20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 19:41
Bateau loupé

Il y a quelques temps, j'étais avec mon père et des amis en voiture. Nous devions attraper le bateau pour les Saintes.

 

C'était très juste niveau timing, alors je lui ai dit de se dépêcher. Mon père a accéléré, la route faisait comme des montagnes russes.

 

Je lui ait dit de faire attention mais le bougre allait à toute vitesse. Mais tout s'est bien passé, et nous sommes arrivé en trombe. J'ai jeté les sacs hors de la voiture mais nous devions encore atteindre l'embarcadère.

 

ll a fallu monter à pied une rampe de béton tellement pentue que nous risquions de débrrouler à tout moment. Et très peu d'aspérités pour que nos pieds s'accrochent, ça glissait et il fallait faire très attention. J'ai pris un raccourci qui donnait sur un à-pic, mais au moins il y avait plus de prises sous la chaussure.

 

Nous sommes enfin arrivés, mais les capitaines du port nous ont dit que le bateau était parti. Puis l'un d'entre eux a ajouté qu'il avait dû partir un peu en avance, alors il allait le faire revenir.

 

Il a appelé le bateau par radio en le priant de rebrousser chemin.

 

Le bateau a accosté et tout le monde est descendu. J'étais un peu gênée que nous soyons à l'origine de ce désagrément.

 

Le contexte était Réunionnais. Le petit monsieur chargé de l'accueil sur le bateau a refait son numéro d'accueil, en jouant du steel-band. Ils ont aussi ouvert une petite échoppe qui vendait toutes sortes de café. Pour éviter que les clients ne posent tous la même question, il y avait une petite pancarte jaune collée au-dessus de la porte, avec une inscription courte en lettres rouges, signifiant "tous les cafés sont bons ici".

 

Puis mon réveil a sonné. J'étais bien déçue de ne pas partir pour les Saintes avec mon père. 

1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 22:10

2017 devrait être une année riche (en quoi je ne sais pas), compte tenu du soin que j'ai pris à honorer le rite du bain démarré. 

Démarré à triple détente

On n'est jamais trop prévoyant, j'ai pris le premier bain démarré le 31 décembre. Avec Aude et Eric, à la plage du bourg de Bouillante. Petits galets noirs, eau limpide, et tout simplement bouillante. C'est qu'une petite rivière thermale s'y jette. Gros panard de nager dans une onde à 40° et plus. Et de rechercher plus loin un peu plus de fraîcheur. Le haïku serait :

 

L'anse ouvre ses bras.

Chaud froid soufre et montagne.

L'arc-en-ciel est là.

 

Démarré à triple détente

Second bain démarré plus réglementaire, pris le 1er janvier. Plage de Viard ma bien-aimée. Seule au lever du soleil. Un navire de croisière charrie mollement quelques milliers de vacanciers sans doute encore dans les limbes du sommeil et de l'alcool. Le haïku serait :

 

Reflets orangés.

Sable noir essoufflé.

Un coq me surprend.

Démarré à triple détente

Le troisième bain démarré a été subi plus que choisi. Mais je ne lui en ai pas voulu. Une petite marche avec Valérie à la Pointe à Bacchus (mais nous n'avions pas emporté de vin). Je la guide sur le caillebotis de la forêt marécageuse. Drôlement abîmé le caillebotis. Je pose mon pied sur ce que je pensais être de la terre ferme (de la boue ferme devrais-je plutôt dire), et floup ! Comme dans les films, je suis dans les sables mouvants jusqu'à a taille. Sauf que ce n'est pas du sable mais du marécage. L'impression est fraiche tendance tiède, avec matière organique en décomposition. Par chance seule ma jambe gauche est engloutie, et il n'y pas de crocodiles dans les parages. Le haïku serait :

 

Au ras du marais.

Amis palétuviers

Conscience aiguisée.

 

Post-scriptum : ma jupe est à laver !

Vous devez vous demander (sauf que le premier janvier souvent on ne se demande rien) pourquoi je vous bassine avec des haïkus. C'est qu'en rentrant de cette promenade organique, des gens sur France Inter parlaient de cette forme de poésie. Comment rendre poésies certains moment de votre vie. Avec la contrainte des 17 syllabes : 5-7-5.

 

Voilà c'est fait ! 

