2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 20:41
Alors on sort

20 mars - J6

 

Première sortie ravitaillement. J'ai toute la panoplie : attestation, gants de caoutchouc noirs et bandana sur le nez, comme les bandits dans les westerns (la ferme Averel).

 

Je trouve pratiquement tout dans la petite boutique Olivia'grumes, pas la peine de s'agglutiner au supermarché. Et comme ça je papote 10 minutes avec mon amie Aude, qui y vend des fruits zé légumes.

 

Pour l'instant, tout va bien

 

 

14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 00:52
Pierres qui roulent

19 mars - J5

 

Il était temps de sortir de la zone de confort.

 

Ce matin : exploration de mon proche environnement, avec remontée de la Rose 🌹 

Ce n'est pas peu de chose, la rivière qui coule en bas de chez moi.

Revenue ensuite par un raidillon forestier, qui m'a menée auprès des rûches de Yann.

 

Tout roule ! Tout coule.

14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 00:39
Siyé, siyé, égoin-la kasé

17 mars - J3

 

Les choses se mettent en place. Swan reste à Evry, il a le moral.

Jeanne à Londres c'est moyen, les british ne confinent pas (encore ?).

Michèle s'est installée à Orvilliers et Marie est descendue dans le midi (le miidiii), tout près de la mer.

 

Et moi je m'échine sur ma calebasse, je dois trouver un moyen plus rapide de la scier.

8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 22:20
Prendre de la hauteur

16 mars - J2

 

Peu de visibilité pour le proche avenir, mais très belle visibilité depuis mon morne.

A 5 minutes à pied de ma case, je domine le Petit Cul-de-sac Marin, et aujourd'hui Désirade et Petite Terre sont nettement là (réflexion faite, ce n'est pas Petite Terre mais la Pointe des Châteaux.

 

J'essaie d'éteindre le petit feu d'anxiété qui démarre en moi : faut-il ou pas faire revenir Swan au pays

Et sera-ce possible ?

 

8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 22:09
Soleil d'huile et mer de plomb

15 mars 2020 - J1

 

J'ai décidé d'aller en plein air, sur mon anse préférée - Colas.

 

Je pensais être seule, mais les gars sont à la cabane de pêche, reggae à fond c'est plutôt sympa. Un couple arrive avec un kayak. Je barbouille un peu sous le soleil de plomb.

 

L'îlet Pigeon n'a pas bougé.

9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 23:59
Parlons retraites, parlons chiffons

Parlons retraites, parlons chiffons

Je ne suis pas sexiste, d'ailleurs je connais quelques femmes.

Rendez-vous était pris de bon matin, place de l'Hôtel de Ville. Temps radieux. Syndicalistes arborant de belles couleurs. Après les discours d'usage, il est temps de défiler !

Es ou paré ?

Es ou paré ?

Un petit faible pour Force Ouvrière, je squatte leur formation :-)

Un petit faible pour Force Ouvrière, je squatte leur formation :-)

Des tee-shirts aux couleurs syndicales, soit, mais chacun peut y mettre sa touche. Pour mon plus grand bonheur, le wax est là.

Sur la tête

Sur la tête

Rien à envier à Néfertiti

Rien à envier à Néfertiti

Tra-va-yé, an-lari la
Les oreilles aussi envoient des messages

Les oreilles aussi envoient des messages

J'essaie de me recentrer sur le sujet du jour, les retraites et tout le reste. Tout a été dit ou presque. Attendons que le gouvernement expose son plan innacceptable, puis manifestons à nouveau.

Premier prix du slogan à double tranchant

Premier prix du slogan à double tranchant

En allant faire un tour sur wikipedia, je suis tombée sur la liste des grandes manifs depuis la Révolution française (elle était maousse celle-là). Avec nombres de participants et résultats obtenus. En moyenne, ça peut marcher de descendre dans la rue.

Premier prix du slogan pétillant

Premier prix du slogan pétillant

Tra-va-yé, an-lari la

Nous (1 000 ? 2 000 ? personnes) avançons sous le soleil exactement, et dans la plus grande décontraction. 

