20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 17:45
Kout zyé asi 50/50

Moment de couleur, bleu, noir et or.

 

Mardi dernier

Mardi-Gras

A la Pointe encore une fois

Akiyo nou mélé

Bons princes ils nous ont acceptés

2-3000 bleus à débouler !

Bleu de travail, casque et frontale

Sur les quais, Victoire, Carénage !

Math, Cath, So et Maroon

Sé zingrédyen-la sé bon bon bon

 

 

Pix Nina Brf

17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 17:42
Je n'ai pas que ça à  faire

Je pars m'aérer. Comme souvent, à Viard. Pas loin, la mer, la mangrove, le vent, les oiseaux. Pfff une voiture est arrêtée au beau mitan de la petite route. C'est que je n'ai pas que ça à faire moi ! 

Elle repart, et je jette un oeil là où elle était arrêtée, au niveau d'une petite ravine. Un peu cracra mais bien sympa avec ses zones humides et ses pâtures à l'arrière plan. 

Hein que vois-je ?

 

Une, non deux tortues de terre, prenant le soleil de fin d'après-midi sur la petite berge argileuse. Je pourrais faire une photo mais je préfère juste garder l'image dans la tête. Au final, je sors à toute vitesse mon carnet à dessin pour croquer vite fait au crayon papier les deux molokoïs.

 

Je repars (c'est que je n'ai pas que ça à faire : j'ai prévu de marcher sur la plage). Mais je n'y tiens pas et fais demi-tour. L'image était trop belle, et je décide de me lancer dans une aquarelle complète : au fond un bel arbre, dans l'axe une vache rousse et un vache blanche, et juste en dessous, les tortues qui sont maintenant au nombre de trois.

 

Une femme passe et je lui fais signe de regarder. Elle s'extasie. Pour un autre animal que je n'avais pas vu, un petit héron vert, autrement appelé kio. Chacune voit midi à sa porte. Nous sommes ravies toutes les deux.

Finalement, je n'avais que ça à faire.

13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 12:39
Carnavagues

Van la ka souflé

Vag la ka lévé

Salabwèl au déboulé

Promesse du matin

La rose du Brésil ramassée n'aura qu'un temps

Et ce temps je le prends

5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 15:17
Dédicace Zabou

Dédicace Zabou

Moment de couleur. Blanc cette fois-ci. Blanc n'est pas une couleur je sais mais je fais comme si. 

 

Blanc comme le temps qui semble s'être arrêté.

Blanc comme pas de vent car avant le vent il n'y a pas de vent.

Blanc comme Adèle Blanc-Sec qui me souffle à l'oreille des messages d'optimisme.

Blanc comme mon coeur, qui se serre à l'idée de ceux pour qui le vent va détruire ce qui leur est cher.

Blanc comme le ciel à cette heure, avant qu'il ne devienne noir et zébré d'éclairs.

Blanc comme les pages que je vais plus tard colorer, pour capturer un peu de ce qui va passer.

1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 01:05
La preuve que je ne rêve pas

Ouh la la ça marche comment déjà Overblog ? Depuis des mois, je cède à la facilité de l'icône bleue et blanche. Quoi de plus simple que de balancer des images, plus ou moins légendées ? Et d'espérer un peu bêtement que ça suscite l'enthousiasme des foules, symbolisée par des petites mains et parfois même des coeurs.

La preuve que je ne rêve pas

Ceci dit, je n'ai rien contre les mains ni les coeurs, bien au contraire. Le sujet de cet article (y a-t-il vraiment un sujet, je ne suis pas sure), pourrait peut-être démarrer autour des mains.

La preuve que je ne rêve pas

Ce matin, j'ai pris sur moi de ne pas céder à l'envie de traîner au lit comme je le fais depuis quelques semaines, période d'été oblige. Et plus je me levais tard (parfois 7 heures, vous imaginez ?), moins j'avais envie de me lever. Et plus je ressassais quelques bricoles n'ayant aucune importance d'un point de vue intersidéral, mais considérablement importantes du point de vue de mon nombril. Qui est (tout comme le vôtre), un des innombrables centres de l'univers.

