30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 21:13
Je mets des talons où j'enlève mes lunettes ?

J'ai fait la connaissance d'une opticienne charmante et portugaise, qui répond au doux nom de Carla. Tant et si bien que je lui vouai une confiance aveugle et remis ma vue entre ses mains. Elle choisit pour moi (agréable de n'avoir pas à choisir) une petite monture genre John Lennon mais en fille. Pour les verres là encore, je n'eus qu'à dire un mot : pas trop de tralalas couteux.

Cerise sur le gâteau, elle s'est occupée de contacter ma mutuelle et de dire au fabricant de verres que c'était ultra-urgent passque la petite dame elle repart chez elle vous comprenez. Résultats des courses, 57 €, là je dis bravo.

Chaussée donc de mes nouveaux bésicles et d'une paire de baskets, je pars me promener en forêt avec mon néné et ma frangine. But avoué : nous la couler douce au soleil à l'ombre des chênes pour regarder, lire le dernier Grangé ou dessiner. C'est là que j'ai commencé à ressentir des trucs bizarres. Je me suis sentie comme absorbée par la terre. Je rapetissais et avais l'impression d'avoir de toutes petites jambes. Je ne suis déjà pas géante, mais là j'étais quasi comme la femme de Bilbo.

 

La sensation allait même jusqu'à me sentir fatiguée de marcher dans les bois, mes petites jambes ayant du mal à fonctionner. Il y avait peut-être un petit biais lié à un genre d'état de fatigue, ceci étant une autre histoire.

 

Je n'accordai pas plus d'attention que ça au phénomène, et m'installai confortablement, le cul non pas entre deux chaises, mais entre deux racines. Devant mes yeux presque éblouis mais pas tant que ça, le soleil étant déjà bas, et filtré par le vert feuillage, donc devant mes mirettes, une forêt de chênes en contre-jour. Magnifique. L'homme est ainsi fait, la femme aussi, il cherche à capter et reproduire ce qui l'émeut, y compris les vaches et les émeus mais là c'était un putain de taillis sous futaie vachement difficile à dessiner.

 

Courageusement j'y suis quand même allée, et ai finalement réussi à sortir quelque chose de chouette. Vous remarquez au passage que je progresse : je suis capable de dire que je fais des choses bien.

 

L'heure tourne et nous remballons nos petites affaires, la journée a été délicieuse. Sur le chemin du retour, même topo. Une langueur m'empêche d'allonger le pas, et je me sens toujours au ras des paquerettes (il y en avait d'ailleurs). Une idée émerge, et si c'étaient mes nouvelles lunettes la cause de cette faille spatiale ???

 

Pour tester cette audacieuse hypothèse, j'appliquai immédiatement le protocole suivant. Matériel et méthodes : regarder avec ses lunettes, les enlever, noter si le phénomène persiste. Résultats : bin quand je les ai ôtées de mon nez, tout est redevenu normal. Je voyais à nouveau le monde en hauteur, et mon pas se déliait. Conclusion et perspectives : c'est bizarre quand même, je vais me renseigner pour savoir s'il n'est pas nécessaire que je consulte un exorciste pour chasser le démon de mon corps.

 

Autre perspective : porter des chaussures à talons pour éviter d'enlever mes lunettes à tout bout de champ.

 

 

15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 14:56
Les fourmis n'aiment pas le beurre

Contemplation matinale d'une saloperie de fourmi-manioc. Mi-rêveuse, mi-migraineuse, je machouille ma tartine pain-beurre-confiture (de goyave). Mon oeil suit distraitement les déambulations d'une de ces fourmis qui réduisent à néant mes moindres tentatives de jardinage.

 

La rousse à huit pointes (octospinosus c'est son petit nom latin) inspecte méthodiquement la planche à pain, palpant tout ce qui passe à sa portée à l'aide de ses trous de nez. De ses antennes si vous préférez, chacun sachant chasser que les insectes sentent avec leurs antennes.

