30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 09:46
Araignée du matin

J'ai passé la journée d'hier dans mon train de banlieue Paris-Pointe-à-Pitre. Sur les 8h de vol : 7h de sieste, et une petite heure de lecture. Un magazine sur le yoga, dont j'ai retenu quelques idées. Se centrer sur soi, et sur ce qui nous lie. Certains l'appellent dieu, d'autres le grand tout, ou encore "la nature". C'est ce dernier vocable que j'adopte, depuis longtemps.

Les retours à la maison sont toujours un peu chargés. La moiteur, la fatigue du décalage horaire, la pensée des miens que je laisse de l'autre côté, les petits soucis du travail qui se profilent à l'horizon.

Alors je profite du petit matin pour dérouler mon tout nouveau tapis de yoga, épaisseur triple et caoutchouc naturel (émoticone sourire). Etant un peu troublée, j'opte pour une simple et courte séance de méditation (appelons un chat un chat comme disait quelqu'un que j'aimais). Je pose sur le tapis non seulement mes fesses, mais le tracas que je ressens. Je me concentre sur le souffle, je laisse passer avec plaisir le chant des oiseaux. Le chagrin vient, je le prends aussi tel qu'il est.

Il faut maintenant passer à l'alimentation du corps, le petit déj, pris avec Swan. Ce dernier reparti dans ses pénates, je reste un moment attablée, le nez au vent (il n'y a pas de vent). Et dans mon angle visuel, j'apercçois un être à 8 pattes se déplacer. A quelques centimètres de mon assiette, une belle et grosse araignée, venue de sous la table. Elle s'arrête tout près de moi, puis repart d'où elle est venue. Passées les quelques secondes de stupeur, ma raison me dit que je n'ai rien à craindre, et qu'elle est juste venue me déposer un message.

Araignée du matin, chagrin. Oui, mais pour mieux profiter de ce qui viendra ensuite.

21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 19:42
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs

Le coin des artistes - Rencontre improbable.

 

Cette femme est souriante. Le temps d'une discussion, elle a retrouvé ses souvenirs, et le goût de vivre.

 

On aperçoit un fauteuil roulant et le personnel soignant. Nous sommes aux Saules, où je suis allée aujourd'hui rendre visite à mon petit Papa. Dès que je l'ai réveillé, il a compris qui était là, et a suivi son fil avec pas mal de verve. Cette fois, le thème était l'Angleterre, je ne sais pas pourquoi. 

 

Face à nous une femme. Triste, fâchée. "J'en ai marre, je donne ma démission, je veux rentrer chez moi, je suis fatiguée". J'entame la conversation. Son esprit s'effiloche mais nous arrivons à quelque chose au bout d'un moment. Comme elle ne sait plus où elle habite, elle me montrer une carte où est inscrite son adresse. J'y lis aussi qu'elle est artiste plasticienne et je jette un oeil sur Internet. J'en reste baba.

Denise Bigot et ses colocs

Pas rien. Nait et passe son enfance à Tunis. Etudes d'histoire de l'art à la Sorbonne. Certificat d'archéologie, d'art du Moyen-Age, d'art moderne, d'esthétique et philosophie de l'art.

 

Etudie le dessin à l'atelier Charpentier, élève de Paul Colin.

 

Présidente du Comité National Français des Arts Plastiques de l'UNESCO.

 

J'en passe, encore plein de titres.

 

Ah oui, prix de la tapisserie française.

 

Denise Bigot et ses colocs

A évoquer sa vie, elle retrouve son allant. Je suis invitée chez elle. Elle n'a pas compris encore que chez elle maintenant, c'est ici. Je lui promets de retourner la voir.

 

Les autres pensionnaires ont surement aussi de belles choses enfouies en eux, mais ils ne les partageront plus.

Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs
Denise Bigot et ses colocs

Ces lieux ne sont pas aussi tristes qu'on pourrait le penser. 

 

15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 14:56
Les fourmis n'aiment pas le beurre

Contemplation matinale d'une saloperie de fourmi-manioc. Mi-rêveuse, mi-migraineuse, je machouille ma tartine pain-beurre-confiture (de goyave). Mon oeil suit distraitement les déambulations d'une de ces fourmis qui réduisent à néant mes moindres tentatives de jardinage.