C'est pas nous m'sieur l'agent !

C'est pas nous m'sieur l'agent !

C'est qu'il a du spectacle

C'est qu'il a du spectacle

Le défilé passe rue Frébault, une des rues les plus commerçantes. Alors je me suis un peu déconcentrée.

Du wax

Du wax

Mais pas seulement

Mais pas seulement

Jusqu'où va-t-il se nicher ?

Jusqu'où va-t-il se nicher ?

Là où on est contents de ne pas être dans une grande ville, c'est que la présence policière est, comment dire, réduite. Mes deux sbirettes ont tant bien que mal réussi à dénombrer 6 représentants de la force de l'ordre. 

C'est nous les sbirettes, et on veut nos retraites !

C'est nous les sbirettes, et on veut nos retraites !

2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 21:43
Gigantesque orgie la nuit dernière

Mes amis, je suis épuisée.

 

Je sais pouvoir compter sur votre discrétion sur ce qui s'est produit la nuit dernière. Nous étions 16 en tout. Des hommes et des femmes âgés de 24 à 59 ans, tous magnifiques et pleins d'entrain.

 

Le dress-code était latex noir, et masque.

 

Après plus d'une heure de préliminaires, les éjaculations se sont produites à un rythme tout bonnement incroyable. Nous nagions littéralement dans les spermatozoïdes. A la belle étoile en plus, c'était merveilleux. Même la voie était lactée, et nous étions presque sans voix devant une telle communion sexuelle.

Gigantesque orgie la nuit dernière

En plus de la combinaison noire et du masque, nous avions chacun dans la bouche un tuba, afin de pouvoir respirer sous la mer. Le trajet depuis l'Anse Caraïbe jusqu'aux îlets Pigeon se fit comme dans un rêve. Zodiac silencieux et stable, mer d'huile, nous filions à toute berzingue dans la nuit noire.

 

Immersion dans deux ou trois mètres d'eau, plus tiède tu bous (29 degrés au doigt mouillé). Lueur bleutée et rassurante de la lampe de notre groupe de 4. Nous nageons dans le noir sans peur aucune. Nous savons que ce soir c'est le jour de ponte, synchronisée, d'une certaine espèce de coraux. Petites apnées tranquilles, les poissons et drôles d'animalcules nous font risette. Pas de pontes de coraux mais quelle importance ?

Une partie de la team glou-glou

Une partie de la team glou-glou

Une heure et sa moitié sont passées sans qu'on s'en rende vraiment compte. Et une voix nous appelle alors "Venez vite, ils pondent !".

 

Quelques coups de palmes pour rejoindre l'autre groupe. Tout le monde frétille dans une eau saturée de millions de petites particules sphériques, blanches, de 2 ou 3 millimètres de diamètre. Avec aussi d'autres particules très énervées, plus allongées, sans doute du zooplanctoon venu faire un festin de ces petits oeufs de corail.

 

Enfin pas encore des oeufs. Pour le moment, des gamètes mâles et femelles, tous largués en même temps à la surface du corail. Nous fantasmons et imaginons qu'au bout de quelques minutes, des milliers de fécondations se seront produites, et que les bébés vont doucement retomber sur le corail ou ailleurs, pour augmenter la colonie.

© Disneynature (pfff)

© Disneynature (pfff)

Ce qui est fou, c'est que les savants arrivent à connaître quel jour de l'année et à quelle heure chaque espèce de corail va pondre.

 

La lune et la marée expliquent une part du mystère.

 

J'avoue, j'en ai avalé.

27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 00:25
La Havane, 2004

La Havane, 2004

Dimanche matin, je n'ai croisé ni le roi ni l'empereur et encore moins le petit prince.

 

J'ai par contre croisé sur la route de la Lézarde un monsieur à fière allure. Jolie chemise à carreaux, pantalon de toile, et une improbable cravate dans les tons de jaune. Il portait à la main un joli rameau. 