 

Les morceaux qu'elle rencontre la laissent indifférente. Sans doute que ça ne vaut pas le coup de rapporter de si petites miettes dans le nid souterrain. Lequel abrite une énorme meule de champignons filamenteux, qu'elle et ses copines cultivent pour nourrir la colonie.

 

Ma fourmi du dimanche s'approche alors du couteau à beurre, et hop un petit palper d'antenne. Que ne fit-elle pas là !!! Comme si elle avait vu le diable en personne, ou pris une bonne chataigne de 220 volts. Sa réaction au contact du Paysan Breton avec cristaux de sel de Guérande fut de faire un bon de cabri à rendre pâle de jalousie Gertrude Kéops-Mouton (tenante du titre de championne du monde de saut en auteur de contes pour grandes personnes).

 

Scandalisée (enfin c'est ce que j'aurais ressenti à sa place), ma fourmi s'engage alors dans la procédure de nettoyage P-Fourmi-Prop V01. C'est que ses petites papilles olfactives, et peut-être gustatives, se trouvent noyées dans le gras. Pas facile de respirer avec une motte de beurre dans le nez, vous en conviendrez. La technique adoptée dans cette situation n'est pas sans rappeler la P-Chat-Prop V02, elle-même pratiquée par mon chat Ghana (qui vient de revenir après 3 semaines d'absence, mais là n'est pas le sujet) : la fourmi comme le chat passe sa patte de façon gracieuse et répétée sur l'organe à nettoyer, en inclinant doucement la tête sur le côté. La posésie de la toilette des animaux n'a pas fini de m'en boucher un coin.

 

Après une vingtaine de secondes, tout était rentré dans l'ordre. La fière ouvrière pouvait repartir toute guillerettte à l'assaut de mes bacs de thym-pays, agrumes et autres plantes à rhum à tiques.

 

A la Lézarde, l'autonomie alimentaire n'est pas pour demain.

 

 

2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 00:32
Titre alcoolique nul

Pour rassurer Zabou.

Titre alcoolique nul
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 10:41
Une Carib sinon deux Carib

Rien de spécial.

 

Juste l'estéthique de ces deux petites âmes soeurs batifolant dans les pommes.

12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 20:10
Klo aime le Kio !

Souvent, ou parfois, voire même pas toujours, les animaux portent un nom qui ressemble à leur cri.

 

Exemples.

 

Le Gli-Gli, qui fait gli-gli-gli-gli. C'est un petit faucon.

Le Pipirit, qui fait pi-pi-pi-pi-rit. C'est un tyran (gobe-mouches en français).

Il y a aussi le Krakra qui fait krakra. C'est un gros martin-pêcheur.

 

Et le kio, qui fait kio ! C'est un petit héron.

 

C'est de lui dont je voulais vous parler, en ayant croisé un pas plus tard qu'il n'y a pas très longtemps. Sur le parking à mon boulot, ousk'il y a baeucoup d'herbe et de petits animalcules à grignoter pour les hérons de son espèce.

 

Le Kio est un animal paradoxal.

 

Discret mais facile à approcher pour qui s'y intéresse.

N'hésitant pas à s'aventurer à découvert, mais à pas de loup comme s'il voulait se faire oublier.

Fréquent mais toujours seul.

Surprenant toujours par son kio ! strident à l'envol.

 

C'est tout.

 

La photo fut prise par Thomas à la Désirade.

13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 00:31
Conjonction

Voyez-vous cette papaye de belle taille ?

 

Elle n'a pas été ramassée à la foufourche.

 

Il y a quelques jours, j'effectuais un travail assez physique et répétitif, à proximité d'un pied de papayer. Les yeux dans le vague, perdue dans mes pensées, et essayant tout de même de ne pas me planter le couteau dans la main en découpant d'énormes tubercules d'ignames.

 

Quand tout d'un coup.

 

Un bruit genre vlan badaboum. Et une image de boules vertes rebondissantes.

 

Mes collègues et moi venions d'échapper de justesse à un accident de travail. 