 

La rousse à huit pointes (octospinosus c'est son petit nom latin) inspecte méthodiquement la planche à pain, palpant tout ce qui passe à sa portée à l'aide de ses trous de nez. De ses antennes si vous préférez, chacun sachant chasser que les insectes sentent avec leurs antennes.

 

Les morceaux qu'elle rencontre la laissent indifférente. Sans doute que ça ne vaut pas le coup de rapporter de si petites miettes dans le nid souterrain. Lequel abrite une énorme meule de champignons filamenteux, qu'elle et ses copines cultivent pour nourrir la colonie.

 

Ma fourmi du dimanche s'approche alors du couteau à beurre, et hop un petit palper d'antenne. Que ne fit-elle pas là !!! Comme si elle avait vu le diable en personne, ou pris une bonne chataigne de 220 volts. Sa réaction au contact du Paysan Breton avec cristaux de sel de Guérande fut de faire un bon de cabri à rendre pâle de jalousie Gertrude Kéops-Mouton (tenante du titre de championne du monde de saut en auteur de contes pour grandes personnes).

 

Scandalisée (enfin c'est ce que j'aurais ressenti à sa place), ma fourmi s'engage alors dans la procédure de nettoyage P-Fourmi-Prop V01. C'est que ses petites papilles olfactives, et peut-être gustatives, se trouvent noyées dans le gras. Pas facile de respirer avec une motte de beurre dans le nez, vous en conviendrez. La technique adoptée dans cette situation n'est pas sans rappeler la P-Chat-Prop V02, elle-même pratiquée par mon chat Ghana (qui vient de revenir après 3 semaines d'absence, mais là n'est pas le sujet) : la fourmi comme le chat passe sa patte de façon gracieuse et répétée sur l'organe à nettoyer, en inclinant doucement la tête sur le côté. La posésie de la toilette des animaux n'a pas fini de m'en boucher un coin.

 

Après une vingtaine de secondes, tout était rentré dans l'ordre. La fière ouvrière pouvait repartir toute guillerettte à l'assaut de mes bacs de thym-pays, agrumes et autres plantes à rhum à tiques.

 

A la Lézarde, l'autonomie alimentaire n'est pas pour demain.

 

 

10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 09:59
Welcome on board !

Il y a environ 18h, le 9 mai à 18h18, Princesse Tam-Tam a déboulé au son du tambour.

Nous a tenus en haleine deux jours durant, les parents étant partis peut-être un peu vite à la maternité.

Nous n'en pouvions plus, greffés à nos Whatsapp tels le bigorneau moyen à son hospitalier rocher.

En parlant d'hôpital, tout s'est très bien passé.

Marie est née, la première de la new generation.

Je peux le dire, c'est le bonheur.

Allez hop Marie, c'est parti et tu as toute la vie devant toi.

Photo tirée d'un article du Monde complètement idiot, intitulé "Etre parent pour la première fois serait pire qu'un licenciement".

 

 

22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 00:30
Lolo - Le coins des artistes, 32ème

Presque ma cousine. Quand elle était petite, je l'ai secourue : enfermée dans les toilettes de la maison de campagne. Etant moi-même à cette époque guère plus haute que 4 pommes et demi, j'ai pu entrer en me faufilant entre les barreaux du fenestron. Et je l'ai libérée !

Lolo - Le coins des artistes, 32ème

Après nous être perdues de vues pendant quelques dizaines d'années, le contact fut rétabli. Madame n'est pas idiote, elle vit maintenant au Maroc, à Marrakech. Est donc marrakchi(e ?).

Lolo - Le coins des artistes, 32ème

Marrakchie et néanmoins artiste, ce n'est pas incompatible.

Lolo - Le coins des artistes, 32ème

En témoignent ces photos. 

8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 21:31
Lévitation au voyage

Il n'est pas du genre à se mettre la rate à l'envers, quoi que...

 

Le benjamin prend son envol, au propre comme au figuré.

 

Ici à Marie-Galante, loin du cocon familial et trop à l'aise dans ses tongues. D'ailleurs abandonnées dans un champ de canne boueux.

 

Pas dure d'être maman avec des bestioles pareilles.

29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 23:01
Mékong

Le temps passe et mes souvenirs s'effilochent. Je vais bientôt retourner dans mon carnet de voyage au Cambodge pour retrouver de la matière. Mais pour l'heure, j'y vais sans filet, sur ce qui est là encore deux mois après le retour.