La preuve que je ne rêve pas

Je viens de finir un livre de Bernard Werber, Le sixième sommeil. Je ne le conseillerais pas vraiment mais je l'ai terminé quand même. Comme ça traite des rêves, forcément ça m'a intéressée, moi qui suis grande rêveuse devant l'éternel, et derrière mon oreiller. Et quand je lis des trucs sur les rêves, je me rappelle mieux de mes rêves. J'ai même un petit cahier et un bic à demeure dans mon plumard pour noter au réveil.

La preuve que je ne rêve pasLa preuve que je ne rêve pas

Un de mes fils adorés m'a souvent briefé sur les rêves lucides, qu'il rêve de faire (enfin je me comprends). Le rêve lucide, messieurs-dames, c'est un rêve que l'on fait tout en étant plus ou moins conscient qu'on n'est pas dans la réalité. Ce qui peut permettre de délirer un vieux coup sans aucun risque. Mais c'est énervant, parce que bien que nos rêves nous mettent le plus souvent dans des situations complètement extravagantes, nous ne sommes pas fichus de nous en rendre compte.  

La preuve que je ne rêve pas

"Je participe à une émission de télé. On fait venir ma Maman, elle est dans son jeune temps : brune, belle et souriante. Elle est venue pour montrer ses seins, ce qu'elle fait en les dégageant de son corsage, un peu comme Margot pour donner la gougoutte à son chat. Je n'ai pas honte, je trouve ça plutôt joli" (rêvé le 26 juin 2006, alors que ma mère avait 82 étés). J'aurais quand même pu me douter que je rêvais non ?

La preuve que je ne rêve pas

A ski paraît (coucou Bruno, ça serait chouette qu'on refasse du ski ensemble), un moyen d'essayer de basculer dans un rêve lucide, c'est de regarder ses mains, ou un miroir, ou ses whatsapps, lorsqu'une situation vous paraît louche. A force de le faire dans la réalité, nous aurons peut-être l'idée de le faire dans un rêve, et il semble que ces petits gestes quotidiens ne soient pas possibles en rêve.  

La preuve que je ne rêve pas

Hier, il m'est arrivé un truc extraordinaire : il s'était mis à pleuvoir, et pour une fois j'avais mon parapluie. Alors j'ai regardé mes mains, mais elles étaient là. Raté. 

Je ne désespère pas d'y arriver. Mais finalement pour quoi faire ? Que ferais-je en rêve que je n'ose pas faire en vrai ? Ce sera peut-être mon prochain sujet, vous n'êtes pas sortis de l'auberge !

Postface - Ce matin, en plus de me lever tôt, j'avais plus ou moins décidé que la vie serait belle. La réalité ne m'a pas contredite.

 

Post-scriptum - Toutes les photos ont été prises en ce dernier jour d'août. Toutes (sauf la première) ont dérobé une part de l'âme de la plage de Viard.

La preuve que je ne rêve pas
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 00:05
Trottoir à la Nouvelle Orléans

Trottoir à la Nouvelle Orléans

Il ne faut pas blâmer une contrariété, ni même deux.

Mon réparateur de machine à laver (le linge) m'a laissée tomber comme une vieille chaussette (sale). Il a bien changé le joint du hublot il y a deux mois, mais l'eau coule quand même à flots sur le sol de la cuisine. Je n'ai rien contre l'eau qui coule à flots, mais dans un autre contexte.

Trafalgar falls à la Dominique

Trafalgar falls à la Dominique

Je ne veux voir que le côté positif de cette micro-mésaventure (à l'échelle planétaire). Ce n'est pas désagréable du tout de descendre au lavomatic en bas de  ma rue. Je flemmarde pendant que le tambour de la machine fait la révolution (j'évalue à environ 2 000 le nombre de révolutions effectuées pendant les 40 minutes du programme. Mieux qu'en 1789 où il n'y en a eu qu'une).