29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 14:57
Les mains du miracle

"La Feuillade, lundi

Chers amis,

Mes invités de la première heure viennent de partir... J'ai obtenu 3 tickets donnant droit à 30 litres d'essence - Rien ne vous empêche plus de partir et Claude dans sa carte me dit qu'il pense rentrer vers le 20.

J'attends un mot de vous me fixant l'heure de votre arrivée.

A bientôt le plaisir de vous revoir.

Bien affectueusement,

Maguy"

C'est le texte d'un petit billet gris pâle daté du 14 août 1946, et adressé à mes grands-parents paternels. Ce billet était affranchi avec un timbre à 3 francs, des anciens francs bien sûr. Donc 3 centimes de francs, soit un demi centime d'euro.

La Marianne du timbre de 1946 est moins stylisée que celles de 2016, mais elle a toujours la même mine rouge. En ce temps-là, on se donnait rendez-vous par courrier papier, plusieurs jours à l'avance. Je sais que cette Maguy était une amie de la famille des parents de ma mère, et qu'elle avait une belle maison - La Feuillade - dans la campagne proche d'Orléans. Ville où habitait ma mère avant son mariage. L'allusion aux tickets de rationnement m'a étonnée, je croyais qu'ils n'étaient plus en usage après la guerre.

Le billet a mis 5 jours pour faire le trajet de Saint-Jean-De-Braye à Versailles. Puis plus de 69 ans pour atterrir sous mes yeux, lorsque j'ai ouvert un livre emprunté chez ma sœur Michèle la semaine dernière. Les tournants de la vie nous ouvrent souvent les yeux sur de petits signes. J'étais à Versailles pour enterrer notre père, grand-père, ami, allié, ce que nous fîmes d'une façon qui lui aurait surement plu.

Le livre dans lequel se trouvait le billet était Les Mains du miracle. Que je dévorai en deux temps trois mouvements (le livre, pas les mains ni le billet), et que je viens de terminer dans mon Paris-Pointe-à-Pitre. C'est écrit, mes lectures dans l'avion du retour ont souvent un goût de coïncidence.

Les Mains du miracle ont été écrites par Henri Troyat à Versailles en 1959 - ma ville et mon année de naissance - puis publiées chez Gallimard en 1960. Il s'agit d'un récit documentaire qui se déroule pendant la deuxième guerre mondiale. Mais on jurerait un roman, il a tous les ingrédients pour vous tenir en haleine et le cœur battant jusqu'à la dernière page. Les protagonistes en sont Himmler - le tristement fameux n-1 d'Hitler - et Félix Kersten. Cet heureux Félix, natif de la vieille Russie, en soignant Himmler cinq années durant, a fait des miracles.

Juste croyez-moi. Et pour en savoir plus, courez telle une amazone (.fr) vers la librairie la plus proche.

Post-scriptum de Frédéric Begbeider, qui m'a également tenu compagnie sur l'Air France 767 :

"Ma vie est nettement plus intéressante depuis [...] que je côtoie des gens qui vivent pour pouvoir lire, et lisent pour pouvoir écrire, et écrivent pour pouvoir vivre".

Conversations d'un enfant du siècle, 2015. Editions Le Livre de Poche - 7,90 €.

21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 22:06
Georges et son fils Claude

Georges et son fils Claude

Mon grand-père Georges s'est arrangé pour m'envoyer un skysapp depuis je ne sais où. Ca m'a fait chaud au coeur. Je vous le transcris.

"Ca fait longtemps que je n'ai pas fait signe. A force d'être mort, je prends de mauvaises habitudes, je me laisse un peu vivre. Si on peut dire.

Depuis quelques jours, je sens un frémissement dans l'air glacé de l'hiver. D'ailleurs il faut que je vous dise, l'air est toujours glacé là-haut. Mais curieusement je n'ai pas froid.

Mon fils Claude est en route. Il a atteint le bout du monde samedi dernier et avec un peu de chance je vais le voir débouler sous peu. J'espère que le reste de la famille va le laisser partir sans trop de difficultés. Se souvenir oui, mais retenir quelle idée.

Je vous tiens au courant mes chers vivants !

PS - Vous avez vu comme nous étions beaux dans notre enveloppe de chair ?"