Mékong

Ce qui m'a incitée à partir là-bas, ce sont quelques mots, rien de plus. Le Mékong en est un. Evoquait pour moi le temps des colonies française et des guerres, les espaces plats et calmes où le temps s'arrête, la couleur du limon. Un monde totalement étranger et inconnu.

Mékong

Alors pourquoi pas un saut dans cet inconnu ? Je n'ai pas voulu préparer trop ce voyage, je me suis simplement mis la carte des régions dans la tête. Donc pas compliqué pour le Mékong, il suffit de le remonter, en partant du principe que plus on va vers la source, plus les choses s'épurent, à tous points de vue. 

Mékong
Mékong
Mékong

Le point de départ tout naturel fut Phnom Penh, là ousque l'avion se pose, et où le Mékong passe.

 

Il n'est pas le seul d'ailleurs, le Tonlé Sap y est son confluent, ce dont je me suis rendue compte le dernier jour. Et à ce qu'on dit, il est une période de l'année où le Tonlé Sap coule de l'aval vers l'amont, je n'ai pas vraiment compris pourquoi. A Phnom Penh, il y a non pas la promenade des anglais, mais la promenade des Khmers, au bord du (des) fleuve(s). Aménagée depuis peu, les familles s'y retrouvent en fin d'après-midi. Les touristes l'arpentent. De nombreuses marchandent proposent de quoi boire et manger. Le dernier jour, j'y ai passé la soirée avec des français de là-bas, amoureux du pays et de Khmères qui n'ont pas rechigné à leur faire des enfants sur le tard.

Mékong
Mékong
Mékong

La seconde étape fut Kampong Cham. Le Mékong y est moins sale. Pourvu d'un bon gros pont en béton, et d'un autre saisonnier, en bambou. Chaque année démonté avant la saison des pluies qui fait grossir le fleuve. Bordé de maisons flottantes, dont les habitants cultivent des petits carrés de légumes sur la rive. 

Mékong
Mékong

Instant de grâce, cet homme sur son bateau de bois et son chapeau pointu qui accoste pendant que je dessine. 

Mékong
Mékong
Mékong
Mékong

Et puis ces petites scènes de vie au bord du fleuve, et sur l'île qui s'y trouve. Pour celle-là, je ferai un article à part entière.

Mékong
Mékong

Pour en finir avec ce satané Mékong, la ville de Kratie. Prononcer Krèèè-t'chiou. Encore plus tranquille, encore plus plus propre, encore plus attachante. J'y ai rencontré Natalie de Bruxelles (et non Brice de Nice). Nous avons passé moins de deux jours ensemble, mais avons partagé de beaux moments.

Mékong
Mékong
Mékong
Mékong

Le coucher de soleil sur le fleuve, agrémenté d'une (deux ?) draft beers (de marque Cambodia et ou Angkor).

Mékong
Mékong
Mékong

La journée en tuk-tuk avec comme objectif officiel les dauphins d'eau douce. Ils étaient là mais nous avons également pris un petit bain dans les rapides. Et aussi visité le temple aux 100 colonnes, dans lequel Natalie m'a évité de commettre un énorme impair : présenter ses pieds au Bouddha. Eh oui, quand on s'asseoit devant une représentation du gros mec doré souriant, il faut mettre ses pieds sur le côté, où sous ses fesses, c'est ainsi.

Mékong

Goodbye Mékong.

28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 21:23
Gozyié - Le Gosier - Première

La rubrique des Lieux communs ne suit pas une progression exponentielle. On peut même affirmer qu'elle stagne, telle l'eau des pots de fleurs. J'ai pour le moment engrangé de la matière dans 13 communes de Guadeloupe, et seulement 5 posts à ce jour. Que fait la police ??

Pour la peine, vous en aurez deux pour le prix d'un, je suis allée, et retournée à Gosier. 

 

Il y a quelques jours, c'était vendredi saint. Un jour à se damner tant le ciel était radieux et la mer turquoise. J'avais déposé un petit troupeau d'adolescents heureux (surtout mon fils, encadré par 3 adolescentes épanouies) au débarcadère. Ce petit monde avait décidé de passer la journée à l'îlet Gosier.

