle voudrait un garçon. Je ne vous décris pas la scène (ça fait 5 mois, je ne rappelle plus les détails) mais c'est bien craspouette. La vieille finit par faire sortir l'enfant. C'est une fille. Elle est aveugle (entretemps, ah oui, l'anesse a fait son anon).
...
ah, il semble qu'il y ait un deuxième bébé. Expulsion, c'est un fils. Euh, mort-né.
...
Jin-Tong (c'est son nom) vivra.
Chinois blond affublé de 7 soeurs et d'une mère qui lui donnera le sein de longues années durant.

On découvre au fil du récit que nous sommes en fait au vingtième siècle, que la maman est de la dernière génération à avoir eu les pieds bandés. Nous traversons avec cette famille les épouvantes de la guerre, de la faim, du froid, de la révolution culturelle, de la délation, de la veulerie, mais toujours sur un mode décalé (je ne trouve pas d'autre mot). On peut trouver dans la même phrase la narration des crevettes remontant le flot clair, et celle de la joue du lieutenant malencontreusement découpée au cours du combat, dévorée goulûment par un chien qui passait par là.

Essayez quand même...
18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 12:08



Quelques images de ce vendredi 6 juin à Basse-Terre. Avec Catherine et Aude, nous avons arpenté les rues de la ville, haute et surplombant la mer. Une journée radieuse, la mer intense moutonne, les rues sont pleines de commerces et de gens. Les ruelles montent. Les cases anciennes sont là, avec leurs essentes, leurs huisseries arrondies, leurs tôles caramélisées, leurs façades parfois envahies par les plantes.














Quel rapport avec Daniel ? 

C'était le deuxième jour du procès. La journée était vraiment belle, un signe.
Verdict idiot, tu t'en serais douté. Mais ces deux journées nous ont rapproché de toi. L'avocat général a été formidable, et t'a dressé un portrait fidèle et sympa. Il a lu certaines de nos dépositions 'C'était un amoureux de la femme', 'Sa maison était grande ouverte', 'Fidèle en amitié'.

Le reste n'a pas beaucoup d'importance. 








20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 18:55


Il s'agit donc de sépultures.

Un dimanche de printemps comme on n'en rêve pas : grisaille, froid pénétrant, bruine.
Mais casse l'âne tienne (oui je sais), nous partons en expédition familiale restreinte (mon père, ma mère, mes frères zé mes soeurs, oh oh...). Non, Papa, Maman et ma soeur adorée, partons à Orvilliers.
Plusieurs objectifs des uns et des autres :
- revoir la maison de mes week-ends d'enfance, ça fait quelque chose comme 4 ans que je n'y suis pas allée, et comme vous ne le savez probablement pas, je suis assez portée sur le passé qui m'a construite,
- aller au cimetierre pour différentes raisons,
- déposer les bouteilles de verre dans les conteneurs de tri sélectif, judicieusement situés à proximité immédiate du cimetierre.

Nous faisons donc un stop à la maison.



C'est sans dessus-dessous. Une chouette morte gît dans l'entrée, elle s'est trouvée enfermée et a tout essayé pour se libérer. Son corps est désséché, elle ne sent pas mauvais, et nous la trouvons belle et émouvante. Tant pis si la boîte de papillons et le pot bleu ancien sont cassés. Nous la garderons en souvenir, et la mettrons au mur dans l'entrée. A l'étage, nous faisons une flambée, le froid est si pénétrant. Ambiance trouble, personne n'est venu de l'hiver et la maison nous dit qu'elle se sent abandonnée. Poussière, murs moisis. En nous tapant une petite bière rousse, nous faisons quelques plans pour remédier à cette décrépitude : programmation d'une journée de ménage et d'un coup de peinture.

Etape numéro 2, le cimetierre.
J'aime y aller, pour retrouver la famille. Il n'y a pas longtemps, les parents ont fait revenir Père Georges (père de Papa), Pépé et Mémé (parents de Maman) et Angèle je crois (mère de Lala, mère de Papa). Comme ça, Lala que nous avions enterrée toute seule en 1985 peut se taper la belote ou un petit wisky avec les autres.


Je vous l'ai dit, ils sont tous là.



Et puis c'est l'occasion de passer le bonjour à Ollivier (Michel Yves Marie), un quasi-tonton, et son fils Ollivier-Marc, un quasi frère ami d'enfance.


Et Marcel, si sympa. J'ai toujours le nounours bleu qu'il a offert à Ludo pour sa naissance.


Eh bien nous y voilà : la nouvelle pierre tombale des Pavis, elle nous plaît.

Dernière étape de la journée : un petit resto au golf (de mémoire : andouillette bien grillée). Et Jeanne qui nous appelle catastrophée : impossible d'avoir son train pour Grenoble, il n'y a pas de train de banlieue. Allez, on avale vite nos desserts et on va la chercher pour l'emmener gare de Lyon. Il y a quand même des rendez-vous à ne pas louper.

20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 17:34

J'en étais restée aux antiquités égyptiennes. Le surlendemain, rebelote, cette fois-ci Beaubourg. Un froid de canard, le pique-nique dans le sac, qui est passé au contrôle d'entrée malgré le septicisme de Tonton François...

L'art moderne a cette vertu d'épater les enfants, et de leur laisser entrevoir que la déviance est possible ('Ah bon, c'est de l'art ça ?).

L'objectif avoué était Fernand Léger, mais nous avons musardé, nous sommes perdus dans les recoins, nous avons admiré la patience des gardiens. Regardez comme ils sont beaux.


Gardienne de pierres et corde


Gardien noir veillant sur des blondes en blanc


Gardien blanc en noir sur fond blanc

Au-delà de ces oeuvres de chair, de chères oeuvres de ci de là.


Passants dépassés.


En droit d'être envers (et contre tout) du décor.


C't'oeuvre c'est nous qu'on l'a faite nous-mêmes.


Euh...


Circulez, c'est par là.


La foule de toile et la diva de chair.


Furtif reflet.


Ah ça y est, on a trouvé Fernand Léger, c'est pas trop tôt.

La suite des chroniques de mars avant le mois de juin. Ca devrait causer neige ou sépulture, je ne sais pas encore.