 

Comme j'étais en voiture et lui à pied, l'apparition fut brève, et mon cerveau me fit un retour d'information rapide : "Ce monsieur va sans doute rendre visite à une personne chère à son coeur". Et j'en fus toute émue.

 

Quelques secondes plus tard, toujours le même cerveau (il faudrait savoir tout de même) répliqua en un éclair : "Mais non ! Le rameau dans sa main est un Cycas, justement le rameau que les catholiques pratiquants utilisent à la place des rameaux de buis, vu que le buis que nenni par ici. Alors ce monsieur va tout simplement à la messe". Et je fus toute réjouie de voir la gentillesse et la simplicité sur le visage de cette homme.

 

Comme c'était le dimanche des Rameaux, tout cela était cohérent et je crus mon cerveau numéro 2.

17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 17:42
Je n'ai pas que ça à  faire

Je pars m'aérer. Comme souvent, à Viard. Pas loin, la mer, la mangrove, le vent, les oiseaux. Pfff une voiture est arrêtée au beau mitan de la petite route. C'est que je n'ai pas que ça à faire moi ! 

Elle repart, et je jette un oeil là où elle était arrêtée, au niveau d'une petite ravine. Un peu cracra mais bien sympa avec ses zones humides et ses pâtures à l'arrière plan. 

Hein que vois-je ?

 

Une, non deux tortues de terre, prenant le soleil de fin d'après-midi sur la petite berge argileuse. Je pourrais faire une photo mais je préfère juste garder l'image dans la tête. Au final, je sors à toute vitesse mon carnet à dessin pour croquer vite fait au crayon papier les deux molokoïs.

 

Je repars (c'est que je n'ai pas que ça à faire : j'ai prévu de marcher sur la plage). Mais je n'y tiens pas et fais demi-tour. L'image était trop belle, et je décide de me lancer dans une aquarelle complète : au fond un bel arbre, dans l'axe une vache rousse et un vache blanche, et juste en dessous, les tortues qui sont maintenant au nombre de trois.

 

Une femme passe et je lui fais signe de regarder. Elle s'extasie. Pour un autre animal que je n'avais pas vu, un petit héron vert, autrement appelé kio. Chacune voit midi à sa porte. Nous sommes ravies toutes les deux.

Finalement, je n'avais que ça à faire.

14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 23:34
Fromager dessert

Certaines journées apportent leurs lots de petits bonheurs.

 

Tout avait commencé avec Mademoiselle M, qui souhaitait aller passer en ma compagnie de l'eau et des pigments sur des feuilles de papier. Plaisir simple du barbouillage.

Fromager dessert

Une mise en condition s'imposait, avec trempage des corps dans l'eau chaude de la ravine Thomas. Se faire griller les petons sur une roche brulante contribua en partie à notre bonheur.

Fromager dessert

Après avoir bifurqué sciemment sur une route inconnue en direction du centre Selbonne, nous nous aventurâmes (et conscience) dans des chemins mal pavés, pentus, mais très bien famés : de belles petites cases modestes, comme on les aime. Quand soudain ! Un fromager nous fit signe de nous arrêter. Ce que nous fîmes derechef, n'écoutant que notre bon plaisir.

Fromager dessert

Le bougre ne manquait pas de piquants.

Fromager dessert

Ni de perspective.

Fromager dessert

Nous posâmes donc nos deux augustes popotins à l'ombre du fromager, le regarder fixé sur la ligne bleue des Vosges Mamelles. Ou autres monts, je ne suis pas très sure.

Fromager dessert

Petite digression tant que j'ai le micro. Etonnante cette roche. La pierre angulaire ? Quoi qu'il en soit, mademoiselle M et moi sortîmes notre attirail de parfaites peintres du mardi. Comme d'habitude, nous pestâmes contre le paysage qui change tout le temps de couleurs, contre la petit pluie qui nous interrompt au mauvais moment, et contre les fourmis dans les jambes. 

Fromager dessert

Et pour couronner le tout, nous nous sommes tapées un Magnum double caramel en redescendant, attablées face aux îlets Pigeon. Fromager dessert !