Gozyié - Le Gosier - Première

L'îlet du Gosier est doté d'un phare, ici représenté sur le mur du cimetière.

Gozyié - Le Gosier - Première

Après avoir largué les lardons, je me trouvai désoeuvrée. Je m'en fut tout d'abord boire un Nespresso au lait, près de la mer, en terminant mon bouquin. Sans nouvelles de George (Clooney, who else), je me résolus alors à regarder autour de moi.

Gozyié - Le Gosier - Première

C'est là que je constatai les couleurs insolentes. Mauve pour la montagne, outremer turquoise et parme pour la mer, ocre pour le sable. Je décidai aussi sec (et ça tombait bien, j'avais pris de l'eau pour mon aquarelle), que les affaires allaient reprendre. Je n'avais pas ressorti les pinceaux depuis mon retour de voyage. Deux mois quand même sans barbouiller. Pour ce premier essai, je pris l'option DGV (dessin grande vitesse) : guère plus de deux minutes pour enregistrer cette portion d'univers.

Gozyié - Le Gosier - Première

Satisfaite du résultat, je n'en restai pas là. Re-belote, cette fois un peu plus détaillé, et la silhouette de la Basse-Terre. Et puis une tourterelle passait par là, à la fois pataude et gracieuse.

Gozyié - Le Gosier - Première

Une petite dernière pour la route. Chance, le cargo et le mec assis n'ont quasiment pas bougé pendant un quart d'heure. Les gosses et les vagues si. 

17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 20:49
C'est grave docteur ?

Il y a des jours où la malchance s'acharne sur de pauvres êtres sans défense.

 

Il y a quelque temps, je fêtais mon anniversaire. Me furent offerts des cadeaux tous plus chouettes les uns que les autres.

 

Dont une plante en pot. 

 

Je la plaçais amoureusement sur l'appui d'une fenêtre, en ayant soin de la disposer dans un récipient à moitié plein d'eau. Ou à moitié vide d'eau c'est comme on veut. Pour éviter que les fourmis-manioc ne viennent dévorer mon nouveau locataire. C'est bien connu, elles ne savent pas nager.

 

Première erreur de ma part, le récipient n'était pas assez large. Ces maudits Hyménoptères Formicidae de la tribu des Attini ont été sans pitié. Ils ont trouvé le moyen de passer à l'abordage. Tels Attila, rien n'a repoussé (pour l'instant) après leur passage. D'où les très jolies découpes en demi-cercle sur les feuilles de la plante.

 

Deuxième erreur, non moins funeste. Avoir cédé à l'énervement, et tenté fébrilement de virer ces saloperies saletés de bestioles. Comme vous l'avez lu plus haut, le pot était sur l'appui de la fenêtre, et la plantouze a valdingué deux mètres plus bas. D'où son look un peu décoiffé (et dépotté).

 

Morale de l'histoire : si vous me faites un cadeau, choisissez quelque chose de solide et qui ne se mange pas. 

7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 20:39
La darse de bon matin, chasse tous les chagrins

La darse de bon matin, chasse tous les chagrins

J'avais rencart avec un beau mâle

J'avais rencart avec un beau mâle

Sé strit art an nou

Sé strit art an nou

Et voilà. L'idée était de fêter mon arrivée sur terre, qui date de 20 832 jours. Soit environ 2 milliards, 339 millions, 850 mille, 340 battements de coeur. Sur la base de 78 battements de coeur par minutes en moyenne, corrigés des variations saisonnières. On peut aussi ajouter un peu plus de 45 millions de battements pendant que j'étais dans le ventre de ma mère.

 

Punaise il a battu mon coeur ! Et il bat toujours avec beaucoup d'entrain pour vous mes parents, amis, alliés.

 

Alors samedi soir, j'avais décidé qu'il ne pleuvrait pas. François m'avait gentiment proposé d'organiser un petit barbecue, avec juste les gens que je voulais. J'ai donc fait mon caprice, et tout installé dehors. Je voulais qu'on soit sous les étoiles exactement pour déguster la dorade, boire les bières de la Lézarde (et autres breuvages je le confesse), et raconter toutes les âneries qui nous passeraient par la tête.

 

Il a donc fallu aller chercher les délicieuses darnes de dorade à la darse.

 

Prochaine fois, je fête mes 3 milliards de battements en haut du volcan !