 
17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 09:10
Si Versailles m'était contée

Pas d'affolement, je ne vais pas vous bassiner avec la vie de Louis XIV, XV ou XVI. J'ai quand même appris de source presque sure (son descendant, qui se trouve aussi être le chiropracteur de ma soeur), que Louis XVI était largement tatoué. Ci-dessus, les moutons (presque pas tatoués) du parc de Versailles, du côté du Trianon. On dira tout ce qu'on veut, mais l'histoire retiendra une chose : il y a de sacrément belles couleurs en automne.

Si Versailles m'était contée

J'avoue m'adonner depuis quelques jours à une de mes vieilles addictions. L'examen des trottoirs. Ce qui est plus enrichissant que l'examen de conscience, très surfait.

Si Versailles m'était contée

Je le dis haut et fort, les trottoirs c'est pas la zone !

Si Versailles m'était contée

Des explosions oui mais de couleurs.

Si Versailles m'était contée

Ils nous disent d'être heureux (don't worry, be...).

Si Versailles m'était contée

Ils nous demandent gentiment d'arrêter de fumer.

Si Versailles m'était contée

Ils nous indiquent où les chiens doivent faire caca.

Si Versailles m'était contée

Parfois même ils évoquent le ying et le yang.

Si Versailles m'était contée

La poésie à l'état pur.

Si Versailles m'était contée

L'impressionnisme sans avoir à faire la queue au musée.

Si Versailles m'était contée

Le dépassement de la ligne jaune des sentiments.

Si Versailles m'était contée

Et lorsque quelques temps plus tard j'ai relevé la tête, une armée de petits chinois surveillait l'envol des esprits dorés ! 

16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 15:29
Assemblée Nationale

Hé bien voilà, vous avez gagné ! Une nouvelle rubrique vient de naître, celle des stations de métro. Métro parisien dans un premier temps, il comporte environ 303 stations. Je ne suis donc pas sortie de l'auberge, ni vous non plus.

 

Assemblée Nationale

Ce jour-là, j'avais rendez-vous avec un homme (aaaaargh), charmant, agréable et doté de nombreuses qualités. Le point de ralliement étant du côté de Sainte-Placide (priez pour nous), je choisissis (choisissa ?) une station point trop éloignée, et près de la Seine. Parce que la Seine c'est tellement beau, bien que les fleurs soillent plus périssables.

Assemblée Nationale

Ce fut donc la station Assemblée Nationale, ne vous en déplaise. En dansant la Javanaise. Une louloutte m'offrit tout de suite un jeu de miroir très sympathique, c'était de bon augure.

Assemblée Nationale

Incroyable, l'Assemblée Nationale se trouve à deux pas de la station de métro portant le même nom. Il y a parfois des coïncidences troublantes. "Est-ce que tu crois au destin ?".

Assemblée Nationale

Un type assez froid, au coeur de pierre monte la garde. Un tour rapide dans la toile mondiale semble dire qu'il s'agit de Sully. Je ne savais d'ailleurs pas que Sully répondait au doux prénom de Maximillien. 

Assemblée Nationale

J'effectue un 180, et me retrouve face à la Madeleine et à l'Obélisque. Son sommet pointu est maintenant doré, c'est un peu kitch. Tout comme la grande roue. 

Assemblée Nationale

Je ne suis pas prête à jurer que dans le même axe, ce soit le Sacré-Coeur, mais ça y ressemble. La mouette de Gaston était là aussi. Je me suis engagée sur le pont de la Concorde, je me suis accoudée à sa balustrade, et puis j'ai croqué ce que je voyais sur ma droite. La Seine, les péniches, et une grosse bâtisse sur la gauche du dessin. Ha ! Le Louvre m'a dit ma soeur, je me disais bien que ça avait de la gueule. Pas eu le temps de mettre des couleurs, c'est que je ne voulais pas arriver en retard à mon rendez-vous. Très réussi au demeurant.

10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 20:55
Avant Picasso

Pour rejoindre le musée Picasso depuis la station de métro, le promeneur traverse une partie du Marais. Les rues sont parsemées de boutiques chic, galeries, sans oublier et caetera.

Avant Picasso

Il y a même des cours intérieures pas moches du tout. 

Avant Picasso

Parfois des concepts étonnants. La fringue gallinacée, je ne connaissais pas.

Avant Picasso

Quelque chose dans l'air qui crisperait ces dames ?