Merci Eugène (Delacroix, 1830)

Merci Eugène (Delacroix, 1830)

La semaine dernière, seconde contrariété : j'oublie de redescendre chercher mon linge, ayant commencé à boire un verre avec mon amie Alex. C'est pas beau de boire je sais. Qu'à cela ne tienne, je fais un crochet le lendemain matin en allant déposer mon dernier né au lycée. Une bonne âme (dont j'ignorerai à tout jamais l'identité) avait mis de côté ma collection de petites culottes et autres irrésistibles atours.

Je préfère Aubade quand même

Je préfère Aubade quand même

Toute guillerette, je redémarre mon vieux petit bolide rutilant, en empruntant la déviation (je vous fais grâce de l'histoire de la déviation). Cette route déviée fait face à la chaîne de montagne qui barre mon île du nord au sud (ainsi que du sud au nord si on veut être juste). La veille, nous avions subi ce qu'il est convenu d'appeler un temps de chiottes (dont on aurait tiré la chasse d'eau). Les rivières étaient sorties de leurs gonds (ou de leur lit, je ne me rappelle plus). Atmosphère donc inhabituelle et perturbée.

Ha mélie !

Ha mélie !

Et vlan ! C'est là que je fus frappée de stupeur. Je pilai immédiatement (non pas le mil, mais sur la pédale de frein). A notre vue s'offrait un spectacle surnaturel, que je tente de me remémorer.

La bande du sommet des montagnes émergeait d'un gros bourrelet de coton blanc nuageux, qui semblait être tombé du ciel. En dessous, la forêt sombre. Cette bande montagneuse etait violemment éclairée par la soleil levant, qui révélait des teintes acides. Prochainement sur vos écrans.

Cela aura duré moins d'une minute, pendant laquelle j'ai été tentée de dire "oh mon dieu", avant de me rappeler qu'il n'existe pas.

Comment ça on n'existe pas ?

Comment ça on n'existe pas ?

Le mot de la fin est revenu à Swan : "Maman, on ne va pas travailler et on file en haut du volcan, plus jamais ça ne sera comme ça".

9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 20:53
Coucou-manioc et Kio, Beaugendre ensorcelée, Bassin carrelé et coeur serré

Coucou-manioc et Kio, Beaugendre ensorcelée, Bassin carrelé et coeur serré

Jacques a dit beaucoup de choses dans sa vie. Tout au moins j'ai beaucoup entendu, dans les nombreux instants partagés.

 

Jacques c'est Jacques Fournet. Je sais que c'était un grand botaniste mais ce n'est pas à un botaniste que je pense quand je pense à lui.

 

Il a dit beaucoup, mais jamais trop souvent, jamais en se répétant. Juste ce qu'il fallait. Et tout le monde l'écoutait.

 

Il disait des choses des plantes c'est vrai. Imaginez qu'il pouvait citer le nom de presque toutes les plantes qui habitent dans le beau pays de Guadeloupe. En français, en latin et parfois en créole si le mot existait. 

 

Lorsqu'en janvier dernier il a parlé de son parcours, sa conclusion a été la suivante : "Ah c'est vrai que maintenant j'ai un peu tendance à oublier le nom des plantes. Heureusement que j'ai fait une flore, je peux regarder dedans !".

 

Mais il disait aussi des choses de toutes sortes. Des blagues chuchotées à l'oreille pendant les réunions. Des anecdotes sur les collègues (avec malice mais jamais méchanceté). Des opinions politiques étayées. Des choses sur l'entraide.

 

Jacques a dit ne pleurez pas. J'essaie. Et si une larme roule, ce sera pour glisser sur les feuillages de la forêt.

 

Un souvenir en images

13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 23:54
Les Gréna sont là

En créole dans le texte. Gréna = grenat. Du nom de la couleur des vieilles mobylettes de marque Motobécane (je crois).

 

Ces fringants destriers ont fait leur apparition il y a une cinquantaine d'années (à vue de nez) en Guadeloupe, du temps où les gens modestes n'avaient pas de voiture. Révolution pour sé mésié-la, qui pouvaient se déplacer à leur guise, et notamment pour aller travailler.

 

Maintenant c'est plutôt scooter, mais beaucoup de vieux ont encore leur Gréna.

Merci http://www.leblogdecom.fr/

Merci http://www.leblogdecom.fr/

Mais pourquoi donc cette chronique motocyclique ?