 

Le papayer qui trônait fièrement quelques secondes auparavant à proximité du hangar à ignames venait de s'effondrer à moitié, victime d'une surchage pondérale, voire d'une maladie honteuse !

 

Conséquence immédiate : la petite douzaine de grosses papayes qu'il portait chut également, d'une hauteur que j'estime à 3 mètres.

 

Autrement dit à peu de choses près, nous eussions pu être assommés par cette chute de fruits.

 

Mon premier réflexe fut de me précipiter pour récupérer le plus gros, que je prévois de préparer en choucroute. Si vous me le demandez à genou, je vous donnerai la recette de la choucroute de papaye.

2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 20:44

Sans vouloir trop m'avancer, je pense avoir réussi à trouver le petit bout de fil.

 

purple_thread.jpg

 

Vous savez, celui qui est tout coincé dans la bobine, que vous ne parvenez pas à extirper.

 

Et tant qu'il n'est pas décoincé, impossible d'avancer. Impossible de se mettre à l'ouvrage. On tourne on vire. On ne sait plus quoi faire. Et selon la loi de Murphy, plus on tire, plus ça coince. Moins on avance et plus on se fait du mauvais sang.

 

J'en étais là, à me demander si j'allais :

- Appeler ma mère en reniflant ? Peut-être moyennement efficace.

- Planter là la bobine et qu'elle aille se faire dérouler ailleurs ? Trop éduquée pour faire une chose pareille.

- Continuer à me ronger les ongles en attendant que ça passe ? Impossible, c'est bientôt le concours des Miss Guadeloupe et j'ai cette année toutes mes chances.

 

Bon, alors j'ai fait comme dab. J'ai imprimé un calendrier. J'ai marqué en rouge les trucs sur lesquels absolument ne pas merdoyer. J'ai fait des petits rétroplannings sympas. Et j'ai commencé à solliciter les zuns et les zots pour essayer d'assembler les pièces du puzzle. 

 

Y'a plus qu'à espérer que la tension ne soit pas trop forte et que le fil ne me pète pas entre es doigts !

 

 

* Photo leadermercerie.com

5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:08

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Un jeune type comme il faut face à moi, tient un magazine ouvert. Sur le magazine, le torse noir tatoué d'un très bel homme.

 

Mon voisin de gauche n'est pas noir, mais il a des dread locks. Il est en train d'écrire un texto, et demande au gars d'en face un tuyau en orthographe.

 

"Je serai rejoint, il y a un s ou un t à la fin ?".

 

L'homme chic en face hésite. Je conclue en disant "Oui un t, c'est sûr".

 

Ce n'est pas un rêve, ça c'est juste passé il y a quelques temps dans le train de banlieue.

5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 01:17

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Vous savez surement que le réchauffement climatique met en danger les populations d'ours polaires. La banquise fond plus qu'il ne faudrait, les ours dérivent, leurs glaçons se désagrègent...

 

Celui-là a d'ailleurs déjà roussi. Son pelage blanc vire au jaune. Trop chaud.

 

Une photo en rase-motte de Yann-Arthus au-dessus du Groënland ?

 

Non, une photo de Swan, la sauce à la crème de son escalope (d'ours).

23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 14:29

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Les promeneurs sous-marins sont familiers de ces bouquets jaunes vaguement phalliques qui agrémentent la partie de pêche du dimanche. Il s'agit là d'un troupeau de Spontex, et pas de Coraux tubullaires comme certains ont pu le penser. N'insistez pas, je ne cafterai pas, certaines réputations sont à conserver.

 

J'ai donc fait mon intelligente, et ai trouvé assez facilement le nom de ces organismes spongieux.

 

Aplysina fistularis.

 

Ce nom est vraiment hideux.

 

Je vais donc le réserver en secret à mes meilleurs ennemis, si d'aventure je pense à eux. Les imaginer sous cette forme jaune, boudinée, oscillant au gré du courant, me mettra de bonne humeur en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

 

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Les mêmes, transformés en statue de sel. Cliché Fanch Boulland, philosophe caboutin.