Avant Picasso

Alors là nous tombons sur une boutique de perles. Comment résister à la tentation ?

Avant Picasso

Un coeur de pierre, mais un coeur de mère.

Avant Picasso

Tout va bien, je suis dans mon assiette.

Avant Picasso

Les pieds sur l'asphalte, la tête dans les lampions.

Avant Picasso

Ca vit d'air pur et d'eau fraîche un oiseau (Fugain, 1972).

Avant Picasso

La promenade est terminée. Attaquons le musée.

18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 21:37
Un dimanche au musée

Portes ouvertes au musée Edgar Clerc, qui domine l'océan bleu profond et la baie du Moule. La conservatrice est gironde et explique un tas de choses sur les calinagos qui vécurent dans le coin il y a quelques mille deux cents ans.

Un dimanche au musée

Elle reconnaît qu'on ne sait pas vraiment ce que sont ces objets à trois pointes. Sans doute des statuettes dédiées à la nature, mais comment en être sûr ?

Un dimanche au musée

Cet homme fut enterré avec quelques lambis en guise de déco. Les morts étaient placés en position de foetus dans leur sépulture, et sans doute emballés de tissu, ce qui leur a permis de garder la pose.

Un dimanche au musée

Les chiens aussi bénéficiaient de funérailles.

Un dimanche au musée

Pas si mal les journées du patrimoine.

15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 19:39
Pourquoi le 14 septembre ?

Et pas le 13 ni le 15 ?

 

Et puis qu'est-ce que c'est que ces choses blanches ? Une escadrille de colombes sur le fil à linge ? Des chauves-souris albinos ? Cinq croissants de lune dans le ciel de mes rêves ?

Un certain jour de l'année, elles se donnent le mot. Pour s'épanouir au même moment, sous l'action de l'air du temps.

 

Pourquoi le 14 septembre ?

Mes petites à moi habitent là, sur le tronc des palmiers-céleris, plantés par feu Alain. J'en profite pour te dire Alain que j'ai résisté à la horde de crétins qui voulaient toujours couper tes palmiers. "Ca fait pas propre et les feuilles abîment les voitures". Il aurait fallu qu'ils me passent sur le corps (hum) pour arriver à leurs fins.

Pourquoi le 14 septembre ?Pourquoi le 14 septembre ?
Pourquoi le 14 septembre ?

En dé-zoomant progressivement, on comprend mieux. Il s'agit d'une espèce d'Orchidée sauvage de Guadeloupe (dont le nom va peut-être me revenir un de ces jours). Ce qu'elle a d'extraordinaire (en plus d'être extraordinairement mignonne comme fleur), c'est que partout sur le territoire, elle fleurit le même jour. Boum, explosion de blanc ! J'ai d'ailleurs pris les photos un poil trop tard, c'était hier, et là elles ont perdu leur belle érection (re-hum). Et ce soir, tout ça ne sera plus qu'un joli souvenir.

Pourquoi le 14 septembre ?

Dommage qu'elles ne fleurissent pas le premier mai.

29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 23:38
Dans le gaz

De retour après quelques jours d'absence, je constate avec amertume que j'ai été victime d'un double vol.

 

Ma bouteille de gaz, qui n'est plus qu'un souvenir. Et mon vélo, que j'avais laissé sur la terrasse.

 

Pas cool mais c'est comme ça.

 

Puis mon réveil a sonné, et j'ai goûté la confiture d'abricots de Salt Lake City. Quelle idée de rêver qu'on se fait chourrer sa bouteille de gaz.

Je décide donc de raconter sans plus tarder ce non-évènement passionnant, et comme toute bonne interaute qui se respecte, je pars en quête d'une photo qui illusterait ce rêve.

 

Je tape "vieille bouteille de gaz", et je tombe sur un truc génial. La Butalamp. De vieilles bouteilles de Butagaz transformées en luminaires. Une partie du corps est remplacée par de la tôle perforée et - pétard de moine - ça doit faire un éclairage drôlement joli dans la case.

 

J'ai tout de suite contacté l'inventeur, pour savoir si l'objet coûte un bras, ou soulement un petit doigt.

 

Voilà. Et le plus extraordinaire, c'est que la bouteille et mon vélo n'avaient finalement pas été volés du tout.