 

Parce qu'en rentrant du boulot, ce qui m'arrive eviron cinq fois par semaine, je suis passée, pour changer, par la route du Pont cassé. Cette petite route de campagne est bordée d'un manguier vieux comme mes robes, et de pièces de cannes. Pièce de cannes = champ de canne à sucre.

 

Depuis une vingt-cinquaine d'années, la récolte de la canne s'est mécanisée petit à petit. Imaginez les temps de la récolte manuelle, que j'ai connus grand bien m'en fasse. En période de coupe, des armées de journaliers, souvent haïtiens, déboulaient dans les champs dont la hauteur les dépassaient largement. Vêtus des pieds à la tête. Ca ne rigole pas la canne, les feuilles sont pleines de toutes petites aiguilles de silice, dont le job semble être de se piquer dans votre peau. Amer retour du sucre de canne pour celui qui la coupe.

 

Ces pièces de canne du Pont cassé sont encore récoltées à la main, et de ce fait sont brûlées avant la coupe. Cela facilite le travail, en réduisant en fumée les feuilles sèches. Tant pis pour le sol, point de retour de matière organique. Mais quelle beauté ces flambées nocturnes, et l'odeur des champs ainsi carbonisés.

 

Eh bien ce soir à la tombée de la nuit, une Gréna était encore là dans le champ fraîchement coupé. Les vieux journaliers sont toujours là, combien de temps encore ?

14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 20:52
Poussière d'étoile, sur http://kunst-lab.de/

Poussière d'étoile, sur http://kunst-lab.de/

Anna est là.

 

Anna : la grâce en hébreu.

 

14 mars jour radieux.

 

 

1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 22:10

2017 devrait être une année riche (en quoi je ne sais pas), compte tenu du soin que j'ai pris à honorer le rite du bain démarré. 

Démarré à triple détente

On n'est jamais trop prévoyant, j'ai pris le premier bain démarré le 31 décembre. Avec Aude et Eric, à la plage du bourg de Bouillante. Petits galets noirs, eau limpide, et tout simplement bouillante. C'est qu'une petite rivière thermale s'y jette. Gros panard de nager dans une onde à 40° et plus. Et de rechercher plus loin un peu plus de fraîcheur. Le haïku serait :

 

L'anse ouvre ses bras.

Chaud froid soufre et montagne.

L'arc-en-ciel est là.

 

Démarré à triple détente

Second bain démarré plus réglementaire, pris le 1er janvier. Plage de Viard ma bien-aimée. Seule au lever du soleil. Un navire de croisière charrie mollement quelques milliers de vacanciers sans doute encore dans les limbes du sommeil et de l'alcool. Le haïku serait :

 

Reflets orangés.

Sable noir essoufflé.

Un coq me surprend.

Démarré à triple détente

Le troisième bain démarré a été subi plus que choisi. Mais je ne lui en ai pas voulu. Une petite marche avec Valérie à la Pointe à Bacchus (mais nous n'avions pas emporté de vin). Je la guide sur le caillebotis de la forêt marécageuse. Drôlement abîmé le caillebotis. Je pose mon pied sur ce que je pensais être de la terre ferme (de la boue ferme devrais-je plutôt dire), et floup ! Comme dans les films, je suis dans les sables mouvants jusqu'à a taille. Sauf que ce n'est pas du sable mais du marécage. L'impression est fraiche tendance tiède, avec matière organique en décomposition. Par chance seule ma jambe gauche est engloutie, et il n'y pas de crocodiles dans les parages. Le haïku serait :

 

Au ras du marais.

Amis palétuviers

Conscience aiguisée.

 

Post-scriptum : ma jupe est à laver !

Vous devez vous demander (sauf que le premier janvier souvent on ne se demande rien) pourquoi je vous bassine avec des haïkus. C'est qu'en rentrant de cette promenade organique, des gens sur France Inter parlaient de cette forme de poésie. Comment rendre poésies certains moment de votre vie. Avec la contrainte des 17 syllabes : 5-7-5.

 

Voilà c'est fait !